Dossier TDAH

« Maman, je veux des pilules moi aussi »

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Selon Statistique Canada, le TDAH affecte environ 5 % de la population d'âge scolaire.

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(Sherbrooke) Le TDAH est de plus en plus connu de la population et de moins en moins tabou dans le milieu scolaire. Pour certains adolescents, comme Olivier, la médication prescrite pour les TDAH semble une solution facile pour augmenter leurs résultats scolaires. D'autres, comme Jean-Nicolas, donneraient tout pour cesser de prendre cette médication. Deux familles et un expert parlent de leur expérience.

Le passage du primaire au secondaire n'a pas été facile pour Olivier (nom fictif). « On dirait qu'au primaire, je voyais les cours comme des jeux, parce que c'est comme ça que les profs nous le présentaient. Mais au secondaire, je le voyais bien que l'école, ce n'était pas un jeu. »

Les résultats académiques de la première étape de son secondaire confirment que la transition est douloureuse. Français, 55 %. Histoire, 50 %. Géographie, 40 %. Olivier est confronté à l'échec, lui qui avait toujours eu au primaire des notes qui tournaient autour de la moyenne de sa classe.

Après avoir vu son premier bulletin, Olivier fait une demande à ses parents. « Il m'a demandé s'il pouvait prendre des pilules lui aussi, comme ses amis, pour avoir de meilleures notes », raconte sa mère, Catherine.

« Je me suis dit qu'avec du Concerta ou du Ritalin, ça augmenterait ma concentration et j'aurais de meilleurs résultats », explique Olivier.

« Même au primaire, j'y avais pensé. Mais je n'avais pas osé en parler à mes parents », ajoute-t-il du même souffle.

Trois amis d'Olivier prennent une médication pour augmenter leur concentration et Olivier est capable de dire si ces derniers ont pris leur pilule le matin ou non. « Quand ils oublient de la prendre, je vois la différence. Ils parlent beaucoup plus en classe et travaillent moins bien. Pendant les examens, par exemple, c'est certain qu'ils les prennent », lance en riant l'adolescent.

Il n'y a pas de tabou entourant la médication dans le groupe d'amis d'Olivier. « Peut-être que les bollés se cachent entre eux qu'ils prennent des pilules, mais nous on le dit », note-t-il.

Même si de prime à bord, les parents d'Olivier sont plutôt contre la médication, Catherine prend un rendez-vous avec le pédiatre d'Olivier pour avoir un avis médical. « On a décidé d'aller lui expliquer la situation. Il suivait Olivier depuis plusieurs années et le connaissait bien. On voulait savoir s'il jugeait qu'il était TDAH et si, selon lui, il avait besoin d'être médicamenté. »

«Il a expliqué à Olivier qu'il devait écouter en classe même quand le sujet l'ennuyait.»


Le problème d'Olivier est qu'il part souvent « dans la lune ». Surtout pendant les cours où la matière ne l'intéresse pas.

Le pédiatre a fait remplir des formulaires à Olivier, ses parents et son professeur titulaire. « Après l'analyse des réponses, Dr Soucy en est venu à la conclusion qu'Olivier n'avait pas besoin de médication. Le problème était un problème d'intérêt. Il a expliqué à Olivier qu'il devait écouter en classe même quand le sujet l'ennuyait. Qu'il pourrait découvrir des choses qu'il ne pensait pas aimer, mais que finalement elles étaient intéressantes ou utiles », explique Catherine, qui est consciente que la médication est parfois la meilleure solution pour certaines personnes.

La conclusion soulage les parents. Et déçoit Olivier. « Dans ma tête, j'allais prendre la pilule et mes notes monteraient automatiquement », lance Olivier. 

« Ce que lui disait le médecin, dans le fond, c'est qu'il fallait qu'il travaille plus fort. Que ce ne serait pas aussi facile que prendre une pilule le matin. C'est pour ça qu'il était déçu », enchaine sa mère.

Aujourd'hui, Olivier est en secondaire 4. Il n'a jamais échoué de matière finalement. Il se donne des objectifs selon la matière, en tenant compte de ses intérêts et capacités. Par exemple, l'objectif en histoire et géographie est de 60 %. En mathématiques et en anglais, il a de très bons résultats. En français, il travaille fort. L'année dernière, il a eu l'aide d'une tutrice à raison d'une heure par semaine pour améliorer sa grammaire.

Encore aujourd'hui, Olivier regrette de ne pas avoir pu prendre de pilules. « J'ai pas coulé, mes notes sont correctes, mais j'aurais peut-être fait mieux avec les pilules. Par contre, si j'en avais pris, j'aurais peut-être tout appris par coeur et moins développé ma logique », conclut l'ado de 15 ans.

« Il apprend à se gérer quand tout ne va pas tout simplement à son goût. Il gère sa colère, ses efforts, son sens du travail », ajoute sa mère.

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