La commotion cérébrale démystifiée à du Phare

Étudiant à la maîtrise en neurosciences à l'Université... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Étudiant à la maîtrise en neurosciences à l'Université Queen's à Kingston, en Ontario, et ancien joueur de ligne défensive de première division dans la NCAA, Allen Champagne s'est entouré d'Alexandre Gagnon, de Charles Brousseau, de Pierre-Alexandre Cordero et de Jean-Raphaël Moisan, des joueurs du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke, pour sensibiliser les joueurs des Patriotes de l'école du Phare aux risques des commotions cérébrales.

Spectre média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Devant les craintes qu'inspirent dorénavant les commotions cérébrales après la poursuite intentée par plus de 4500 joueurs contre la NFL et le film Commotion, qui s'en est inspiré, Allen Champagne fait la tournée des écoles gratuitement pour rassurer parents et enfants et promouvoir le football.

L'ancien joueur de première division en NCAA s'est arrêté à l'école du Phare, samedi, pour prodiguer conseils et techniques à une dizaine de joueurs des Patriotes afin qu'ils puissent devenir de meilleurs joueurs, mais surtout des athlètes soucieux de leur santé.

« Il y a beaucoup de sensibilisation qui est faite et je crois qu'il faut travailler en prévention. Pour prévenir les blessures, il faut enlever la tête du contact. On ne dit pas aux jeunes de ne plus jouer au foot, on leur dit que c'est possible de le faire de façon plus sécuritaire, d'utiliser davantage ses hanches et ses mains, par exemple. On forme aussi une base pour qu'ils sachent reconnaître lorsqu'un coéquipier est blessé afin de le sortir du jeu si c'est nécessaire », indique le natif de Sherbrooke, qui est étudiant à la maîtrise en neurosciences à l'Université Queen's à Kingston, en Ontario.

Avant d'entamer un mémoire

à l'Université Queen's, Allen Champagne a évolué quatre ans avec les Tar Heels de l'Université de la Caroline du Nord. S'il n'a jamais subi lui-même les affres d'une commotion cérébrale, il a constaté maintes fois ses effets chez des coéquipiers, ce qui l'a incité à contacter Kevin M. Guskiewicz, le doyen de la faculté de la Science et du sport de NCU et sommité en la matière afin de se joindre à ses projets de recherche sur les effets des coups à la tête.

« J'ai été chanceux de ne jamais en avoir, mais j'ai eu beaucoup de coéquipiers qui ont dû passer à travers différents processus. Étant un joueur de football, c'est ma passion, c'est ma vie et c'est une opportunité de mettre mes deux passions ensemble. Il y a beaucoup de gens qui veulent réduire la pratique du football à cause des commotions, et de travailler sur ces études, c'est ma façon de faire la promotion de mon sport. C'est mon devoir de m'impliquer et montrer aux gens qu'on peut changer le jeu. »

« Le football, c'est un sport de contact, mais tu peux diminuer le risque. On veut aussi éduquer les parents, pour leur dire que c'est (la commotion) une blessure comme les autres et que si elle est bien traitée, on diminue grandement les risques de séquelles à long terme. Si tu te blesses au genou et que tu ne traites pas correctement, tu auras aussi des problèmes plus tard. La problématique des commotions est seulement plus récente et on la comprend un peu moins, mais je peux aider les joueurs à prolonger leur carrière sans hypothéquer leur futur. »

La clinique s'est donné en compagnie des joueurs du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke Alexandre Gagnon, Charles Brousseau, Jean-Raphaël Moisan et Pierre-Alexandre Cordero et s'est avérée une journée éducative fortement appréciée par les joueurs de du Phare, même si elle se déroulait un samedi.

« Je n'avais jamais vraiment entendu parler des commotions cérébrales et de se le faire expliquer comme ça, de savoir que ça peut survenir très facilement et d'apprendre que ça peut amener des séquelles qui vont te suivre toute ta vie si tu ne prends pas le temps de bien la traiter, c'est marquant », mentionne Cédric Boudreau.

« On a appris autant qu'on a appris aux jeunes. Ça été une très belle journée et d'enseigner le foot en même temps que de promouvoir la sécurité des jeunes, c'est de joindre l'utile à l'agréable », a noté Pierre-Alexandre Cordero.

Aux grandes ligues de montrer l'exemple

S'il préfère ne pas trop s'avancer sur le conflit qui oppose d'anciens joueurs de la LNH et le circuit Bettman, suspecté d'avoir manqué à son devoir de protéger les joueurs et d'avoir plutôt profité financièrement de la violence présente au hockey, Allen Champagne soutient néanmoins qu'il est dorénavant impossible d'ignorer les commotions et ses effets et que tous les grands circuits doivent montrer le chemin pour renforcer la prévention.

L'étudiant donne en exemple les 10 M$ qu'octroie annuellement la NFL à son ancienne université, celle de la Caroline du Nord, pour effectuer de la recherche liée aux dommages collatéraux des commotions cérébrales. Le commissaire de la ligue, Roger Goodell, a également été honoré le 1er avril pour ses efforts dans la mise en place d'un programme qui permetta à des écoles secondaires publiques d'embaucher des préparateurs physiques qualifiés pour les jeunes athlètes.

« La NFL investit beaucoup d'argent dans la prévention des commotions. Oui, le commissaire veut se protéger, mais la ligue montre aussi l'exemple. C'est important de reconnaître leur apport, parce que ce sont les circuits professionnels qui instaurent les standards et les autres suivent. »

À cet égard, Allen Champagne se dit beaucoup plus préoccupé par la santé des jeunes joueurs de football, de hockey, de soccer, de rugby et autres sports qui n'ont pas tous les outils à leur disposition pour comprendre les enjeux liés aux commotions cérébrales. C'est pourquoi il a cofondé le CESAP, un programme d'intervention éducatif visant à sensibiliser les athlètes à propos des commotions liées au sport tout en donnant des outils pour les prévenir.

« Toutes les plus grosses ligues professionnelles donnent de l'éducation sur les commotions à leurs joueurs, mais les jeunes, il n'y a pas beaucoup de gens qui sont prêts à leur offrir gratuitement, parce qu'il n'y a pas d'argent à faire. Le but, c'est de livrer un héritage. Tu leur donnes une boîte à outils et tu leur dis : ''maintenant que tu as ça, tu peux devenir un meilleur joueur et demeurer un athlète en santé'' ».

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