Roger Noël sacré 30e Grand Estrien

L'homme d'affaires et ancien doyen de la faculté... (Spectre Média, Julien Chamberland)

Agrandir

L'homme d'affaires et ancien doyen de la faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke Roger Noël est monté sur la scène du Théâtre Granada, entouré de ses proches, pour recevoir le titre de Grand Estrien.

Spectre Média, Julien Chamberland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) S'il y a un mot pour décrire Roger Noël, c'est celui de rassembleur. Ceux qui connaissent l'homme d'affaires et ancien doyen de la faculté d'administration de l'Université de Sherbrooke disent de lui qu'il possède un sens inné : celui de savoir identifier le talent et de l'amener à son plein potentiel.

Sacré 30e Grand Estrien par la Chambre de commerce de Sherbrooke dans le cadre du Gala reconnaissance Estrie tenu vendredi soir au Théâtre Granada, Roger Noël se décrit lui-même comme « un hybride » dont la carrière s'est bâtie à la fois dans le monde des affaires et dans le milieu universitaire.

« Que ce soit à l'université ou avec les entreprises auxquelles j'ai été associé, je me suis toujours arrangé pour faire ce que j'aime », résume celui qui fut derrière les entreprises estriennes à succès qu'ont été Sisca Informatique, C-Mac, Gexel Télécom, Médiatrix et Biogentis. Depuis sa retraite, Roger Noël a pris la présidence de l'ACET (Accélérateur de création d'entreprises technologiques) dont l'une des missions est de favoriser l'émergence d'une culture entrepreneuriale parmi les jeunes talents de la région.

Sur le plan académique, sa feuille de route est tout aussi éloquente. Reconnu comme une sommité en matière de vérification, ce comptable agréé a enseigné à titre de professeur invité au programme de DESS des HEC et aux programmes de bachotage CA pour l'ensemble des universités francophones du Québec. Cela lui a permis d'enseigner à plus de 20 000 étudiants et à de nombreux experts-comptables.

Pourtant, dit-il, rien ne le prédestinait à une carrière universitaire.

Enseigner comme à sa vieille mère

« C'est l'Université qui est venue me chercher, raconte-t-il. Je travaillais dans un bureau de comptable et j'ai refusé leur offre à deux reprises. J'ai l'impression qu'ils étaient très mal pris puisqu'ils sont revenus à la charge une troisième fois. Sauf que cette fois-là, ils avaient bonifié leur offre de façon très substantielle. Et comme ma femme venait de m'annoncer qu'elle était enceinte, je me suis dit que je ne pouvais pas refuser une telle offre. Surtout quand tu sais que tu vas avoir une famille à nourrir.

« Le problème, c'est que je n'avais aucune pédagogie. J'étais un spécialiste de la vérification, certes, mais je n'étais pas un professeur. J'en ai eu la preuve lorsque j'ai eu fini de donner mon premier cours. C'était le silence complet dans la classe. Pas une seule question. Je me suis dit que j'avais été tellement clair que tout le monde comprenait. Jusqu'à ce qu'une main finisse par se lever. C'était celle de Réal Létourneau (NDLR.: Grand Estrien 2006). Il me dit : ''M. Noël, on comprend que vous parlez français, mais on ne comprend pas les mots que vous utilisez...'' Là j'étais mal pris. Je devais me revirer de bord et vite! J'ai mis mes notes de côté et j'ai dit à mes élèves : ''Écoutez, je vais faire un deal avec vous autres. Je vais vous parler comme si j'expliquais à ma vieille mère ce qu'est la vérification. Et je vous avertis : ma mère n'a qu'une deuxième année de scolarité''. Ç'a été le début de ma carrière. J'avais trouvé ma façon d'enseigner. »

Cette « vieille mère » dont parle Roger Noël ne l'a pas seulement inspiré sur sa façon d'enseigner. Elle lui a aussi enseigné comment vivre sa propre vie. Issu d'une famille de quatre enfants (deux gars, deux filles), ayant grandi dans un milieu ouvrier de Valleyfield, Roger Noël a perdu son père à l'âge de 11 ans. Loin de s'apitoyer sur son sort, sa mère Lucille s'est avérée un modèle de courage et de persévérance pour le jeune homme en devenir.

« Ma mère n'avait pas beaucoup de scolarité, mais elle avait une volonté de fer. Elle avait de la drive, comme on dit. Elle nous a appris que, dans la vie, même si tu n'as rien, si tu as de la volonté, tu peux tout faire. Elle disait : ''Si tu veux être heureux, prends le contrôle de ta vie. Attends pas après les autres! Arrête de parler et agis! '' ».

Cette volonté de fer dont était dotée sa mère lui aura en quelque sorte ouvert les portes du Séminaire de Valleyfield où il a pu suivre son cours classique, malgré des moyens financiers insuffisants.

« Elle est allée cogner à la porte de l'archevêché pour leur demander de payer mon cours classique. Comme elle avait déjà gardé l'archevêque lorsqu'il était petit, elle avait un bon argument. Je pense qu'ils n'ont pas eu le choix : ils ont accepté tout de suite », raconte en riant Roger Noël.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer