Sonia Blanchette était déterminée à mourir en cellule

Sonia Blanchette, photographiée lors de son arrestation en... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Sonia Blanchette, photographiée lors de son arrestation en décembre 2012.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) Le rapport de la coroner Denyse Langelier est formel, Sonia Blanchette était déterminée à mourir en cellule et elle a pris les moyens physiques et judiciaires pour y arriver. Elle est morte de faim au terme d'un jeûne de quatre mois très précisément.

Accusée de la mort de ses trois enfants, Blanchette était en détention préventive à la prison Tanguay en attente de son procès. Considérant que ses chances d'être innocentée étaient inexistantes, elle a avisé ses proches qu'elle avait l'intention de mettre fin à ses jours et que le moyen qu'elle avait choisi pour y arriver était le jeûne.

«Le 26 novembre 2014, elle écrit une lettre dans laquelle elle demande qu'on respecte son droit à mourir et que sa décision de mettre fin à ses jours en cessant de s'alimenter est irrévocable. Elle veut qu'on n'utilise aucune technique médicale pour l'alimenter et prolonger ses jours. Elle refuse l'alimentation, l'hydratation assistée dont les solutés, l'alimentation intraveineuse, le gavage et les suppléments alimentaires. Elle obtient des avis juridiques sur son droit à mourir», explique la coroner.

Les autorités carcérales ont rempli leur mandat en demandant à ce que l'accusée soit vue par des psychiatres afin d'évaluer son état de santé mentale et, du même coup, son aptitude à prendre une telle décision. Elle a fait quatre visites à l'Institut Pinel au cours de ses deux années d'incarcération. Les psychiatres ont déterminé qu'elle était en mesure de décider de son sort.

«Les psychiatres ont posé un diagnostic de trouble d'adaptation avec humeur anxieuse et dépressive avec des traits de personnalité passive agressive et obsessionnelle. Il n'y a pas d'évidence de maladie dépressive majeure ou de trouble psychotique. Après avoir interrogé Mme Blanchette, les psychiatres concluent qu'elle comprend les conséquences de ne pas s'alimenter ainsi que les conséquences de ne pas recevoir tous les traitements appropriés, c'est-à-dire son décès», ajoute Mme Langelier dans son rapport.

Présentant des signes de faiblesse, l'accusée est envoyée une première fois à l'hôpital Sacré-Coeur, le 4 décembre. Comme son état ne justifie pas de soins urgents elle est retournée à la prison Tanguay. Elle sera transportée une deuxième et dernière fois à l'hôpital le 19 décembre afin de recevoir des soins de confort.

«Le médecin traitant de l'hôpital Sacré-Coeur a obtenu copie de l'évaluation faite par le psychiatre de l'Institut Pinel. En accord avec le choix exprimé par Mme Blanchette, un plan est établi par l'hôpital afin de s'assurer que son refus de s'alimenter soit respecté. Des soins de conforts lui sont prodigués jusqu'à son décès, alors qu'elle est entourée de ses proches», raconte la coroner.

Un triple meurtre soigneusement préparé

Rappelons que l'enquête menée par la Sûreté du Québec a révélé que Sonia Blanchette avait minutieusement planifié l'assassinat de ses trois enfants, Laurélie, Loïc et Anaïs, le 2 décembre 2012, dans son appartement de la rue Turcotte à Drummondville.

Au cours des semaines qui ont précédé la journée du drame, elle ne s'est pas prévalue de son droit de visite supervisé qu'elle pouvait exercer une fois aux deux semaines. Insatisfaite de ce que lui avait autorisé la Cour, elle avait décidé que le père des enfants, Patrick Desautels, n'aurait pas non plus le droit de les voir.

Comme le prévoyait le jugement du Tribunal, Sonia Blanchette s'est présentée en compagnie de sa mère Nicole Grenier à la Maison de la famille afin d'y cueillir ses enfants vers 8 h. Une fois à l'appartement, elles font diverses activités. Puis, vers 10 h 15, elle profite de l'ignorance de sa mère du concept de garde supervisée, ainsi que de sa bonté pour se retrouver seule avec ses trois victimes.

Afin de ne pas être dérangée au moment de mettre son plan à exécution, sachant très bien que sa mère avait la clé pour pénétrer dans l'appartement, Sonia Blanchette met la chaînette à la porte d'entrée et place une chaise afin d'encombrer la porte de derrière.

Elle fait ensuite couler un bain. Elle déshabille d'abord Loïc pendant que les filles jouent dans une autre pièce, puis le submerge suffisamment longtemps pour qu'il se noie. Elle l'emmitoufle ensuite dans une serviette et le pose sur son lit.

Elle répète l'exercice avec Laurélie, sa plus vieille. Sans la sortir de la baignoire, elle récidive une dernière fois, avec Anaïs, 2 ans, trop jeune pour comprendre son macabre destin.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer