Une longue peine de prison attend Simon Fortier

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L'ancien enseignant d'éducation physique de Sherbrooke Simon Fortier a reconnu 113 accusations de leurre informatique d'enfants, d'incitation à des contacts sexuels, d'extorsion, de production, distribution et possession de pornographie juvénile.

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Une longue peine de détention dans un pénitencier qui dépasse les six années, mais qui pourrait atteindre 15 ans, attend Simon Fortier coupable de nombreux chefs d'accusation de leurre informatique d'enfants à caractère sexuel. L'ancien enseignant d'éducation physique de Sherbrooke a reconnu 113 accusations de leurre informatique d'enfants, d'incitation à des contacts sexuels, d'extorsion, de production, distribution et possession de pornographie juvénile.

L'avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette estime qu'une peine de six ans doit être imposée à Simon Fortier, alors que la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre milite en faveur d'une peine exemplaire de quinze ans.«C'est une cause d'exception. Un des rares cas au Québec, sinon le seul où l'on a vu autant de victimes dans une cause similaire. C'est sur plus de 100 victimes que je vous demande de rendre sentence (...) Les parents des victimes sont venus dire au tribunal de tenter d'imposer une peine qui va essayer d'empêcher les autres de commettre ce type de délit. Une peine pour empêcher d'autres familles de vivre ce qu'elles ont vécu», a plaidé Me Saint-Pierre en précisant que 64 victimes ont été identifiées et que 44 autres victimes ont été découvertes dans l'ordinateur de Simon Fortier et qui n'ont pas été identifiées.

La poursuite a résumé les stratégies de manipulation utilisées par Fortier allant de l'agence de mannequins, au jeu-vérité-conséquence, à la promesse de billets de spectacle ou de cadeaux, aux connaissances que Fortier avait des écoles des victimes, à la diminution de l'estime des jeunes filles, à la confrontation, à la provocation du type «t'es pas game de le faire» ou à la notion de secret ou d'urgence.

Me Saint-Pierre a mentionné au tribunal que la priorité du ministère public est le même que le reste de la société soit que «Simon Fortier ne recommence jamais et ne fasse plus jamais de victime».

La poursuite rappelle que les notions de manipulation et de séduction étaient constamment utilisées à travers les personnages créés par Simon Fortier pour attirer les victimes dans ses griffes.

Elle ajoute que les crimes de Fortier « ont amené chez les victimes une profonde honte, de la culpabilité et de la gêne».

«Je vous demande par cette peine de prendre la honte que les victimes ressentent sur leurs épaules et qui ne leur appartient pas et de la remettre à Simon Fortier», a demandé au tribunal Me Joanny Saint-Pierre qui a insisté sur les notions de prédation, de voyeurisme et la consultation de pornographie juvénile depuis de nombreuses années relatives à l'accusé.

Loin d'être une peine bonbon

Me Jean-Guillaume Blanchette a plaidé au tribunal que la sentence de six ans qu'il suggère était loin d'être une peine bonbon.

«Le processus de vengeance n'a pas sa place dans la détermination de la peine. Une peine qui sera juste, proportionnelle et individualisée à Simon Fortier doit être imposée. Ce n'est pas un crime qui est sentencié, mais c'est un individu que l'on sentence. Aucune peine ne va enlever le chagrin des victimes», a plaidé l'avocat de la défense Me Jean-Guillaume Blanchette, qui demande au tribunal de retrancher la détention provisoire équivalente à plus de 25 mois de prison.

La défense rappelle que Simon Fortier reconnaît les torts qu'il a causés aux victimes à plusieurs reprises sur un espace temporel de plusieurs mois. Me Blanchette a mentionné que Fortier avait dénoncé certains crimes, s'est investi dans une thérapie à ses frais, a fait des aveux, fait preuve de compassion envers les victimes et a collaboré à l'enquête policière.

«Il faut tenir compte des nombreux plaidoyers de culpabilité qui ont évité un procès et le témoignage des victimes. Il est évident que ça crée des dommages chez les personnes victimes. Étant donné que ce sont des crimes envers les enfants, les objectifs de dissuasion et de dénonciation doivent être tenus en compte», estime Me Blanchette.

Le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec a pris la cause en délibéré et rendra sa décision le 29 juin prochain.

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