Centres jeunesses: les délais trop longs, dit la CSN

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(SHERBROOKE) Les délais de traitement des cas signalés aux Centres jeunesses sont beaucoup plus longs que les exigences ministérielles prescrites.

En Estrie, il faut attendre plus de 57 jours entre le traitement d'un signalement et l'évaluation-orientation, soit le premier contact entre l'intervenant du centre jeunesse et l'enfant ou la famille, dénonce le Syndicat du personnel du centre jeunesse de l'Estrie (SPCJE). Ce délai ne devrait pas dépasser huit jours.

Les délais de traitement sont inacceptables, dit le syndicat affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, qui demandent un réinvestissement immédiat de la part du gouvernement ainsi que la fin des restructurations organisationnelles actuelles.

« Si l'on regarde les moyennes de 2014-2015 recueillies auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux, les délais de traitement ne sont pas conformes aux exigences ministérielles dans aucune région du Québec», dénonce Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie.

« Si les cas les plus urgents sont traités adéquatement, il est triste de constater que les cas moins prioritaires, comme certaines situations de négligence, de troubles de comportement, d'abus et de mauvais traitements psychologiques, sont souvent mis en attente au profit des cas prioritaires », explique Steve Lemieux, président du SPCJE-CSN.

Les codes 3 (priorité moindre) s'aggravent et deviennent souvent des codes 2 ou des codes 1 (haute priorité), faute d'avoir reçu des services adéquats, ajoute-t-il.

 Les centres jeunesse ont subi des compressions de 50 millions $ entre 2010 et 2014, assure le syndicat. Les besoins sont criants et que les employés, à bout de souffle.

 

Fugue

«Dans le rapport du vérificateur Lebon, déposé le 10 mars dernier à la suite des fugues reliées à l'exploitation sexuelle, on souligne que cette refonte a créé de la turbulence et de la désorganisation des services sur le terrain. Les chiffres de 2015-2016 sont donc attendus avec beaucoup d'intérêt et d'inquiétude», souligne-t-on dans un communiqué de presse.

« Au cours des derniers mois, l'attention médiatique s'est portée sur les cas de fugue, notamment au Centre jeunesse de Laval. Toutefois, il faudrait regarder tout ce qui cloche bien avant la fugue et il serait hypocrite de ne s'attarder qu'à ces cas », souligne le président du SPCJE-CSN.

« C'est l'entrée dans le réseau qui est problématique. Et comme le mentionne le rapport Lebon, il est futile de penser réduire les fugues ou mieux accompagner les jeunes filles en cause, s'il y a, en même temps, fuite du financement et des compétences.

«En Estrie, malgré le nombre plus élevé de  signalements, il n'y a pas eu d'augmentation de personnel, et en plus, le budget dédié aux travailleuses et travailleurs surnuméraires qui étaient affectés au surcroit de travail a été coupé lors de la fusion du CIUSSS », conclut Steve Lemieux, président du SPCJE-CSN.

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