Un peu d'aide pour les résidences pour aînés

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Pour épauler ses membres, Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés a lancé, mardi, son Programme assistance bâtiment; un service gratuit de soutien destiné aux propriétaires qui procèderont à l'instauration d'un système de gicleurs.

Spectre Média, Maxime Picard

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Ismael Toulouse
La Tribune

(SHERBROOKE) Le 2 décembre 2015, le gouvernement du Québec émettait une nouvelle loi pour l'installation obligatoire de systèmes de gicleurs dans les résidences privées pour aînés, le tout dans un délai de cinq ans.

Pour épauler leurs membres, le Regroupement québécois des résidences pour aînés a lancé mardi son Programme assistance bâtiment; un service gratuit de soutien destiné aux propriétaires qui procèderont à l'instauration d'un système de gicleurs.

« On a mis en place un programme pour soutenir nos gestionnaires dans la réalisation de cet énorme défi. Notre rôle, c'est d'épauler notre propriétaire dans toute la recherche des permis municipaux, dans l'exécution des travaux, dans l'approbation des plans, etc. On veut le soutenir tout le long de l'opération, jusqu'à ce que les travaux soient terminés et qu'il ait reçu sa subvention », explique Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois de résidences pour aînés.

En effet, pour soutenir les propriétaires des résidences, le Ministère de la Santé et des Services sociaux a mis en place un programme de subvention. Des 45 résidences pour aînés de Sherbrooke, 15 n'ont aucun système de gicleurs ou un système partiel qui pourrait ne pas répondre aux nouvelles exigences.

« L'aide financière qui est proposée par le gouvernement est modulée selon la taille des résidences. Les plus petites vont recevoir un montant plus important, on parle d'environ 60 % et dans les résidences qui sont de plus grandes dimensions, c'est près 20 % des montants des travaux qui vont être remboursés. »

À titre d'exemple, une résidence de 50 unités pourrait recevoir jusqu'à 91 000 $ alors qu'une résidence de 200 unités, une somme de 157 000 $. Une loi similaire a été adoptée en Ontario avec un délai de huit ans au lieu de cinq, mais aucune subvention n'était accordée. Le coût de mise en place d'un système de gicleurs est estimé à environ 3300 $ par unité incluant l'installation dans les aires communes. Pour certains propriétaires, cette subvention prévient une fermeture obligée due à un fardeau financier trop important.

« Si je devais payer le prix complet de l'installation, je ne suis pas certain que je serais capable. Je devrais prendre une décision importante entre le fait de fermer ou de continuer. Le fait qu'il y ait une subvention, ça me permet de dire que je continue », raconte Alain Parenteau, propriétaire d'une résidence à Sawyerville.

Un défi important

Son établissement, situé en face d'une caserne d'incendie, compte 25 unités. Même si chaque année le chef de la caserne lui signifiait qu'il ne devait pas nécessairement se doter d'un système de gicleurs, M. Parenteau a pris les devants.

« On a déjà demandé des soumissions et avec l'aide du RQRA, ça nous permet d'éviter des hausses exorbitantes de prix parce que des entrepreneurs pourraient être tentés d'augmenter leur prix à la suite de la nouvelle réglementation. »

Selon les premières soumissions, il lui en coûterait entre 80 000 et 100 000 $ pour procéder aux travaux. Il peut obtenir jusqu'à 74 500 $ en subventions.

« C'est un défi important, beaucoup sont en réflexion. Ils doivent maintenir un équilibre budgétaire. Les revenus proviennent des loyers et les loyers sont assumés par les aînés alors on sait que pour certaines résidences ça ne sera vraiment pas facile. Ils ne peuvent pas augmenter les loyers parce qu'ils sont encadrés par la Régie du logement et il y a la capacité de payer des aînés. S'ils ne sont plus capables de payer le loyer, ils seront forcés de quitter la résidence. Le danger, c'est que ça mène à la fermeture de la résidence. Nous on dit, avant de paniquer, laissez-nous voir avec la grandeur du projet, quand vous aurez l'information, là vous serez en mesure de prendre une décision », conclut M. Desjardins.

Toujours trop tard

Bien qu'il se réjouisse de la nouvelle loi obligeant l'installation de gicleurs dans les résidences pour aînés, Yves Desjardins ne cache pas son amertume concernant son adoption tardive.

« Avant L'Isle-Verte, on demandait au gouvernement de mettre ça obligatoire. Ça a pris le 11 septembre pour qu'on se décide à barrer les cabines des pilotes. C'est toujours comme ça, ça prend un élément déclencheur et après on corrige. C'est déplorable. L'année d'avant, il y a eu l'incendie à la Villa Ste-Rose, heureusement il n'y avait pas eu de morts. On disait, on a été chanceux, n'attendez pas que ça se reproduise, alors on mettait de la pression. Cet incendie a eu des répercussions en dehors de notre pays. En Alberta ils ont corrigé la législation, en Ontario aussi. »

Trente-deux personnes avaient péri dans l'incendie tragique de L'Isle-Verte, survenu le 23 janvier 2014.

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