50 ans de travail avec les alcooliques

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Yanick Poisson
La Tribune

(VICTORIAVILLE) Il y a de ses hommes qui ont consacré leur existence aux autres et Fernand Noël en fait partie. L'ancien religieux, qui a « défroqué » afin de devenir courtier immobilier, mettra fin à une carrière professionnelle de près de 40 ans, en avril, afin de retourner à ses anciennes amours et d'oeuvrer au sein de la Maison de thérapie de Victoriaville.

Ça fait 50 ans cette année que M. Noël a commencé à travailler auprès de gens ayant une problématique avec l'alcool. Il venait tout juste d'être ordonné prêtre, en 1966, lorsqu'on l'a amené à une réunion des alcooliques anonymes.

« J'ai tout de suite adoré ça, se souvient-il. J'admire la volonté de ces hommes et ces femmes qui ouvrent leurs coeurs afin de témoigner publiquement de ce qu'ils vivent. Ce sont des gagnants qui se présentent devant le groupe et qui partagent une tranche de leur vie », explique-t-il.

L'agent d'immeuble, qui n'a jamais eu de problème d'alcool, a fait de ces séances un rendez-vous hebdomadaire pendant plusieurs années. Il lui est également arrivé d'accueillir des alcooliques voulant en finir avec la bouteille à la maison. Il a eu jusqu'à neuf pensionnaires à un certain moment.

« Sept des neuf gars que j'hébergeais sortaient de prison et ce que j'offrais, ce n'était pas de la thérapie. J'essayais de les empêcher de boire et je leur demandais d'aller à leurs séances de thérapie. On en a récupéré quelques-uns », lance-t-il fièrement, même s'il admet avoir eu la frousse à quelques occasions.

50 000 $ pour 50 ans

Afin de fêter ses 50 ans de travail avec les alcooliques, Fernand Noël espère amasser 50 000 $ qu'il remettra à la Maison de thérapie de Victoriaville, un organisme fondé en 2012 et qui en arrache financièrement malgré son caractère essentiel. Il faut dire que nombre des centaines de personnes à avoir trouvé de l'aide sur la rue Laurier Ouest à Victoriaville au cours des dernières années n'avaient que de faibles revenus.

« Ce n'est pas très sexy de donner de l'argent pour financer une maison de thérapie. Les gens aiment mieux donner à des organismes comme la Maison Marie-Pagé qui fait de l'excellent travail, cela dit. Plusieurs croient que les alcooliques n'ont qu'à se prendre en main, mais c'est plus compliqué que ça », statue-t-il.

La Maison de thérapie de Victoriaville compte actuellement 27 pensionnaires sur un potentiel de 34. Environ la moitié des utilisateurs se sont inscrits volontairement avec le désir sincère de se prendre en main. L'autre moitié s'est adressée à l'organisme à la suite de problèmes avec la justice. Dans les deux cas, on s'assure du sérieux des participants avant de les admettre.

« Certaines personnes viennent ici afin de faire moins de temps en prison, mais ils se rendent vite compte que c'est pas mal plus difficile de suivre une thérapie que de faire son temps. Ici, c'est pire que la prison. Pendant un mois, les patients sont coupés totalement du monde », explique Diane Bilodeau, responsable de la logistique et du financement à la Maison.

Dix personnes, dont quatre intervenants spécialisés travaillent avec ardeur au sein de l'organisme. 55 % des usagers complètent leur thérapie de six mois. Le taux de récidive de ces personnes est relativement bas. Outre l'alcool, on y traite les dépendances en lien avec la drogue et le jeu compulsif.

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