Des poules qui font bon voisinage

Passionnée de permaculture, Pascale Boutet élève des poules... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Passionnée de permaculture, Pascale Boutet élève des poules pondeuses depuis plus de trois ans avec l'aval du voisinage en plein quartier résidentiel de Sherbrooke.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Depuis plus de trois ans, Pascale Boutet et Michel Phaneuf ramassent leurs oeufs dans le poulailler qu'ils ont aménagé à côté de leur maison, située en plein quartier résidentiel de Sherbrooke. Tout ceci en parfaite infraction avec le règlement municipal.

Loin d'élever les sept volailles en cachette, les deux résidants de la rue d'Orléans se passionnent pour la permaculture et sont simplement motivés par le désir de s'alimenter de produits frais et de manière écoresponsable.

« On n'a pas du tout l'impression d'être des pionniers, nuance M. Phaneuf. Nous sommes loin d'être les premiers à avoir des poules à Sherbrooke. »

Après avoir eu un poulailler mobile, le couple a aménagé une partie de sa remise où il a installé des pondoirs et des perchoirs en plus de créer un espace extérieur avec de la cage à poules. À raison de 140 $ pour la confection du poulailler (avec beaucoup de matériel récupéré) et de 30 $ par mois pour la nourriture, leur élevage leur permet d'obtenir près de 50 oeufs par semaine durant l'été et environ une vingtaine par temps froids, l'hiver.

Jamais une plainte n'a été formulée contre eux.

« L'important, c'est la communication, comme dans n'importe quel projet un peu hors norme, souligne Mme Boutet. Il faut aller au-devant des voisins, les informer de ce qu'on veut faire et leur assurer que s'il y a un quelconque problème ou une nuisance, on va apporter des corrections. On s'assure toujours de questionner les voisins pour être certain que tout est correct, parce que certains pourraient être réticents à le faire pour éviter des conflits. Je mets l'accent sur leur bien-être et celui de mes poules. »

Loin de déranger les voisins, ces derniers y trouvent même plutôt leur compte.

« Il n'y a pas d'odeur, ça ne fait pas de bruit du tout et ils nous apportent même des oeufs parfois, mentionne Julie, une voisine. C'est un bon projet qui ne dérange personne et les enfants aiment bien aller voir les poules. »

« On n'achète pas le silence de nos voisins avec des oeufs! prévient toutefois Pascale Boutet en riant.

« On croit vraiment au partage, on trouve ça normal de le faire et c'est une façon de promouvoir de belles valeurs », ajoute celle qui caresse l'idée de créer un jardin et un poulailler communautaires éventuellement.

«Pas pour n'importe qui»

Même s'il n'est pas plus difficile de prendre soin d'une poule que de s'occuper d'un chat ou d'un chien, aux dires de Pascal Boutet, ce n'est pas nécessairement indiqué pour tout le monde.

« C'est important de bien se renseigner, parce que tu ne peux pas laisser passer une journée sans aller voir les poules. Il faut s'assurer qu'elles sont dans un bon environnement, qu'il y ait de l'eau, de la nourriture et que le poulailler soit propre. Ça implique de changer le paillis une fois par semaine, comme on changerait une litière. Il faut que la personne sache dans quoi elle s'embarque, ce n'est pas pour n'importe qui. »

« Il faut aussi être en mesure d'en disposer lorsqu'elles sont en fin de vie, qu'elles sont malades ou qu'elles ne produisent plus. Tu ne peux pas simplement abandonner tes poules en ville ou les apporter à la SPA», note Michel Phaneuf.

« Pas avant un an »

Même si le dossier des poules urbaines prend de l'ampleur à Sherbrooke et qu'il est pris au sérieux par les conseillers municipaux, il ne fera pas l'objet d'un ajout de dernière minute lors des consultations publiques sur la refonte réglementaire prévues en mai et juin, indique Nicole Bergeron.

« On s'attend à ce qu'un mémoire soit déposé et que des citoyens viennent nous en parler, et on va être très ouvert, mais ça ne devrait pas se faire avant un an », mentionne la présidente du comité consultatif d'urbanisme et du comité consultatif agricole à la Ville de Sherbrooke.

En réunion mercredi dernier, le comité consultatif agricole a jugé qu'il valait mieux prendre son temps pour bien adapter la réglementation et profiter du fait que Drummondville autorise dorénavant les poules urbaines pour observer les différentes problématiques qui pourraient s'y dessiner.

« On est ouvert aux poules urbaines, parce qu'on voit que c'est une tendance, mais il faut que ce soit bien fait et adapté à nos besoins. On a 70 % du territoire de Sherbrooke qui est rural et ça pourrait s'inclure dans l'agriculture urbaine. Il y a les poules, mais la réglementation pourrait aussi inclure des abeilles, par exemple. Il faut réfléchir de façon plus large, de manière à bien gérer et encadrer la pratique par la suite. »

Questionnée à savoir ce qu'il adviendrait des exploitants de poulaillers urbains sur le territoire de la municipalité d'ici une éventuelle réglementation, la conseillère du district de Brompton a réitéré qu'il était illégal d'élever de la volaille et que ceux-ci s'exposaient toujours à des amendes, tout en spécifiant que « ce n'est pas la priorité des inspecteurs de la Ville de courir après les gens qui le font s'il n'y pas de plaintes ».

« Qu'est-ce qui se passe avec les délinquants ou ceux qui ne sont pas responsables? Parce que c'est lorsqu'il y a des problématiques qu'on doit pouvoir compter sur un règlement solide. Il faut également que les animaux soient bien traités et qu'il n'y ait pas de nuisances. Des municipalités ont déjà voulu aller trop vite dans certains dossiers liés à des animaux et ont dû se rétracter par la suite. On ne veut pas que ce soit notre cas. »

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