La réforme de la gouvernance fait une entorse à la démocratie

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Jean-Philippe Bachand, président de la Commission scolaire des Sommets

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Les élus scolaires des quatre commissions scolaires de la région estrienne ont plaidé en faveur de la démocratie scolaire, cette semaine, lors d'une consultation en commission parlementaire pour le projet de loi 86, qui vise à réformer la gouvernance scolaire.

«Nous nous sentons interpellés par le projet de loi 86 qui propose de changer considérablement les règles du jeu», a fait valoir le président de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), Gilles Normand, en faisant ressortir que le taux de décrochage est maintenant sous la barre des 20 % en Estrie.

La vice-présidente de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), Patricia Sévigny, a fait ressortir certains points positifs du projet de loi, comme une baisse de la reddition de comptes, ce que les commissions scolaires réclamaient.

«En quoi remplacer les élus au suffrage universel améliorerait la réussite des élèves?» s'est interrogée ouvertement Mme Sévigny.

«On se questionne sur ce qui nous semble être une entorse au principe de la démocratie, en abolissant le statut des commissaires scolaires élus tout en prélevant une taxe scolaire (...) Les commissions scolaires ne se reconnaissent pas dans le projet de loi annoncé, pour différentes raisons.»

De son côté, le président de la Commission scolaire des Sommets (CSS), Jean-Philippe Bachand, a observé que «les débats de structures» n'aident en rien la réussite des élèves, en citant entre autres le professeur Égide Royer.

En rappelant le faible taux de participation aux dernières élections scolaires, qui tournait autour de 5 %, Jean-Philippe Bachand a de nouveau plaidé pour la tenue d'élections scolaires et municipales simultanées afin de favoriser la participation des électeurs. Il s'agit d'une demande exprimée depuis plusieurs années par la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

Le projet de loi 86 a été déposé en décembre dernier par l'ex-ministre de l'Éducation François Blais. Lors du dépôt, les présidents des commissions scolaires estriennes avaient déploré que le projet de loi propose un «brassage des structures», mais absolument rien pour la réussite des élèves.

Il remplace notamment les conseils des commissaires par des conseils scolaires. La nouvelle instance réunira des parents d'élèves, des membres du personnel et de la communauté. Il abroge la Loi sur les élections scolaires, mais conserve tout de même la possibilité de tenir des élections afin d'élire certains membres provenant de la communauté.

«Chez nous, la majorité des commissaires scolaires sont aussi des parents», a noté M. Bachand en commission parlementaire.

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) Sébastien Proulx a notamment demandé aux représentants estriens comment, sans passer par une législation, des éléments du modèle estrien qui fonctionnent bien, pourraient être implantés ailleurs. Le président de la Commission scolaire Eastern Townships (CSET), Michael

Murray, a souligné qu'il fallait éviter de faire du «mur-à-mur», car les commissions scolaires ont chacune leurs particularités.

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