Les animaux de retour au bercail après un incendie

Keana est de retour à la maison après... (Spectre Média, René Marquis)

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Keana est de retour à la maison après l'incendie qui a touché le Centre de nutrition animale de Jennifer Young.

Spectre Média, René Marquis

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Ismael Toulouse
La Tribune

(SHERBROOKE) Au Centre de nutrition animale, des cages de lapin bloquent une porte de bois. Ce qui se cache derrière est désolant. Les murs noircis, le plafond arraché et les amoncellements de cendres au sol racontent une histoire macabre.

« Ça c'était la maison des chats que mon père m'avait construite », raconte la propriétaire Jennifer Young en pointant une immense cage où les jouets jadis colorés sont maintenant couverts de suie.

À l'origine du chaos de 15 000 $ survenu le 8 mars : un simple ventilateur.

« C'est mon fils et sa conjointe, qui demeurent en haut de la boutique, qui ont alerté les pompiers. Ils étaient une cinquantaine sur les lieux, je n'avais jamais vu ça. Ils ont sorti tous mes animaux un à un, mais malheureusement j'ai perdu deux chats et il y en a une qui est toujours portée disparue », raconte Mme Young, qui doit faire quelques pauses pour combattre les émotions qui refont surface.

Entre en scène l'Hôpital Vétérinaire de Sherbrooke et son équipe, dont Lola, technicienne en soins vétérinaires.

« Lola était sur le pas de ma porte à la première heure pour ramasser les animaux. Elle avait su pour le feu par l'entremise de Facebook. »

« On a nettoyé le nez des animaux, on leur a donné des bains parce qu'ils étaient pleins de suie, tous les chats étaient noirs. Un chaton de 7 mois était dans un état critique, il a été 24 heures sous oxygène et sur antibiotiques par la suite, mais il a survécu. Au total, on a soigné trente animaux », explique Lola Darrien.

Mme Young ne tarit pas d'éloges à l'égard de l'équipe.

« Eux, entame-t-elle en portant sa main sur son coeur, je n'ai pas de mots. Je ne sais pas comment les remercier, pas juste pour ça, pour chaque jour. Ils m'aident à traiter les maladies de mes animaux, ils me donnent des encouragements. Si je ne les avais pas, je ne serais pas capable de sauver tous ces animaux. »

« Les assurances ne payaient pas pour les soins des animaux donc on s'est rassemblés tous ensemble pour donner des heures. C'est une personne exceptionnelle, elle ferait n'importe quoi pour sauver des animaux. Si quelqu'un abandonne un animal pour n'importe quelle raison, elle est prête à le prendre. Elle a sauvé plus de 1000 animaux jusqu'à maintenant », mentionne Lola Darrien.

Aujourd'hui, tous les animaux sont de retour au refuge, sauf un chat qui a été adopté par un membre du personnel de l'Hopital Vétérinaire. En rétrospective, Jennifer Young s'estime chanceuse dans sa malchance pour reprendre l'expression populaire.

« J'avais deux chiots qui étaient dans la cage à côté de celle du chat qui a brûlé. Leur cage avait commencé à fondre, la moitié de leur lit était brûlé. Je ne comprends toujours pas comment ils ont fait pour survivre. Je fais tout pour sauver mes animaux alors c'est dur pour moi de les perdre, ça me brise le coeur. »

Depuis le tragique incident, l'Hopital Vétérinaire de Sherbrooke récolte des dons pour aider Mme Young à éponger les pertes financières. L'établissement organise également un griffe-o-thon et un photo-thon le 10 avril prochain, de 13 h à 16 h, où les propriétaires d'animaux pourront faire couper les griffes de leurs compagnons ou les faire prendre en photo pour la somme de 10 $ par service. Cette entraide financière ne date pas d'hier. Par le passé, l'équipe de l'Hôpital avait remporté le premier prix et un montant de 5000 $ lors d'un concours de flash mob. L'argent avait été remis en totalité au refuge.

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