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Moins de rejets polluants et plus d'économie en production laitière

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Des chercheurs du Centre de recherche et de développement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke ont découvert une façon de faire économiser annuellement 4000 $ aux fermes laitières, tout en réduisant le taux d'excrétion azotée des animaux.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

Des chercheurs du Centre de recherche et de développement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke ont découvert une façon de faire économiser annuellement 4000 $ aux fermes laitières, tout en réduisant le taux d'excrétion azotée des animaux.

En production laitière, avantages économiques et environnement peuvent aller de pair. Les chercheurs Hélène Lapierre et Daniel Ouellet du Centre de recherche situé à Lennoxville l'ont prouvé : en deux décennies, ils ont développé des connaissances uniques sur l'utilisation de l'azote par la vache laitière. Leurs découvertes permettent de réduire la teneur en protéine des rations alimentaires sans pour autant affecter la production de lait et de protéines laitières. Elles diminuent également les rejets de polluants dans l'environnement.

L'azote est important dans l'alimentation de la vache, car il est l'élément de base des acides aminés, qui sont eux-mêmes les blocs constituant les protéines.

«Les acides aminés sont comme les lettres et les protéines comme de très longs mots. Pour écrire un mot sans faute, on doit avoir toutes les lettres nécessaires. Équilibrer les rations pour les acides aminés, c'est un peu comme jouer au scrabble en demandant les lettres que l'on veut plutôt que de piger au hasard. On aura besoin de moins de lettres pour écrire un certain nombre de mots si on les choisit. De même, la vache peut fabriquer les mêmes protéines laitières avec moins d'acides aminés si la ration est bien équilibrée», explique Mme Lapierre.

Autant les fermiers que les entreprises telles que Purina ou Shur-Gain pourront bénéficier des nouvelles connaissances pour améliorer les modèles de formulation des rations alimentaires.

Puisque la fraction protéique de l'alimentation est la plus dispendieuse, l'entreprise laitière en ressort gagnante. Une ferme moyenne peut augmenter ses revenus d'environ 0,15 $ par vache par jour, soit près de 4000 $ par année, en économisant sur les coûts d'alimentation de ses vaches.

«Au Canada, on parle d'économie allant jusqu'à 80 M$ par année», précise M. Ouellet.

Diminution de la quantité d'azote éliminé

La diminution des protéines brutes dans les rations entraîne aussi une réduction appréciable de la quantité d'azote que la vache élimine dans son fumier et surtout dans son urine. En ajustant les rations, on obtient rapidement une diminution de 15 % des déjections azotées. Comme l'azote contribue à la pollution des nappes phréatiques, à la production de protoxyde d'azote, un puissant gaz à effet de serre, et à la formation de fines particules atmosphériques, cette nouvelle approche offre une façon de diminuer ce polluant dans l'environnement.

Réduire le taux de protéines dans les rations laitières, en passant d'une moyenne de 18,1 % à un taux réaliste de 16,5 %, permettrait au Canada de diminuer l'excrétion azotée de 17000 tonnes par année et de réaliser des économies annuelles de 77,5 millions de dollars.

Rayonnement international

Le tandem formé par Mme Lapierre et M. Ouellet est un des rares au monde à travailler sur l'alimentation de la vache dans une approche métabolique.

«Il doit y avoir environ 5 équipes dans le monde à travailler dans le même domaine que nous», confirme M. Ouellet.

Les deux chercheurs expriment aujourd'hui leur satisfaction de publier des résultats, après plus de 20 projets en 20 ans de travail.

«Chaque projet était comme une pièce de casse-tête qui nous permettaient d'en comprendre un peu plus», explique M. Ouellet.

«Mais il faut être un peu fou pour faire cette recherche, admet Mme Lapierre en rigolant. C'est pas le genre de recherche où tu obtiens des résultats rapidement, mais aujourd'hui c'est la concrétisation de notre travail de savoir que nos connaissances seront publiées dans les guides servant à la formulation des rations.»

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