Plan de redressement de cinq ans au Cégep

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La direction du Cégep de Sherbrooke a adopté un plan de redressement, comme l'exigeait Québec.

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(SHERBROOKE) Afin de répondre à la demande de Québec, le Cégep de Sherbrooke a adopté un plan de redressement de cinq ans visant à récupérer minimalement un million $. Différentes mesures sont mises en place pour y parvenir.

Parmi elles, une portion du budget qui était versée pour appuyer des enseignants qui font de la recherche ne sera plus utilisée à cette fin.

Les sommes permettaient notamment de dégager un peu de temps pour des enseignants qui sont actifs dans le milieu de la recherche. Quels pourraient être les impacts? Aux yeux de la directrice générale du Cégep de Sherbrooke Marie-France Bélanger, il pourrait être plus difficile de soutenir les professeurs-chercheurs en émergence.

Une partie de la somme sera récupérée auprès des étudiants.

Comme on le rapportait récemment dans nos pages, la facture des étudiants grimpera d'environ 30 $ à compter de la prochaine session, afin de permettre à l'établissement d'aller chercher environ 350 000 $.

«On abolit un autre poste de direction», énumère également Mme Bélanger.

À la retraite du directeur des services financiers, ce poste sera supprimé.

Interrogée sur d'autres coupes d'emplois, Mme Bélanger note qu'il n'y aura plus de suppression massive. Au cours des dernières années, environ 37 postes ont été supprimés. En outre, des employés ont la sécurité d'emploi, souligne-t-elle.

Le Cégep doit ainsi résorber «un déficit structurel» et la dette qui pourrait se cumuler au cours des prochains mois.

L'institution a adopté un budget déficitaire en septembre dernier d'environ 971000 $ pour l'année financière. Selon la dernière révision budgétaire, le déficit de l'année 2015-2016 pourrait davantage tourner autour de 650000 $.

«Une des raisons pour lesquelles on est rendu là, quand on avait des coupes non récurrentes, on a diminué le solde de fonds. Il reste qu'entre mai 2015 et mai 2016, sur une période de 12 mois, on a eu trois coupes (récurrentes) qui représentent deux millions $ au total.»

Le plan de redressement a été adopté mercredi par le conseil d'administration.

«Il y a le budget provincial et fédéral qui contiennent des mesures qui peuvent nous aider», estime Mme Bélanger. Il est toutefois trop tôt pour savoir exactement quel impact cela aura.

Rappelons qu'en raison du contexte budgétaire difficile, l'institution avait demandé à Québec une aide financière pour le CEREFS, un centre de recherche et de formation par simulation dans le domaine de la santé.

«Ce qu'on a appris, dans le dernier budget, c'est qu'il y a des fonds pour l'achat de mannequins simulateurs. Comment ça va s'articuler? On devrait avoir de l'aide pour le budget d'investissement.» C'est toutefois au budget de fonctionnement du CEREFS que l'institution aurait besoin de renfort financier.

Par ailleurs, l'institution touchera environ 375000 $ annuellement pendant cinq ans pour soutenir les élèves en situation de handicap. «On attend toujours des précisions pour confirmer comment on va utiliser les ressources.»

Le Syndicat est préoccupé

Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS) se dit préoccupé par l'adoption du plan de redressement par la direction de l'établissement.

« La situation dans laquelle on se trouve, on la dénonce depuis des années. On réitère que c'est la faute du gouvernement qui refuse de subventionner adéquatement le système d'éducation, même à la lumière du dernier budget où il dit que l'éducation est une priorité. Ce n'est pas le cas », commente le président du SPECS, Steve McKay.

Steve McKay se dit notamment préoccupé par le fait que les étudiants soient mis grandement à contribution avec la hausse de leur facture cet automne.

Les quelque 350 000 $ qui seront récupérés de cette façon représentent « la part du lion », note Steve McKay. Il rappelle que différentes mesures d'économies touchaient déjà les étudiants, comme la diminution du budget accordé à la mobilité étudiante.

À ses yeux, tout cela démontre à quel point la mission de l'institution devient de plus en plus difficile à accomplir. « L'augmentation des frais aux étudiants, ce n'est pas rien », lance le président du SPECS.

Steve McKay s'inquiète aussi des effets que pourrait avoir la volonté de la direction d'assurer la rétention des étudiants et un plus grand recrutement dans une perspective de financement. « Il ne faudrait pas que des impératifs économiques entraîne une pression à la réussite », estime-t-il, en ajoutant du même coup que la direction a fait valoir que ce n'est pas son intention. « Si pour maximiser le nombre de personnes on diminue les standards, je ne crois pas que ce soit positif. »

Le SPECS suit de près le dossier de l'aide financière versée aux étudiants en situation de handicap. Les modalités d'utilisation ne sont pas encore connues, mais l'instance syndicale dit avoir des craintes en raison d'échos qui ont émané quant à l'utilisation de cette aide. « Il y aurait peut-être une modification de la vision et de l'utilisation qu'on peut en faire. » Le Cégep doit recevoir 375 000 $ annuellement pendant cinq ans en lien avec cette aide, qui est liée à une lettre d'entente avec les professeurs. À l'échelle provinciale, cela représente une somme de 10 M$.

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