Parler de santé mentale à l'école

Anne-Marie Tougas est professeure à la faculté d'éducation... (Collaboration spéciale, Michel Caron, Université de Sherbrooke)

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Anne-Marie Tougas est professeure à la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke.

Collaboration spéciale, Michel Caron, Université de Sherbrooke

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(SHERBROOKE) Comment les élèves ayant des problèmes de santé mentale vivent-ils leur retour à l'école? Comment peut-on mieux les accompagner? Après s'être intéressée à la réintégration à l'école d'élèves québécois qui ont eu la leucémie, la professeure Anne-Marie Tougas veut en savoir plus sur la réintégration des jeunes ayant des problèmes de santé mentale, des jeunes qui suscitent généralement moins la sympathie que les élèves qui ont eu une maladie comme le cancer.

L'objectif est d'en arriver à établir des balises qui permettraient d'aider le cheminement de ces jeunes.

Dans le cas de la réintégration scolaire d'un enfant qui a une maladie « chronique », celui-ci est plutôt bien balisé, note-t-elle. « Il y a une littérature abondante, des recommandations, des analyses. »

« Il y a très peu de balises existantes pour guider les intervenants qui doivent soutenir les élèves et leurs familles dans la transition de l'hôpital à l'école. » Comment l'enseignant doit-il aborder la question, doit-il en parler? Les questions sont nombreuses. « Il y a toutes sortes de questions auxquelles on tente de répondre, pour comprendre les besoins. On veut identifier les interventions prometteuses. On veut mettre la table pour un guide de pratiques. »

Anne-Marie Tougas s'intéresse aux jeunes de 7 à 17 ans qui présentent des problèmes de santé mentale, comme la dépression, des troubles anxieux, des troubles alimentaires.

« On ne trouve pas beaucoup d'informations sur les enfants », dit-elle en soulignant que l'on en retrouve beaucoup plus sur les adolescents. La professeure s'intéresse plus particulièrement aux jeunes qui ont fait l'objet d'interventions individualisées en santé et qui vont faire en sorte que les jeunes vont s'absenter de l'école.

« Ça oblige des intervenants de différents milieux à travailler ensemble, de mettre en place des choses pour que le retour en classe se porte bien. Il faut vraiment qu'il y ait une collaboration étroite entre les deux milieux. »

Les problèmes de santé mentale n'arrivent jamais vraiment seuls.

« Une maladie physique, ça nous tombe dessus, un peu par hasard, mais dans le cas d'une maladie mentale, le jeune a peut-être un historique, une situation familiale particulière qui fait qu'il a développé des vulnérabilités. »

Quel est le taux de prévalence des jeunes ayant des problèmes de santé mentale?

Des études montrent qu'entre 14 % et 25 % des enfants et des adolescents canadiens sont aux prises avec des problèmes de santé mentale majeurs, ce qui représente plus de 800 000 jeunes au Canada, selon un rapport de la Commission de la santé mentale du Canada datant de 2013.

Les élèves ayant combattu une leucémie suscitent la sympathie de leurs pairs et peuvent parfois être vus comme des héros; la perception est différente pour les jeunes ayant des problèmes de santé mentale. Simple reflet de la perception de la société en général envers les maladies mentales? Oui, mais il y a quand même une ouverture de plus en plus grande accordée à ces troubles, croit-elle. 

« Ce qui va rendre plus difficile la sympathie ou l'ouverture, ce sont des élèves qui traînent un lourd historique de problématiques. »

« Parfois la relation entre l'école et l'élève est effritée » avant même que des interventions soient réalisées dans le milieu de la santé, observe Mme Tougas.

Mme Tougas travaille en collaboration avec un comité réunissant divers intervenants de l'Estrie, provenant notamment du milieu de la santé et des services sociaux.

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