Attentats à Bruxelles: «Il ne faut pas céder à la haine»

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Un rassemblement a eu lieu devant l'hôtel de ville de Sherbrooke, mardi soir, afin de rendre hommage aux victimes de l'attentat.

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(SHERBROOKE) Belges d'origine, les Sherbrookoises Christelle Lison et Christelle Lefevre ne reconnaissent plus leur pays. Leur coeur a fait un bond hier, lorsque le pays a basculé dans l'horreur. Elles ont tout de suite pensé à leurs proches qui se déplacent fréquemment, voire quotidiennement, par les transports en commun. «Il ne faut pas céder à la haine», plaide Mme Lefevre.

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Christelle Lison

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En visite en Belgique pour aller voir sa famille, la Sherbrookoise Nathalie Hoggart s'est quant à elle empressée de rassurer sa famille.

«J'ai cru que mon coeur allait s'arrêter! On s'y en attendait, on ne savait juste pas quand. Ma soeur prend le métro tous les matins, sur la ligne qui a été attaquée. Elle n'est pas rentrée au travail pour aller voir sa belle-soeur qui est à l'hôpital», raconte Mme Lefevre, qui est commissaire à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.

Ébranlée, elle a organisé un rassemblement de citoyens belges de Sherbrooke, mardi, devant l'hôtel de ville de Sherbrooke. La Ville de Sherbrooke a mis ses drapeaux en berne à la suite des attentats.

Le rassemblement, qui a réuni environ 40 personnes, a amené un certain réconfort. « On est un peu isolé, on vit ça chacun de notre côté. On se sent impuissant. Le fait d'être ensemble, d'en parler, ça fait du bien», souligne Mme Lefevre. Elle précise que c'est le fils de Mme Hoggart, Adrien Hoggart, qui a eu l'idée du rassemblement.

«C'est très perturbant. La Belgique est un pays hyper ouvert, hyper multiculturel (...) Pour une poignée d'individus comme ça, il faut éviter tout amalgame», plaide Christelle Lison, professeure au département de pédagogie de l'Université de Sherbrooke, qui est au Québec depuis près de 10 ans. Toute sa famille est là-bas. «Je suis la seule expatriée», dit celle qui est née à Bruxelles, en soulignant que son petit garçon a les deux nationalités. «Je comprends qu'on doit trouver des moyens innovants à une situation jamais arrivée jusqu'ici», observe-t-elle en soulignant qu'elle a des préoccupations en lien avec la sécurité.

«La vie s'est réellement arrêtée à Bruxelles, mais c'est partout dans le pays que l'on demandait aux gens d'éviter tout déplacement inutile.»


Catastrophée, elle s'est empressée de contacter son frère, qui est très souvent en déplacement entre la Belgique et la France pour son travail. «C'est le premier à qui j'ai pensé.»,

Christelle Lefevre raconte qu'elle a été membre d'une équipe d'intervention en cas de catastrophe à la Croix-Rouge lorsqu'elle habitait son pays d'origine : plusieurs de ses amis tentaient de sauver des vies mardi.

Adjointe administrative chez Auguste, Nathalie Hoggart est arrivée à Bruxelles le 15 mars et doit normalement repartir pour Sherbrooke le 29 mars. Mardi, lors des attentats, elle se trouvait à Marche-en-Famenne, dans les Ardennes, à environ 1 h 30 de Bruxelles. Elle avait passé toute la journée dans la capitale belge mardi dernier. «La présence militaire y était bien visible. Ensuite il y a eu l'arrestation du terroriste recherché depuis les attentats de Paris (NDLR : Salah Abdeslam). La vie s'est réellement arrêtée à Bruxelles aujourd'hui (mardi), mais c'est partout dans le pays que l'on demandait aux gens d'éviter tout déplacement inutile.»

Son fils, demeuré ici, lui a écrit ce message : «J'aimerais que les gens comprennent à quel point on a eu peur pour vous et même de loin, on est autant touché et concerné.»

Les Belges installées en terre sherbrookoise doivent aussi composer avec la crainte d'un nouvel attentat. «Dans le climat actuel, on ne sait pas quand, où ça va arriver, mais ça va arriver. C'est vraiment triste», se désole Mme Lefevre, qui a habité à Bruxelles pendant plusieurs années. «La Belgique est frappée pour ce qu'elle représente», dit-elle en citant la présence de l'Union européenne.

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