« Il faut répondre par la force et les idées »

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De l'avis du professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke David Morin, la réaction aux attentats meurtriers de Bruxelles doit non seulement passer par la sécurité et le renseignement, mais aussi par l'éducation populaire.

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(SHERBROOKE) « Il faut répondre à la force par la force, mais aussi aux idées par les idées. »

De l'avis du professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke David Morin, la réaction aux attentats meurtriers de Bruxelles doit non seulement passer par la sécurité et le renseignement, mais aussi par l'éducation populaire.

« Le terrorisme ne deviendra pas une défense et ne déstabilisera pas la démocratie dans les pays occidentaux. Cependant la crainte demeure la division de la population. L'objectif des djihadistes est de monter la population les uns contre les autres. Il faut éviter de prendre des raccourcis faciles et de se diviser », analyse le professeur Morin.

Celui qui oeuvre au sein de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent note que la montée de l'extrême droite, le racisme et les appels à la fermeture des frontières peuvent être des symptômes de division en occident.

« La peur de quatre ou cinq extrémistes infiltrés à travers des milliers de réfugiés ne peut justifier de mettre tous les immigrants dans le même panier et d'en cesser l'accueil. (...)Il ne faut pas diviser nos sociétés. Il faut aussi ouvrir le dialogue avec nos jeunes qui développeraient des idées radicales. Il faut mieux comprendre les causes de ce qui les pousserait à joindre l'État islamique. Il faut jeter les filets en amont afin d'éviter que nos jeunes se radicalisent », estime le politologue.

David Morin, dont les champs d'expertise sont les relations et la sécurité internationale, les opérations de paix et la politique étrangère canadienne, estime que les événements de mardi en Belgique étaient prévisibles.

« Outre le fait d'être horrifié par ces attentats, ce n'est pas une surprise. Ils étaient anticipés depuis plusieurs mois par les spécialistes, les chercheurs et les gouvernements. Il y a eu des attentats dans un passé récent et il y en aura d'autres. Malgré tous les dispositifs de renforcement du renseignement et l'arsenal législatif, le risque zéro n'existe pas. »

Au-delà de l'horreur suscitée par les attentats de Bruxelles, il faut voir, selon lui, l'internationalisation des actions terroristes du groupe armé l'État islamique comme un recul sur le terrain en Irak et en Syrie.

« Là où certains sont tentés d'y voir un signe de la force de l'État islamique, il faut y voir un symptôme de leur recul sur le terrain. Au cours des derniers mois, ils ont perdu des combattants, des moyens financiers et une crédibilité sur le terrain. Le fait d'attaquer à l'international peut être vu comme un objectif de se faire du capital politique à moindres frais dans une stratégie de recrutement. La montée de leurs actions internationales coïncide avec leur affaiblissement sur le terrain. Ils rejoignent ainsi Al Qaïda à ce chapitre », analyse le politologue de l'UdeS.

L'éloignement géographique du Canada et des États-Unis ainsi que le nombre moins élevé de ses citoyens qui se joignent au groupe armé État islamique les rendraient moins susceptibles d'être la cible d'attentats.

« Il y a plusieurs jeunes Européens qui ont joint les rangs de l'État islamique. Il y a un important vivier de jeunes radicalisés en Europe en comparaison avec l'Amérique du Nord. L'Europe devient donc une cible plus facile. Étant donné le nombre moins élevé, il est plus facile pour les services de renseignement ici de suivre la trace des jeunes radicalisés qui pourraient se joindre au djihad. Cependant, les attaques ici ne sont pas impossibles. Il faut aussi faire une distinction entre des attaques commanditées et planifiées par l'État islamique et celui d'un désaxé qui prétend le faire en son nom. Il est important de faire la différence », prévient David Morin.

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