Frappe de l'UPAC: des dommages collatéraux pour la classe politique

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Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière a annoncé jeudi l'arrestation de sept personnes, dont l'ex-vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau, en lien avec des «stratagèmes criminels» de financement politique. Mme Normandeau fait face à des accusations de fraudes et de corruption.

La Presse, David Boily

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(SHERBROOKE) « Ce n'est vraiment pas une bonne journée pour la classe politique en général. »

Emmanuel Choquette est chargé de cours à l'École... (Archives, La Tribune) - image 1.0

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Emmanuel Choquette est chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'UdeS.

Archives, La Tribune

C'est toute la classe politique, et la confiance envers les institutions politiques, qui vont être ébranlées avec les sept arrestations menées par l'UPAC.

« C'est majeur en termes d'image, tant pour pour le Parti libéral que la classe politique », commente Emmanuel Choquette, chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Le dossier vient de franchir une importante étape avec le dépôt d'accusations.

« Le scandale de la corruption se traduisait en allégations. On alléguait que les élus du PLQ abusaient du système. On vient de franchir une étape, de l'allégation aux accusations. On est en mode défensive : ça devient difficile de justifier les actes. »

« Quand on parle de politique d'austérité ou de rigueur budgétaire, ce sont des politiques qui affectent beaucoup de gens, qui obligent la population à se serrer la ceinture. Les sondages semblaient laisser croire que la population est d'accord : la majorité était d'accord avec l'idée que l'État doit procéder à une cure d'amaigrissement. Quand il arrive des scandales, la confiance s'effrite... »

«La classe politique est plus étroitement surveillée et transparente qu'elle ne l'a été.»


Parallèlement, avec le dépôt du budget, le gouvernement souhaitait se défaire de son étiquette « d'austérité ».

« Les effets positifs qu'on voulait retirer (NDLR : le retour à l'équilibre budgétaire par des compressions) on ne le récolte pas », analyse M. Choquette.

« Ça rend la population méfiante. La méfiance envers l'État est extrêmement problématique, pas seulement pour le gouvernement en place, mais aussi pour la démocratie. »

Même si le Parti québécois (PQ) est aussi éclaboussé dans une moindre mesure, la situation sera moins problématique en termes d'images. « Ils n'ont pas de bilan à défendre », note M. Choquette. « Ceci dit, ça met le PQ sur la défensive. »

Le problème avec les scandales politiques, c'est qu'on a tendance à généraliser, observe M. Choquette. « La classe politique est plus étroitement surveillée et transparente qu'elle ne l'a été », dit-il en énumérant notamment l'omniprésence des médias, dont les médias sociaux et l'accessibilité à l'information.

Le premier ministre Philippe Couillard s'est empressé de dire, jeudi, que le contexte était maintenant différent avec le nouveau mode de financement. Aux yeux de M. Choquette, Philippe Couillard a raison dans une certaine mesure, puisque l'établissement d'un maximum de contribution a à ses yeux assaini les finances publiques.

Québec solidaire (QS) et la Coalition Avenir Québec (CAQ) tablent déjà sur la situation. 

« Est-ce qu'ils vont vouloir s'en servir? Oui. Est-ce que ça va leur servir? Je ne sais pas. En politique, deux ans, c'est une éternité », lance M. Choquette à propos des prochaines élections.

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