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Budget 2016-2017: pas de déficit ni baisse marquée du fardeau fiscal

Carlos Leitao et Philippe Couillard... (Archives PC)

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Carlos Leitao et Philippe Couillard

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Couillard a présenté jeudi un budget prudent, peu spectaculaire, sans mauvaises nouvelles pour les contribuables, mais sans prolifération de bonnes nouvelles non plus, malgré deux années budgétaires difficiles marquées par d'importantes compressions imposées à tout l'appareil de l'État.

Le budget 2016-2017, déposé par le ministre des Finances, Carlos Leitao, sera équilibré, donc sans déficit, et sans hausses de taxes ni d'impôts, mais aussi sans diminution notable du fardeau fiscal des contribuables.

Les surplus engrangés grâce à un contrôle extrêmement serré des dépenses et de multiples coupes depuis 2014 iront principalement au remboursement de la dette, par une contribution de 2 milliards $ au Fonds des générations.

Car la réduction de la dette est une priorité incontournable, a rappelé le ministre des Finances, en point de presse. Au prix d'efforts supplémentaires à venir, le poids de la dette brute du Québec par rapport au PIB devra passer de 55 pour cent en 2016 à 45 pour cent en 2026.

Le gouvernement s'était engagé à consacrer la moitié d'éventuels surplus à la dette et l'autre moitié à des baisses d'impôts.

Le gouvernement Couillard s'était aussi fait élire en 2014 en promettant d'être celui de l'économie, en s'engageant à créer 250 000 emplois durant le mandat. Le budget, qui compte plusieurs centaines de pages, consacre un paragraphe pour affirmer que les diverses mesures qu'il contient devraient contribuer à créer ou maintenir 25 000 emplois cette année.

Québec anticipe une croissance économique faible, de 1,5 pour cent en 2016 et de 1,6 pour cent en 2017. La faiblesse du dollar canadien devrait continuer à favoriser les exportateurs québécois, a commenté le ministre.

Le budget ne dit mot sur la grande réforme fiscale que le gouvernement s'était engagé à adopter, et qui devait se traduire par une hausse de la taxe de vente compensée par des baisses d'impôts. Pas de consensus, pas de réforme, a dit le ministre à ce propos.

M. Leitao a reconnu que la fiscalité québécoise «était plus lourde qu'ailleurs», et qu'il nourrissait toujours l'«espoir» de réduire un jour ce fardeau accru sur les épaules des contribuables.

En comparaison avec les deux premières années de son mandat, le gouvernement compte se serrer un peu moins la ceinture, mais continuera à se montrer très vigilant sur le plan des dépenses, au point d'ouvrir la porte à de nouvelles compressions.

Les dépenses de programmes seront légèrement en hausse, passant de 1,7 pour cent de croissance, en 2015-2016, à 2,7 pour cent en 2016-2017.

En éducation, le financement supplémentaire du réseau passera de 0,9 pour cent cette année à 3 pour cent l'an prochain. La croissance du budget consacré à la santé sera plus modeste, à 2,4 pour cent, soit bien en deçà de l'augmentation annuelle prévue des coûts de système, qui grimpe autour de 5 pour cent.

Le réinvestissement en éducation, notamment pour la prévention du décrochage scolaire, atteint 500 millions $ répartis sur trois ans. Ce secteur a été un des plus touchés par la vague de compressions des deux dernières années. On embauchera du personnel spécialisé pour aider les élèves en difficulté, particulièrement en milieu défavorisé. Une somme de 150 millions $, répartie sur trois ans, est réservée à cette fin.

Les contribuables trouveront un léger répit fiscal du côté de la taxe santé, créée en 2010. La taxe santé devait être éliminée progressivement à compter de l'an prochain, mais le gouvernement devance d'un an ce projet. Pour la majorité des citoyens, l'économie sera cependant modeste, soit de 25 $ cette année.

Le nouveau mode de financement des garderies, modulé en fonction du revenu des parents, soulève la controverse depuis des mois. Québec corrige le tir pour certains d'entre eux (30 000 familles), en réduisant de moitié la contribution additionnelle exigée pour le deuxième enfant. Par exemple, pour un revenu familial de 100 000 $, le tarif quotidien passera de 11,41 $ à 9,36 $. La mesure est rétroactive à 2015.

Les investissements en infrastructures devraient atteindre 88 milliards $ au cours de la prochaine décennie, dont 9,6 milliards $ cette année. En priorité, les rénovations des écoles primaires et secondaires, en grand nombre vétustes, accapareront 700 millions $ de cette somme, cette année.

Un nouveau crédit d'impôt de 20 pour cent à la rénovation résidentielle «écoresponsable», Rénovert, remplacera le précédent, Logirénov.

Au total, les revenus anticipés cette année dans les coffres de l'État devraient atteindre 102 milliards $, en hausse de 3 pour cent, tandis que les dépenses consolidées plafonneront à 100 milliards $, en hausse de 2,5 pour cent.

«Nous avons remis la maison en ordre», a clamé fièrement le ministre Leitao.

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