La Maison Oxygène Estrie menace de fermer ses portes

La directrice générale de la Maison Oxygène Estrie,... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La directrice générale de la Maison Oxygène Estrie, Sarah Gaudet, lance un cri d'alarme à la population pour éviter la fermeture de cette ressource en hébergement pour pères et enfants. Sur la photo, elle est accompagnée de deux résidants de la maison qui risquent de se retrouver à la rue le 1er avril.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Faute de financement, la Maison Oxygène Estrie (MOE) pourrait être forcée de fermer ses portes le 1er avril.

Seule ressource d'hébergement pour pères et enfants dans la région, la MOE a ouvert ses portes en mai 2012. Depuis, elle a accueilli 60 pères et 120 enfants vivant une situation de détresse liée à des difficultés familiales, sociales, financières, psychologiques ou personnelles.

Advenant une fermeture dans deux semaines, cinq pères et leurs enfants se retrouveront à la rue.

«C'est un cri d'alarme que lance aujourd'hui MOE. MOE a besoin de l'aide de la population pour amasser 25000 $ à court terme pour continuer ses opérations. À moins d'un tel appui financier, la ressource fermera ses portes», lance à contrecoeur Sarah Gaudet, directrice générale de l'organisme.

La ressource d'hébergement a réussi à voir le jour grâce à une campagne majeure de financement mise sur pied en 2010. Depuis, l'organisme n'a jamais été en mesure d'obtenir du financement gouvernemental malgré plusieurs demandes.

Les revenus de la MOE proviennent majoritairement de dons d'entreprises, de particuliers et de fondations. À ce jour, c'est près de 700000 $ que la ressource a reçu en dons.

L'autre source de revenus provient des loyers demandés aux pères, soit 25 % de leur revenu jusqu'à concurrence de 200 $ par mois. Les pères étant souvent dans des situations précaires lors de leur arrivée, peu d'entre eux ont les moyens de payer 200 $ par mois.

Une année de fonctionnement coûte environ 150000 $ à l'organisme.

«Avec les 25000 $ que nous demandons à la population, nous voulons être en mesure de tenir jusqu'à ce que nous recevions une réponse du CIUSSS-Estrie avec lequel nous sommes en discussion. Le problème c'est qu'il y a toujours des délais et qu'on ne sait pas quand ils vont nous répondre. 25000 $, ça nous permettrait de tenir en offrant les services de base», explique la directrice générale, en précisant que malgré plusieurs tentatives, la Maison n'a jamais réussi à être reconnue par le réseau de la santé et ainsi recevoir un financement récurrent.

Cinq pères à la rue

La semaine dernière, Mme Gaudet n'a eu d'autre choix que d'annoncer aux cinq pères résidants dans la maison de la rue Victoria qu'ils se retrouveraient fort probablement sans toit dans deux semaines.

«C'était très difficile et très émotif. Ils étaient découragés. Pour une fois qu'ils avaient de l'espoir, ils ont l'impression de retourner à la case départ», se désole la directrice générale.

«J'ai l'impression de les abandonner alors que je sais que j'ai tout fait dans les quatre dernières années pour avoir du financement», poursuit-elle.

En plus des cinq pères actuellement hébergés par la MOE, deux autres hommes et leurs enfants actuellement sur la liste d'attente se trouveront à court de ressources.

2e maison en importance au Québec

La Maison Oxygène Estrie est un des membres fondateurs du Réseau provincial Maisons Oxygène qui compte sept maisons en activité et trois en développement. Elle a été la troisième

à ouvrir ses portes au Québec et est celle, avec ses 17 lits, qui a la plus grande capacité d'accueil après Montréal.

La ressource sherbrookoise a d'ailleurs reçu le prix «Initiative Coup de Coeur-Paternité 2016» remis par le Regroupement provincial pour la valorisation de la paternité.

Les Maisons Oxygène sont une source de référence en matière d'intervention auprès des hommes et sont sollicitées par les différents acteurs du milieu communautaire, institutionnel

et de la recherche. Leur expertise et leur modèle de Réseau a également attiré l'attention de la France qui est actuellement en contact avec l'organisation québécoise afin de suivre leurs pas et implanter des ressources d'hébergement pour hommes et enfants dans leur pays.

«Je crois tellement en cette ressource. Aujourd'hui je lance un cri d'alarme pour éviter une fermeture, mais si jamais elle survient, elle sera temporaire et je vais tout faire pour être en mesure d'ouvrir les portes de nouveau», conclut Mme Gaudet.

Il est possible de faire un don à la MOE à l'adresse suivante : www.maisonoxygeneestrie.com/nous-soutenir ou encore par téléphone au 819 791-4142.

Luc Fortin tentera d'éviter la fermeture

Le député de Sherbrooke Luc Fortin est bien au fait des problèmes financiers de la Maison Oxygène Estrie (MOE). Il tentera d'appuyer l'organisme dans les prochaines semaines dans la recherche d'un financement récurrent.

«Je travaille avec la Maison depuis le début de mon mandat de député pour l'aider à trouver du financement. L'an passé nous avons réussi à leur trouver une certaine somme qui provenait toujours de fonds discrétionnaires, mais nous essayerons d'obtenir un financement récurrent», affirme M. Fortin, joint par La Tribune.

La directrice générale de la MOE confirme que le député de Sherbrooke est d'une grande aide pour l'organisme. «L'an passé, il a sollicité tous les ministères pour nous aider et il a réussi à aller chercher environ 16000 $, mais comme il s'agissait de fonds d'urgence, on ne peut plus y avoir accès», explique Sarah Gaudet.

Sans prendre d'engagement, le député de Sherbrooke est d'avis que la Maison sera en mesure de trouver d'autres avenues de financement.

«Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour les aider. Dans les prochains jours, nous regarderons toutes les alternatives possibles pour essayer d'éviter cette fermeture», soutient-il.

L'année 2015 de la Maison Oxygène Estrie

Pères hébergés : 22

Enfants hébergés : 46

Âge moyen des pères : 35 ans

Durée moyenne du séjour : 4 mois

Suivi externe post-hébergement : 60 %

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