Quarante-huit ans au volant d'un taxi

Jean-Guy Drouin a pris sa retraite après «48... (Spectre Média, René Marquis)

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Jean-Guy Drouin a pris sa retraite après «48 ans et trois mois» à titre de chauffeur de taxi à Sherbrooke.

Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) Les rues de Sherbrooke, il les connaissait toutes sans exception. Les lieux publics de la région, il les a tous visités. Aucun coin de la ville ne lui fait défaut.

Après 48 ans comme chauffeur de taxi à Sherbrooke, Jean-Guy Drouin peut se vanter de connaître la ville comme le fond de sa poche. Ce Sherbrookois de 78 ans champion de la longévité au travail a pris sa retraite l'automne dernier.

«J'aurais aimé travailler 50 ans, mais ça n'a pas fonctionné», lance le nouveau retraité habitant le secteur Fleurimont.

«Pour travailler aussi longtemps comme chauffeur de taxi, il faut aimer le public, aimer conduire, aimer le travail», ajoute ce père de famille.

Mais en «48 ans et trois mois» au volant d'une voiture de taxi, il s'en passe des événements. «Ç'a bien changé. Quand j'ai commencé en août 1967, le haut de la ville de Sherbrooke arrêtait dans le secteur King Ouest et Jacques-Cartier. Après il n'y avait pratiquement plus rien. Le Carrefour de l'Estrie n'existait pas», se souvient M. Drouin lorsqu'il regarde dans le rétroviseur.

«Fleurimont s'appelait Ascot Nord...»

La circulation a aussi changé de visage. «Il y a plus de monde, plus de trafic. Le cégep et l'université ont fait augmenter la population», dit-il lors d'un entretien accordé à La Tribune.

«Il faut être toujours plus attentif lorsqu'on conduit.»

Et la clientèle aussi... «J'ai travaillé de nuit. Avant, il n'y avait pas de drogue. Les gens sortaient des bars et ils étaient plus heureux, il me semble», mentionne le Sherbrookois.

«Quand je sentais que la personne qui montait à bord pouvait avoir pris de la drogue et qu'elle pouvait devenir agressive, je lui piquais une jasette. Ça lui changeait les idées. Dans ce temps-là, il faut être plus prudent. C'était ma façon de réagir.»

Son rayon d'action ne se limitait pas seulement à la région sherbrookoise. Un jour, il y a environ 30 ans, on lui a demandé de conduire une famille à New York. Rien de moins !

«Ces gens devaient prendre l'avion à l'aéroport Kennedy. Un jour, je suis parti au Saguenay pour conduire des gens à l'hôpital.»

Jean-Guy Drouin garde bien d'autres souvenirs évidemment. «Comme la fois où j'ai été demandé à l'archevêché de Sherbrooke. Quand je suis arrivé sur place, Mgr Jean-Marie Fortier est sorti, mais il ne voulait pas que je porte sa valise. Il disait qu'il était capable», se souvient-il.

«C'était un peu spécial. C'était quand même l'archevêque et je le laissais transporter sa valise. J'ai pu au moins lui ouvrir la porte de l'auto...»

Côté social, M. Drouin s'est fait connaître par ses confrères et consoeurs par son implication dans l'organisation du tournoi de golf de la compagnie Taxi Sherbrooke pendant plusieurs années.

Aujourd'hui, malgré la retraite bien méritée, il tente de se tenir occupé. Jean-Guy Drouin s'occupe de ses proches. «Je me tiens en forme et occupé», déclare-t-il.

«Des fois, quand je vois une voiture de taxi, je regarde son numéro. C'est plus fort que moi... après toutes ces années.»

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