Démystifier la diversité sexuelle chez les aînés

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Démystifier la diversité sexuelle auprès des personnes âgées de 50 ans ou plus, c'est la mission que s'est donnée le GRIS Estrie.

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(SHERBROOKE) Démystifier la diversité sexuelle auprès des personnes âgées de 50 ans ou plus, c'est la mission que s'est donnée le GRIS Estrie. Le projet destiné aux « aînés », probablement le premier du genre à l'extérieur des grands centres, reçoit une aide de 17 300 $ du gouvernement du Québec, une aide jugée substantielle pour un organisme qui existe depuis moins de deux ans.

« Ce n'est pas une aide récurrente, mais ça nous donne un grand coup de main dans un contexte où pratiquement aucun financement n'est récurrent. En comparaison, l'objectif de notre campagne de financement annuelle est de 30 000 $. Nous sommes donc très contents pour ce que ça nous apporte en crédibilité et en notoriété. C'est une preuve que nous avons des retombées dans notre milieu », réagit Pierre McCann, directeur général du GRIS Estrie.

L'organisme présente déjà des ateliers de démystification des diversités sexuelles auprès des jeunes, principalement dans les écoles secondaires. En avril, ce seront 4000 personnes qui auront été rejointes.

« En Estrie, il n'y a pas grand-chose pour entrer en contact avec les personnes de 50 ans et plus. Il faut vraiment adapter nos interventions pour cette tranche de la population où les personnes homosexuelles ou bisexuelles vivaient souvent cachées ou dans l'invisibilité. Nous ne visons pas spécifiquement les minorités sexuelles. Nous cherchons à créer un environnement ouvert pour ces personnes. »

Selon Pierre McCann, il est démontré qu'il est bénéfique pour une personne aînée de dévoiler son orientation sexuelle à ses proches. « Il y a des effets sur la santé et nous sommes persuadés que la lutte contre l'invisibilité les aidera. »

Discrimination en résidence

Dans le même sens, M. McCann souligne que la plupart des aînés des diversités sexuelles qui vivaient leur sexualité ouvertement retournent dans le placard au moment de déménager en résidence.

« Ils ont peur de la discrimination de la part des autres résidents, mais aussi de la part des intervenants. Le gouvernement offre d'ailleurs des formations aux intervenants du monde de la santé en ce sens. »

La somme reçue du gouvernement permettra d'adapter les interventions. « Dans les années 1960, l'homosexualité était illégale, perçue comme une déviance ou une maladie mentale. Avec l'aide du GRIS Montréal, nous pourrons adapter nos façons de faire. Ce sera notamment en parlant de l'évolution des droits. Nous nous donnons jusqu'en mars 2017 pour réaliser 15 interventions auprès des " aînés " pour provoquer un effet de levier qui nous permettra de déployer nos interventions plus largement. »

Conscient qu'il pourrait être plus difficile d'intervenir dans les résidences pour aînés, le GRIS vise les personnes de 50 ans et plus qui auront un impact sur leur entourage. Une entente est déjà intervenue pour rencontrer le comité Ville amie des aînés, la Table de concertation des aînés de l'Estrie et la Table de concertation contre le mauvais traitement fait aux aînés.

« En 2011, entre 15 et 20 % de la population avait plus de 65 ans en Estrie. C'est une part importante de la population et nous n'avons presque rien pour les rejoindre. Nous voulons former des intervenants de plus de 50 ans, qui sont plus près du vécu des aînés et qui sauront aller à leur rencontre. Ceux qui ne connaîtront pas de modèles en connaîtront au moins deux, parce que nos interventions se font en équipes de deux. »

Le GRIS Estrie peut à tout le moins compter sur deux modèles connus pour porter leur message, les présidents d'honneur de la campagne de financement 2015, Renelle Antil et Réjean Hébert, qui seront de retour pour la campagne de cette année. Un spectacle d'humour bénéfice est d'ailleurs prévu le 27 mai à la salle Alfred-Desrochers.

À noter que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée a annoncé une aide financière de 399 600 $ pour 20 organismes du Québec qui luttent contre l'homophobie et la transphobie.

Outre le projet du GRIS Estrie, deux autres organismes de la région reçoivent des fonds, soit la Corporation de développement communautaire du Haut-Saint-François pour son colloque sur les minorités sexuelles en contexte de ruralité (10 000 $) et la Maison des jeunes de Coaticook, pour une agente de sensibilisation à la lutte contre l'homophobie (10 000 $).

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