La CMQR accusée de mentir à la population de Lac-Mégantic

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) La Coalition de citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic accuse la Central Maine and Quebec Railway (CMQR) de duper la population de Lac-Mégantic. Elle rencontre lundi le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, à ses bureaux de Montréal, afin qu'il rectifie la situation dans les plus brefs délais.

En fin de semaine, l'organisme a publié la lettre qu'elle a acheminée au ministre, le 1er mars dernier, où elle affirme que plus de 100 wagons-citernes par semaine transitent par Lac-Mégantic, remplis de dérivés du pétrole et autres produits dangereux, aussi volatiles que l'essence sinon plus (propane, butane, gaz naturel, naphta, acétone, acide sulfurique, etc.), et ce, même si la CMQR avait annoncé qu'il n'y aurait pas de transport de pétrole à Lac-Mégantic de toute l'année 2016.

Une vidéo est jointe à la demande. Tournée presque au complet de nuit, on y voit passer des convois ferroviaires avec des wagons-citernes affichant des classifications 1075 et 1830, qui correspondent aux matières dangereuses.

La Coalition lui a également fait parvenir son document de demandes fermes à la CMQR, dont La Tribune a déjà fait état dans ses pages. Trois d'entre elles sont jugées importantes : l'arrêt immédiat du transport du gaz propane et des produits dangereux, tant que la voie ferrée ne sera pas réparée et sécuritaire; le maintien du transport ferroviaire dans le parc industriel de Lac-Mégantic pour les produits non dangereux; et la construction d'ici deux ans d'une voie de contournement d'une longueur d'environ 12 km, pour redonner aux Méganticois sécurité et quiétude.

Le tout appuyé d'une pétition de 2607 signatures et par une marche citoyenne de près de 1000 personnes, le 15 octobre 2015.

Dans sa lettre au ministre, la Coalition lui demande également de mettre fin à l'autoréglementation de la sécurité, qui a été accordée par le gouvernement précédent aux compagnies ferroviaires et de ramener le ratio d'inspecteurs de convois ferroviaires de matières dangereuses à un pour 31 convois, comme il a déjà été, au lieu du ratio actuel d'un pour 10 000 convois.

De plus, elle souhaite que soit relevée la qualité des tronçons ferroviaires, plus particulièrement à Lac-Mégantic, où il faut passer rapidement de la catégorie un à la catégorie deux, tout en maintenant la vitesse maximale des convois à seulement 16 km (10 milles) à l'heure. Un renforcement de grade qui obligera à coup sûr la CMQR à remplacer plus de rails, de ponceaux et de dormants que ce qu'elle assure présentement.

Le texte de la lettre se termine par ces mots : « Non, monsieur le ministre, il ne faudrait surtout pas encore d'une négligence, d'un manque de bonne volonté ou de mauvaise foi pour nous plonger à nouveau, non pas cette fois-ci dans la détresse, mais plutôt dans le désespoir ad vitam aeternam. »

La Coalition tiendra un point de presse à la sortie de sa rencontre avec le ministre, lundi avant-midi.

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