Exclusif

Paris sportifs: un homme expulsé du tournoi Futures

Un jeune homme dans la vingtaine a été expulsé du Centre récréatif Rock Forest... (Archives La Tribune)

Agrandir

Archives La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Un jeune homme dans la vingtaine a été expulsé du Centre récréatif Rock Forest jeudi après-midi, en plein tournoi Futures Subaru de Sherbrooke.

Non pas qu'il dérangeait le déroulement des matchs ou qu'il avait un comportement déplacé. Il était plutôt soupçonné de transmettre en direct des informations sensibles sur le déroulement des matchs.

Le directeur du tournoi et représentant de Tennis Canada Richard Quirion, l'arbitre en chef Jorge Alexander Nieto et François Lefebvre, du tournoi Futures, ont confronté le jeune homme, présent au tournoi depuis le début de la semaine, accoté sur le mur près du court central.

Lorsqu'on a lui a demandé simplement de prendre sa photo, pour la faire parvenir à la Tennis integrity unit (TIU), il a décampé sans demander son reste.

Une situation qui n'est pas nouvelle pour les organisateurs de tournoi de tennis, mais qui demande une vigilance de tous les instants.

« Les paris sportifs en ligne sont légaux, et c'est une industrie de plus en plus importante. Ce qui est illégal, c'est d'assister à des matchs et de rapporter des informations qui pourraient être sensibles sur l'état de santé du joueur, sur le déroulement du match en continu, par exemple. Le genre d'informations qui peuvent être très payantes pour le «live betting» entre autres », a précisé Richard Quirion.

Et les joueurs des séries comme les Futures ou les Challenger peuvent être des proies intéressantes pour les parieurs illégaux puisque les bourses offertes sont généralement faibles, comparativement aux grandes compétitions majeures.

« Il faut assurer un suivi serré; c'est certain qu'un jeune homme de 20 ans qui voyage seul pour ses tournois, sans entraîneur, est une cible plus facile qu'un professionnel établi », concède Richard Quirion.

Et les chiffres sont là pour le prouver; des données compilées récemment prouvent une explosion exponentielle des dénonciations provenant du circuit Futures un peu partout au monde, passant de 14 en 2012 à 246 en 2015.

L'industrie des paris sportifs sur les matchs de tennis, de cricket et de soccer est estimée à plusieurs milliards de dollars annuellement.

Certaines sources avancent même que quelque 100 millions de dollars sont gagés chaque semaine dans le monde sur des matchs de tennis.

Le circuit Futures est le niveau le plus bas de compétition au tennis professionnel. Et les paris sur les matchs de ce circuit sont plutôt récents, soit fin 2014 début 2015.

L'unité anti-corruption TIU a été créée en 2008 par les trois principales séries de tennis, soit l'ATP, l'ITF, et la WTA, et est placée sous la direction d'un ancien haut placé de Scotland Yard, Nigel Willerton.

Le parlement britannique a cependant dénoncé le manque de fonds alloués au TIU, qui ne bénéficie que d'un budget de deux millions annuellement.

En janvier dernier, le monde du tennis professionnel fut secoué, en plein pendant l'Omnium d'Australie, par des rapports émanant de la prestigieuse BBC et de Buzzfeed faisant état que 16 joueurs du top 50 mondial, dont des vainqueurs de tournois du Grand Chelem auraient, à un moment ou à un autre, ont été suspectés de truquer des matchs, lors de la dernière décennie.

Ce rapport précisait que les joueurs étaient approchés à leur chambre d'hôtel lors de tournois majeurs, et se voyaient offrir jusqu'à 50 000 $ pour truquer des matchs.

Une importante enquête aussi été menée à l'endroit du joueur russe Nikolay Davydenko, en 2007, après que celui-ci eut perdu un match contre le 87e joueur mondial, Martin Vassallo Arguello, alors qu'il occupait le quatrième rang mondial.

PRÉVENIR PLUTÔT QUE GUÉRIR

Depuis cette année, une mise en garde concernant l'utilisation du téléphone intelligent pendant les matchs est affichée bien en vue au Centre récréatif Rock Forest, à l'attention des spectateurs.

« Ça arrive qu'on doive parfois faire des interventions, afin de s'assurer que les gens sont là pour les bonnes raisons. Si on s'aperçoit que quelqu'un passe plus de temps à regarder son téléphone qu'à regarder le match, il se peut qu'on aille voir cette personne. La procédure par la suite est de prendre cette personne en photo, si on la soupçonne, et d'envoyer l'info au TIU, qui se compose ainsi une banque de données », continue Richard Quirion.

« Les paris sur les événements sportifs, dont le tennis, c'est légal. Le but, c'est d'assurer la sécurité des joueurs et d'accroître la prévention. »

sebastien.lajoie@latribune.qc.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer