Crise syrienne : « Poutine est devenu le maître du jeu »

Le politologue Sami Aoun de l'Université de Sherbrooke... (Archives, La Tribune)

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Le politologue Sami Aoun de l'Université de Sherbrooke a prononcé une conférence sur la Syrie, mercredi soir, devant une centaine de personnes.

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) L'inertie des États-Unis et l'insouciance de Barack Obama ont fait en sorte que Vladimir Poutine est devenu le maître du jeu en Syrie. Et rien ne laisse présager que la trêve se traduira à courte échéance par la fin du régime de Bachar el-Assad tellement les forces de l'opposition semblent désorganisées et peu crédibles.

Sans jouer les futurologues, le politologue Sami Aoun ne voit pas comment la situation en Syrie pourrait s'améliorer à court terme, malgré le début des pourparlers annoncés pour aujourd'hui.

Prenant la parole mercredi soir devant une centaine de personnes réunies à la salle du Tremplin, rue Wellington Sud, le professeur de l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke a indiqué que la Syrie payait aujourd'hui le prix de l'effondrement de l'ordre régional qui s'est accéléré par les manifestations du printemps arabe de 2011.

« S'il y a une leçon à retenir du printemps arabe, c'est que les régimes autoritaires ne peuvent plus, simplement par la main forte, régler leurs problèmes. Ils doivent s'ouvrir sur d'autres solutions, qu'elles soient économiques ou sociales. Il y a actuellement une individualisation, une prise de conscience du bien-être, qui font en sorte que les choses ont changé », a observé Sami Aoun.

Alors que plusieurs observateurs croyaient que la Syrie allait emprunter la même voie que la Turquie, l'aveuglement du régime el-Assad a plutôt plongé la société syrienne dans une guerre civile dont les conséquences sont incommensurables.

«J'ai lu une source sur laquelle je mets un point d'interrogation, mais qui parle maintenant de 750 000 morts.»


Selon le politologue originaire du Liban, outre les 11 millions de réfugiés générés par la crise en Syrie, le nombre de morts, lui, pourrait atteindre des proportions encore plus importantes que celles évoquées jusqu'à présent. « J'ai lu une source aujourd'hui (mercredi) sur laquelle je mets un point d'interrogation, mais qui parle maintenant de 750 000 morts », a avancé M. Aoun en prenant soin de préciser que ces chiffres n'avaient pas encore été confirmés.

Cela dit, la situation en Syrie reste insoutenable, a ajouté M. Aoun, en faisant référence aux atrocités auxquelles le peuple syrien est soumis tous les jours par les parties impliquées dans ce qu'il a qualifié de « guerre par procuration ».

« On ne peut pas vivre entre un radicalisme aveugle, monstrueux comme celui de l'État islamique qui décapite (...) et dans un régime (celui de Bachar al-Assad) qui lance des barils de TNT sur son peuple. C'est intolérable », a plaidé Sami Aoun.

Pour ce qui est de la trêve, celle-ci reste fragile, a-t-il précisé : « Pour la première fois, on observe un peu plus de sérieux à l'égard de la trêve ou de ce qu'on appelle la fin des hostilités, mais il y a toujours un manque de confiance. Le régime de Bachar el-Assad est toujours puissant, mais l'opposition est éclatée, écartelée dans de multiples voix », a-t-il déploré.

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