Une année 2015 record pour les dons d'organes

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La hausse du nombre de donneurs a permis de réduire la liste d'attente de personnes en attente d'une greffe en Estrie de 4 %.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Le Québec a atteint un taux de donneurs d'organes record en 2015, soit 20,8 donneurs par million d'habitants (dpmh). En Estrie, le nombre de donneurs a pratiquement doublé pour atteindre 16 personnes.

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Le Dr Frédérick D'Aragon, anesthésiologiste et intensiviste au CHUS, se réjouit du bilan 2015 de Transplant Québec qui démontre une hausse du nombre de dons d'organes. 

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De tous les organes prélevés sur ces 16 personnes - pour une moyenne de 3,5 organes prélevés par donneur au Québec -, 35 ont pu être transplantés et ainsi sauver des vies. Au Québec, 172 donneurs d'organes - un bond de 12 % par rapport à l'année précédente - ont permis une transplantation chez 549 personnes.

« C'est une année record autant au Québec que pour nous en Estrie. Nous sommes certainement une des régions où il y a eu la plus grande augmentation du nombre de donneurs », s'enthousiasme le Dr Frédérick D'Aragon, anesthésiste et intensiviste au CHUS.

La hausse du nombre de donneurs a permis de réduire la liste d'attente de personnes en attente d'une greffe en Estrie de 4 %. C'est la première fois que le CHUS réussit à réduire le nombre de noms inscrits sur cette liste. DrD'Aragon explique ce résultat par le travail de formation et de sensibilisation réalisé auprès de tous les professionnels de la santé.

L'intensiviste mentionne qu'un processus d'identification des donneurs a également été mis en place. Celui-ci facilite les démarches, en plus de réduire le nombre de refus de la part des familles.

« Une personne doit remplir trois critères particuliers et avoir un pronostic sombre pour être identifiée comme donneur potentiel. Dès lors, le médecin traitant signale cette information à une infirmière-ressource formée pour interagir avec la famille lorsque le décès neurologique sera confirmé. Celle-ci informera la famille sur ce qu'est exactement un décès neurologique en plus de la renseigner sur les démarches à suivre pour le don d'organes. Elle la laissera cheminer et l'accompagnera là-dedans », explique-t-il.

Refus

En 2015, 40 % des familles approchées ont refusé un don d'organes.

« Nous avons eu une légère baisse du nombre de refus, de 42 à 40 % de 2014 à 2015. Il faut comprendre que ces refus surviennent souvent à cause d'une mauvaise compréhension... Il ne faut pas oublier qu'il s'agit toujours d'une situation difficile pour une famille bien souvent dépassée par les événements », rappelle Dr D'Aragon.

Pour cette raison, le médecin considère qu'il est important de miser encore plus sur la sensibilisation et la formation du personnel.

« Nous avons réalisé beaucoup de travail dans la dernière année bénévolement. Nous n'avons reçu aucune aide financière pour faire ce que nous avons fait. Pourtant, le don d'organe a un impact économique important », souligne DrD'Aragon.

Selon Transplant Québec, seulement en 2015, ce sont 13,5 M$ d'économies qui ont été générées pour le système de santé québécois en raison de la bonne performance du don d'organes.

« Une étude réalisée par l'INESSS en 2009 démontrait qu'une greffe de rein permettait à l'État de sauver 50 000 $ par patient, pour la première année seulement - et ce montant s'additionne avec les années - comparativement à un patient qui est en attente d'une greffe et qui doit être sous dialyse », illustre l'intensiviste.

Le rein a d'ailleurs été l'organe le plus greffé en 2015, avec un total de 204 transplantations au Québec et 20 en Estrie.

« Au CHUS, 1 décès sur 100 est éligible au don d'un rein puisqu'il s'agit d'un organe résistant aux perturbations qui surviennent lors d'un décès neurologique. À l'inverse, 1 décès sur 882 est éligible au don des poumons. C'est un des organes les plus durs à transplanter, beaucoup plus que le coeur », précise Dr D'Aragon.

Nouveau visage du don d'organe

Longtemps, le visage du don d'organes était un jeune homme dans la vingtaine décédé dans un accident de voiture, explique le professeur.

Pourtant, la moyenne d'âge des donneurs au Québec est aujourd'hui de 54,5 ans.

« Le visage du don d'organes a changé avec le temps. Dans la majorité des cas, il s'agit du décès d'un homme causé par une hémorragie cérébrale avec des antécédents d'hypertension ou de maladie coronarienne. Et malgré cela, ils peuvent très bien donner certains organes qui permettront de sauver des vies », affirme Dr D'Aragon.

À preuve, en 2013, le CHUS a greffé les poumons d'un homme de 88 ans à une personne qui était gravement malade.

Dons d'organes en 2015

QUÉBEC

172 donneurs d'organes

549 transplantations

ESTRIE

16 donneurs d'organes

35 transplantations

40 % des familles approchées ont refusé un don d'organes

20,8 donneurs d'organes par million d'habitants

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