Eau mortelle : le décès pourrait être lié à plus d'un facteur

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La Tribune révélait mardi qu'un Drummondvillois de 47 ans a perdu la vie la semaine dernière après avoir ingurgité une trop grande quantité d'eau.

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Yanick Poisson
La Tribune

(SHERBROOKE) S'il admet que le fait de boire une trop grande quantité de liquide peut causer d'importants problèmes de santé, le psychiatre drummondvillois Luc Gilbert doute qu'il puisse s'agir de l'unique facteur contributif au décès de cet homme de 47 ans mort le 27 février.

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Yvon Garneau

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« Boire plus de cinq litres de liquide par jour lorsqu'on est sédentaire dans des conditions normales peut provoquer un déséquilibre des électrolytes et s'avérer problématique pour le cerveau. Il est fréquent que des gens se présentent à l'urgence un peu mêlés parce qu'ils manquent de sodium, mais pas de là à ce que ça provoque leur mort. Je ne connais pas ce patient du tout, je ne l'ai pas traité, mais je serais étonné qu'il soit mort à cause de l'eau, il doit y avoir un autre facteur contributif », explique le médecin.

Selon le Dr Gilbert, la victime devait avoir une condition sous-jacente à sa consommation de liquide comme une maladie, des problèmes cardiaques ou la consommation de substances contributives.

« En 25 ans de métier, je n'ai jamais vu quelqu'un mourir d'une intoxication à l'eau uniquement », statue-t-il.

La Tribune révélait mardi qu'un Drummondvillois de 47 ans a perdu la vie la semaine dernière après avoir ingurgité une trop grande quantité d'eau. Selon les analyses préliminaires menées par le coroner Yvon Garneau, la victime a été intoxiquée à l'H20. D'après le coroner, l'homme souffrait de potomanie, une forme de polydipsie psychologique. « Il s'agit d'une envie irrésistible de boire de grandes quantités d'eau. On retrouve cette pathologie chez des gens fragilisés mentalement, la plupart du temps », a expliqué M. Garneau.

De son côté, le psychiatre Luc Gilbert affirme que la potomanie est une condition relativement fréquente et très bien documentée. Le plus souvent, elle est associée à la schizophrénie. Les patients ressentent une envie compulsive de s'hydrater. Cette condition se traite par une modification de la médicamentation normalement prescrite pour les cas de schizophrénie, ainsi que par un contrôle physique de la consommation.

À titre indicatif, on estime que la consommation d'eau pour un adulte sédentaire, dans des conditions normales, devrait varier entre un et deux litres par jour. Cette quantité est appelée à augmenter en cas de chaleur et d'activité physique intense, mais peut tout de même devenir problématique lorsqu'on franchit le cap des cinq ou six litres par jour. Certaines personnes aux prises avec la potomanie peuvent engloutir jusqu'à dix litres d'eau quotidiennement.

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