Le parti Sherbrooke Citoyen voit le jour

Évelyne Beaudin et Raymond Gaudreault, deux instigateurs du parti... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Évelyne Beaudin et Raymond Gaudreault, deux instigateurs du parti politique Sherbrooke Citoyen, ont qualifié de succès l'assemblée de formation de l'organisation.

Spectre média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Le parti politique municipal Sherbrooke Citoyen a vu le jour dimanche. C'est le nom choisi à majorité par les participants à l'assemblée d'un nouveau parti politique à l'origine duquel se trouvent les citoyens Évelyne Beaudin et Raymond Gaudreault. Au centre communautaire de l'arrondissement de Jacques-Cartier, ils étaient au moins 85 à s'être réunis pour discuter des orientations de la nouvelle formation politique.

À l'ordre du jour, le regroupement qui compte présenter un candidat à la mairie de même qu'un aspirant conseiller dans chacun des districts aux élections de 2017 avait pour objectif de définir les orientations stratégiques et le nom du parti, de choisir une structure pour le parti et d'élire un comité exécutif temporaire dont le chef ne pourra pas se présenter à la mairie.

« On veut créer un espace où les citoyens pourront proposer des nouvelles idées et avoir une influence sur leur milieu. C'est vraiment de donner un maximum de pouvoir au citoyen pour qu'il puisse faire valoir ses idées et pour changer les façons de faire dans la ville de Sherbrooke. On ne veut pas juste avoir des idées : on veut les mettre en action. Surtout, on veut éviter de devenir une machine électorale », explique Évelyne Beaudin.

En plus des membres affichés du parti, de simples citoyens et des observateurs se sont aussi présentés. Par exemple, des membres du Renouveau sherbrookois avaient été invités à titre d'observateurs par souci de transparence. Ils n'avaient toutefois pas le droit de voter.

« Sous la forme d'ateliers, on demande aux personnes présentes leurs opinions, leurs idées. On trouvait ça normal que ce soient les militants qui choisissent le nom du parti. L'exécutif élu aujourd'hui ramènera tout ça en assemblée générale pour proposer une nouvelle plateforme », raconte Raymond Gaudreault à propos du déroulement de l'après-midi.

Le nom du parti suscitait beaucoup de curiosité. Après avoir recueilli des suggestions comme Horizon Sherbrooke, Ensemble pour Sherbrooke et Solidarité Sherbrooke, un nom qui a été écarté notamment à cause de l'acronyme qui en découlerait, c'est Sherbrooke Citoyen qui a obtenu la faveur de la majorité.

Les discussions ont débordé autour des cinq orientations stratégiques qui devraient guider le parti dans ses actions, si bien qu'aucune décision officielle n'a été rendue. Le comité exécutif provisoire devra tenir compte des suggestions évoquées et des commentaires dans les cahiers des participants pour faire ressortir les priorités. Les gros traits tracés dimanche tournaient toutefois autour du développement durable, de l'implication citoyenne, de la création de richesse, du respect des identités locales ou des particularités des districts et de la qualité de vie et de la sécurité des citoyens.

Les participants ont aussi manqué de temps pour s'entendre sur la structure du parti. Le droit de vote des membres, l'éthique et l'équilibre hommes-femmes n'ont pas été abordés. La cotisation pour devenir membre a été fixée à 5 $. Une proposition pour permettre une cotisation volontaire plus élevée à ceux qui le souhaiteraient a été rejetée. Il a aussi été convenu que le comité exécutif temporaire compterait sept membres et que la première assemblée annuelle devrait compter un minimum de 10 % des membres ou de 20 personnes. Le chiffre le plus élevé des deux servira de référence.

« Nous avons décidé d'attendre plus près des élections pour déterminer qui sera notre candidat à la mairie. C'est aussi pour donner un peu plus de place aux gens qui voudraient y réfléchir dans les prochaines semaines. L'objectif est plutôt de remplir les exigences minimales du Directeur général des élections (DGE) pour être autorisé officiellement comme parti politique », raconte Évelyne Beaudin, qui a été élue au comité exécutif temporaire.

Les autres membres de ce comité sont Raymond Gaudreault, Denis Demers, Caroline McDonald, Michael Jacques, Rocio Galvan et Marilyne Fontaine.

Une demande d'autorisation du parti sera maintenant déposée au DGE avec la liste des membres, qui doit compter au moins 100 noms. Les vérifications pour déterminer la validité de la demande pourraient prendre entre deux et trois mois. Entretemps, les membres de l'exécutif plancheront sur les statuts et règlements. Une fois la réponse du DGE obtenue, une assemblée annuelle sera convoquée, à la fin du printemps ou à l'automne. Des assemblées d'investiture pour chacun des districts seront aussi organisées.

Enfin, Évelyne Beaudin s'est dite satisfaite de la participation dimanche. « Sur Facebook, une trentaine de personnes avaient confirmé. Ça démontre que les gens venaient de différents milieux. C'est un nombre au-dessus de nos attentes. Nous avons même manqué de cahiers de participant. Déjà au départ, c'est un succès que les gens prennent leur dimanche après-midi de la semaine de relâche pour venir parler de politique municipale. »

Des visages connus s'intéressent au nouveau parti politique

Plusieurs visages connus se trouvaient dans la salle lors de l'assemblée de création du parti Sherbrooke Citoyen dimanche. Si certains d'entre eux agissaient comme observateurs, d'autres ont pris part de façon active aux discussions.

La présidente du Conseil de la culture de l'Estrie, Sylvie L. Bergeron, était probablement la plus connue du lot. Comme observatrice, elle espérait rappeler l'importance de la culture. Selon elle, il reste beaucoup de travail à faire pour convaincre les décideurs à l'échelle municipale.

« Le seul point qui n'a pas été mis sur la table est celui de la culture. Dans le développement durable, dans la qualité de vie, dans la création de richesse, la culture joue un rôle important, mais personne n'en a parlé. Est-ce à dire que nous tenons la culture pour acquise ou est-ce qu'elle est trop souvent oubliée? Dans le cahier des participants, j'ai laissé des notes à cet effet. On va les influencer en ce sens-là. »

L'ancien candidat du district d'Ascot, Edwin Moreno, également président de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie, ne savait toujours pas si l'idée de joindre un parti lui plaisait. « J'attends de voir ce qu'ils proposent et aussi comment s'organise l'élection de 2017. Je serai candidat, mais stratégiquement, tout dépendra des intentions de M. [Robert] Pouliot. S'il ne revient pas, appuiera-t-il un candidat? Je ne veux pas être comme certains candidats du Renouveau qui ont été élus et qui ne parlent plus. Je ne veux pas me sentir menotté. »

M. Moreno ne reproche rien à la gestion du maire Bernard Sévigny, mais il n'apprécie pas la façon dont le parti communique avec les citoyens.

L'ancien gardien de prison et grand bénévole Claude LeBlanc n'avait pas caché qu'il serait présent, lui qui garde une porte ouverte pour se présenter contre la maire Bernard Sévigny aux élections de 2017. Près de lui se trouvait Albert Painchaud, ex-directeur de Cité des rivières et organisateur politique connu.

Les membres actifs du groupe Contre la disparition de Brompton, dont Pierre Meese et Lyne Moreau, ont aussi été des participants bien en vue.

Enfin, les deux ex-candidats à la mairie Denis Pellerin et Hubert Richard ont fait acte de présence. Le premier faisait surtout preuve de curiosité et ne se disait toujours pas convaincu par le concept de parti. Le second avait enfilé sa célèbre tunique verte.

Aucun conseiller municipal n'a pu être aperçu dimanche. Thomas Bilodeau, qui songe lui aussi à lancer son propre parti, n'était pas présent non plus.

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