Détente à vendre

« Nous avons toujours eu un souci d'appartenance... (Archives, La Tribune)

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« Nous avons toujours eu un souci d'appartenance et de rayonnement de notre région. Qu'on dise que nous sommes représentatifs des Cantons-de-l'Est me semble une façon de valoriser les personnes, notamment les gens travaillant à cultiver la terre pour nourrir leurs pairs ou dans des champs comme ceux de Bleu Lavande. Ça donne un visage humain à notre région », juge Dom Minier, responsable du service de l'hôtellerie à l'Abbaye.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Comment positionner efficacement la région touristique des Cantons-de-l'Est sur les marchés extérieurs?

La question ne se posait pas il y a 30 ans. L'Estrie se vendait à ski.

« On aurait eu le casino et une grosse station touristique que logiquement, on aurait misé dessus. On aurait mis ces moteurs en vitrine. Nos concepts de mise en marché auraient évolué au fil des ans, mais il aurait été difficile de se donner une image aussi rassembleuse que celle que nous avons maintenant », explique Alain Larouche.

La photo accompagnant cette chronique est celle que l'association touristique régionale utilisera à profusion cette année : cadre champêtre, environnement apaisant et, une fois de plus, l'Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac bien en évidence.

« Nous avons essuyé des reproches dans le passé, car certains y voyaient la promotion d'un symbole religieux. Il ne faut absolument pas le percevoir ainsi. Les moines incarnent la sérénité de nos paysages, leur monastère est synonyme de paix intérieure et leurs valeurs sont inspirantes », fait valoir le directeur général de Tourisme des Cantons-de-l'Est.

La communauté, elle, retire de cette visibilité une notoriété utile pour le maintien des activités économiques par lesquelles elle assure sa subsistance.

« Nous avons toujours eu un souci d'appartenance et de rayonnement de notre région. Qu'on dise que nous sommes représentatifs des Cantons-de-l'Est me semble une façon de valoriser les personnes, notamment les gens travaillant à cultiver la terre pour nourrir leurs pairs ou dans des champs comme ceux de Bleu Lavande. Ça donne un visage humain à notre région », juge Dom Minier, responsable du service de l'hôtellerie à l'Abbaye.

Dom Minier a longtemps dirigé la fromagerie des pères de Saint-Benoît-du-Lac.

« Jean et Johanne Provencher, de la Laiterie de Coaticook, sont venus apprendre dans mon "laboratoire". J'ai participé au développement de la Fromagerie La Chaudière de Lac-Mégantic. Les succès de ces deux entreprises me réjouissent au plus haut point », confie-t-il.

Allez sur la terrasse de la Laiterie de Coaticook ou sur celle de la Fromagerie La Chaudière un soir d'été, vous allez voir qu'il y a du monde à la messe. Sans connotation religieuse, évidemment!

Mettons qu'on est assez loin des signes de piastres d'un casino.

« Les Estriens n'ont jamais été trop emballés par cette idée. Une certaine sagesse collective nous faisait douter que ce soit le bon modèle. Je ne sais pas... Chose certaine, le temps a prouvé qu'il y avait d'autres chemins, d'autres moyens. Ce mode de développement éclaté est moins spectaculaire, mais il répand sûrement de manière plus équitable les retombées du tourisme », juge trois décennies plus tard Maurice Bernier, qui est par la suite devenu député, préfet de la MRC du Granit et président de la défunte Conférence régionale des élus de l'Estrie.

« Chaque localité a su conserver son identité, a l'opportunité de trouver les bons moyens pour se mettre en valeur. Foresta Lumina, à Coaticook, en est un très bel exemple. En même temps, plus personne ne semble remettre en cause l'appartenance à Tourisme des Cantons-de-l'Est. Il a fallu beaucoup d'efforts pour cimenter toutes les opinions. Une partie du mérite revient assurément à Alain Larouche », insiste Jocelyna Dubuc.

M. Larouche soutient que les investissements touristiques totalisent 300 M$ depuis dix ans dans les Cantons-de-l'Est.

« À 700 M$ de retombées par année, on doit commencer à exister pour vrai! Dommage que l'industrie ne reçoive pas plus de reconnaissance que ça dans le milieu des affaires », déplore le bâtisseur aux portes de la retraite.

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