Les joies d'une improbable amitié

Vivant une grande solitude, la Sherbrookoise Carmen Goulet... (Spectre Média, René Marquis)

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Vivant une grande solitude, la Sherbrookoise Carmen Goulet a trouvé une nouvelle raison de vivre à travers les visites hebdomadaires de Samir Tassoufra, son ami du Réseau d'amis de Sherbrooke.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) L'amitié emprunte parfois des sentiers improbables. Carmen Goulet et Samir Tassoufra peuvent en témoigner, eux qui se côtoient depuis bientôt un an, grâce au Réseau d'amis de Sherbrooke.

Originaire de Sherbrooke, Mme Goulet a 75 ans, vit en résidence et fréquente peu sa famille.

Originaire du Maroc, Samir en a 34; il est arrivé à Sherbrooke en août 2013, seul, pour étudier en administration et se bâtir une vie.

Chaque semaine, le duo se voit, discute, sort prendre un café, fait des courses, décore le chez-soi de Mme Goulet pour les occasions spéciales, bref, fait ce que font des amis de toujours.

« Chaque fois on s'améliore et on essaie de sortir de la routine, raconte Samir. Pendant tout ce temps, j'ai peut-être raté un rendez-vous? C'est une simple question d'organisation et de volonté. Si on veut vraiment voir la personne, on trouvera. »

« J'ai tellement vécu de la solitude et du cafard, maintenant je sais que Samir va passer chaque semaine. Ça me donne une raison de vivre et de continuer, confie Mme Goulet. Cela m'apporte énormément de joie, de bonheur et d'amour. À travers nos rencontres, on est devenus plus que des amis, on est comme frère et soeur! »

Carmen Goulet connaissait déjà le Réseau d'amis depuis une douzaine d'années, surtout pour son service d'accompagnement-transport.

Samir Tassoufra a découvert son service de jumelage à leur stand d'un salon de l'emploi. « Chez nous aussi (au Maroc), on fait du bénévolat, mais dans un cadre moins structuré. J'ai trouvé le concept très intéressant. »

Sans famille au Québec, le Sherbrookois d'adoption y a vu une belle façon de découvrir l'autre culture. « Mais je le fais surtout pour apporter de l'aide, dans le sens le plus noble du geste. »

Responsable des jumelages au Réseau d'amis, Carole Houde est visiblement fière d'avoir pu mettre en relation ces deux personnes que tout semble séparer à première vue. « Ils représentent notre idéal de jumelage », glisse-t-elle en écoutant Samir et Carmen raconter leur amitié.

Le Réseau d'amis de Sherbrooke fait dans la visite amicale depuis 1975. En ce moment, il compte 72 équipes en jumelage, mais les besoins sont grands, souvent référés par les services sociaux. Et le recrutement de bénévoles est un travail incessant.

Mme Houde a toutefois plusieurs belles histoires en réserve pour convaincre de la pertinence du service et de la richesse de l'expérience qu'il procure. À commencer par cette amitié qui a duré pas moins de 22 ans...

Samir Tassoufra sourit à l'idée, lui qui ne ménage aucun effort pour entretenir son amitié avec Mme Goulet.

Par exemple, à sa collation des grades, l'automne dernier, il l'avait invitée en lui disant qu'elle serait la plus belle des mamans! « Elle m'a donné un grand soutien émotionnel », témoigne-t-il.

« Plein de surprises »

À l'anniversaire de Carmen, il a retrouvé pour elle un ami cher qui fait du missionnariat en Haïti et leur a organisé un rendez-vous virtuel sur Skype.

Parfois aussi, avec son amie de coeur, ils passent chercher Mme Goulet simplement pour faire des courses.

« C'est ce que j'admire chez Samir, réagit la dame. Il est plein de surprises! Parfois on va prendre un café quelque part ou simplement faire une balade en auto. Il est respectueux, ponctuel, discret... Et puis il sent bon! »

« Je pense que la meilleure façon de faire durer ces relations, c'est d'intégrer les personnes dans notre vie de tous les jours », réplique avec modestie le trentenaire qui, malgré sa carrière naissante, entend bien continuer à visiter Carmen sur une base hebdomadaire. Et même si cela fait des jalouses à la résidence Sainte-Jeanne-d'Arc!

« C'est une grande responsabilité, convient-il devant les attentes exprimées par Mme Goulet, mais ce n'est pas une responsabilité stressante. Au contraire, ça me donne beaucoup d'énergie. »

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