Les municipalités du Québec à un tournant

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Les municipalités du Québec se trouvent à un tournant qui profitera véritablement aux citoyens, fait valoir la présidente de l'Union des municipalités du Québec Suzanne Roy.

Spectre Média, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Les municipalités du Québec se trouvent à un tournant qui profitera véritablement aux citoyens, fait valoir la présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) Suzanne Roy. D'ici la fin de l'année, elle espère avoir terminé la révision du cadre des relations de travail dans le secteur municipal et avoir obtenu une loi-cadre pour la reconnaissance du rôle et des responsabilités des municipalités.

Mais concrètement, quels seront les avantages pour les citoyens? « Ça veut dire que tes élus vont mieux contrôler le compte de taxes. Ils ne pourront plus dire qu'ils n'ont pas de pouvoir de négociation et que ce n'est pas de leur faute si on ne peut pas modifier la limite de vitesse dans une courbe. »

Les municipalités ont d'ores et déjà obtenu de pouvoir fixer le salaire de leurs employés si les négociations achoppent. « Quand on parle de la rémunération globale, c'est près de 50 % de nos budgets. Quand on a peu ou pas de contrôle sur les dépenses d'une municipalité, mais qu'on doit répondre du cadre de taxes, c'est qu'il y a des choses qui doivent être revues et rééquilibrées. Je me sers de Sherbrooke comme exemple, où plusieurs conventions collectives étaient signées et une dernière convention s'est réglée en arbitrage, avec des clauses remorques. Tout le monde a pris la spirale vers le haut. C'est important de contrôler cette partie-là des dépenses. »

Mais Suzanne Roy croit que la plupart des municipalités n'auront jamais à utiliser ce droit de décréter les conditions de travail de leurs employés. « On veut négocier de bonne foi avec nos employés et s'il y a une impossibilité de nous entendre, que ce ne soit pas un arbitre qui tranche, parce que c'est quelqu'un qui n'a pas dans ses critères la capacité de payer des citoyens. Il devra y avoir vérification par un tiers qu'il y a eu négociation de bonne foi des deux côtés. »

Les Villes cherchent aussi à réduire la reddition de comptes envers le gouvernement du Québec, tel que le suggère un rapport rédigé par l'ex-maire de Sherbrooke Jean Perreault.

 2,5 millions d'heures 

« Le rapport Perreault nous parle de 2,5 millions d'heures en reddition de compte. Sur ces 2,5 millions d'heures dans le monde municipal, il y en a peut-être un million qui sont vraiment nécessaires. Le maire de Drummondville, par exemple, a reçu une lettre de sept feuilles pour une aide financière de 878 $. Sept feuilles que Québec a envoyées à Drummond, que Drummond doit remplir et retourner à Québec, pour une subvention de 878 $. Ç'a coûté plus cher en administration et en paperasse qu'en aide financière. »

Entretemps, les négociations pour une loi pour reconnaître le rôle des municipalités vont... lentement. Avec un objectif d'entente pour l'automne. « Pour en arriver à la loi-cadre pour reconnaître le rôle et les responsabilités des municipalités, il y a déjà beaucoup de travaux qui sont commencés. On prend les éléments un par un et on les regarde. Il en reste autant à faire qu'il y en a de fait et je vous mentirais si je vous disais que je ne sens pas nécessairement une résistance de la fonction publique. Chaque fois qu'on arrive avec un assouplissement, on voit deux contrôles arriver. C'est une culture à changer, et une culture, ça ne se change pas en six mois. On réussit à avancer, mais ça demande beaucoup d'énergie. Si on veut que le citoyen qui entre dans la salle du conseil municipal ait des réponses à ses questions, il faut aller au bout du cheminement. On ne peut pas faire une "réformite". Quand la volonté politique est là, on est capable de contourner les obstacles. »

Suzanne Roy se félicite néanmoins des gains effectués dans la dernière entente Québec-Municipalités. Elle cite entre autres la possibilité, pour les Villes qui effectuent les travaux en régie, d'inclure le salaire des employés municipaux dans les programmes de soutien du gouvernement du Québec.

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