Infrastructures : l'UMQ lance un cri d'alarme

Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du... (Archives, La Tribune)

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Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du Québec, déplore que l'argent du fédéral pour les infrastructures dorme toujours dans les coffres du gouvernement au lieu d'être sur le terrain.

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(SHERBROOKE) Les municipalités du Québec ont passé une autre année sans pouvoir toucher les sommes réservées au Fonds Chantiers Canada-Québec, une situation que déplore la présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), la mairesse de Sainte-Julie Suzanne Roy. De passage en table éditoriale à La Tribune, Mme Roy a lancé un cri d'alarme à la veille des budgets des gouvernements provincial et fédéral.

« Il y a effectivement un déficit en matière d'infrastructures. On constate qu'on a plus de 1,5 G$ qui, depuis deux ans, dort à Ottawa parce que le Fonds Chantier Canada-Québec n'est pas signé. Ce sont des fonds dont on a besoin et nous sommes la seule province qui n'a pas d'entente, encore une fois. On a perdu deux saisons de soutien financier et on craint d'en perdre une troisième », avance Mme Roy.

« À la veille des budgets, tant du Québec que d'Ottawa, il y a un cri d'alarme qu'on a envie de lancer et de dire que pour créer de la prospérité économique, créer de la richesse et maintenir nos infrastructures, il faut que ces programmes-là ne dorment pas dans les coffres des gouvernements. Il faut qu'ils soient sur le terrain, qu'ils fassent travailler le monde et qu'ils améliorent les infrastructures. Nous disons oui à un budget, mais à un budget qui sera concret. Il faut que la bonne nouvelle se transforme en actions. »

L'investissement dans les infrastructures était un engagement de l'équipe libérale lors des dernières élections fédérales et Suzanne Roy est consciente que les nouveaux députés et ministres viennent à peine d'être élus. « Ils nous disent que l'argent sera là, mais s'ils annoncent des millions, même s'ils restent à Ottawa, ça ne crée pas l'impact que ça doit avoir dans les municipalités. Vous devez vous assurer tant au provincial qu'au fédéral que l'argent sortira. Et vraiment, on les harcèle, parce qu'on veut cet argent dans nos rues et dans nos infrastructures. »

Selon Suzanne Roy, l'absence de ces fonds a un impact direct sur le portefeuille des contribuables. « Pour nous, de perdre deux saisons, et possiblement une troisième, ça se traduit dans les comptes de taxes parce que nous devons faire les interventions urgentes même si les fonds dorment dans les coffres des gouvernements. Ça crée un gonflement des prix, parce que si nous avons deux ans de moins pour réaliser un programme de cinq ans et qu'on investit tous dans la même chose, les prix vont gonfler, alors ça nous coûtera plus cher à nous contribuables. »

Autres demandes

Parmi les autres demandes envoyées aux gouvernements se trouve celle de tenir compte des priorités des municipalités. « Ne nous alignez pas tous sur les mêmes priorités. Nous savons ce qui est urgent chez nous. »

Et si elle ne croit pas triompher à court terme, Suzanne Roy continue de plaider pour une diversification dans le financement des municipalités. La taxe foncière ne suffit plus, mais la suggestion de verser l'équivalent d'un point de pourcentage de taxe aux villes de la province n'a pas été accueillie favorablement à Québec. « Il n'y a pas d'ouverture à court terme, mais 1000 fois sur le métier je remettrai parce que nous ferons face à un cul-de-sac en matière de financement des municipalités. Nous offrons 60 % du service à la personne, mais 85 % de nos revenus ne sont que fonciers.

« Un des éléments en termes de changements climatiques est d'aménager nos municipalités autrement avec du transport alternatif et collectif, entre autres, mais tant que 85 % des tes revenus sont de l'impôt foncier, la façon de faire vivre une ville est de développer et de créer de la nouvelle richesse foncière. Nous n'aurons donc pas trop des trois prochaines années pour convaincre le gouvernement qu'il faut aller chercher un point de taxe. Ce n'est pas parce que la première fois on s'est fait dire non qu'on ne continuera pas à le demander. »

Entretemps, pour donner un coup de pouce aux municipalités, la présidente de l'UMQ suggère que le gouvernement du Québec paie 100 % de ses impôts fonciers « comme tous les autres citoyens ». « En ce moment, pour les hôpitaux, pour les universités, ce sont les citoyens qui compensent. »

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