L'école alternative en croissance au Québec... et en Estrie

Un groupe de parents souhaite qu'un volet alternatif... (Spectre Média, René Marquis)

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Un groupe de parents souhaite qu'un volet alternatif voie le jour à l'école primaire La Chanterelle. Il sonde actuellement la population sur le sujet par un sondage. On aperçoit sur la photo des parents du groupe ainsi que leurs enfants : Andy Jacques, Léa Ruel, Alixia Bernard, Maeva Bernard, Marie-Claude Laflamme Bérubé, Dany Couture et Esteban Jacques.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) L'engouement pour l'école alternative se fait sentir en Estrie : deux projets sont sur la table dans la région. À Valcourt, un groupe de parents souhaite démarrer un volet alternatif à l'école primaire La Chanterelle. Dans le secteur d'Orford et des municipalités environnantes, des parents souhaitent aussi qu'une école alternative voie le jour, à Magog ou à Orford.

À Valcourt, c'est à la suite de la mobilisation citoyenne « Valcourt 2030 » qu'est née l'idée de démarrer un volet alternatif à l'école La Chanterelle, la seule école primaire de la municipalité. Un groupe constitué de cinq ou six parents souhaitent que ce volet alternatif puisse démarrer à la rentrée scolaire 2017.

Au cours de l'exercice de mobilisation, la diversité scolaire est ressortie parmi les points importants, indique Marie-Claude Laflamme-Bérubé, une mère impliquée dans le dossier.

« Toutes sortes d'idées sont ressorties. L'idée d'une école alternative a été nommée. »

Différentes idées ont été soulevées et des comités doivent plancher sur différents thèmes, dont la diversité scolaire. « On a été un plus vite, on s'est dissocié de ça ». Le groupe de parents a pour sa part commencé à plancher sur l'ajout d'un volet alternatif.

Le scénario privilégié serait de démarrer un « volet alternatif » à la Chanterelle. Une telle option permettrait entre autres de réduire les démarches et de garder dans leur milieu les élèves qui fréquentent déjà l'établissement. « On est en discussion avec l'école. » Le projet a été présenté au conseil d'établissement, selon Mme Laflamme-Bérubé, et attend des nouvelles.

Le groupe n'écarte cependant aucune possibilité.

« L'autre option, ce serait de faire une école à part ou d'aller vers une autre école. On ne laisse pas de porte fermée », note Mme Laflamme-Bérubé.

Un sondage circule actuellement sur Facebook afin de prendre le pouls de la population sur cette initiative. Quelque 62 familles de la région ont répondu au sondage; celles-ci représentent 79 enfants d'âge scolaire en 2017.

Selon les dernières données, les parents de 42 enfants en âge scolaire seraient prêts à se tourner vers l'éducation alternative en 2017. La réponse a été « peut-être » pour 36 enfants et non pour un enfant.

La Commission scolaire des Sommets (CSS) ne veut pas, pour sa part, court-circuiter les démarches de Valcourt 2030. Directrice générale adjointe à la CSS, Édith Pelletier souligne qu'un « projet éducatif » est « quelque chose qui doit se faire avec le milieu ». « J'ai toujours cru qu'un projet ne peut pas être parachuté. Ça doit partir de la base ». 

« Présentement, je ne suis pas certaine que ce projet-là répond aux besoins de la majorité », note Mme Pelletier, en soulignant que d'autres projets ont aussi été soulevés dans le cadre de Valcourt 2030, dont la création d'un programme d'anglais intensif ou de robotique.

Parallèlement, dans le secteur d'Orford et des municipalités environnantes, des parents caressent un projet d'école alternative. 

Résidante d'Orford, mère impliquée dans le dossier de la création d'une école, Marie-Pier Jolicoeur précise que le projet est à l'état embryonnaire. Une première rencontre a eu lieu récemment; celle-ci a réuni une douzaine de personnes, et une autre est prévue cette semaine. Aucun contact n'avait encore été fait auprès de la CSS.

Où cette école pourrait-elle voir le jour? « Il faudrait trouver une région centrale », note Mme Jolicoeur, en soulignant que les élèves pourraient notamment provenir d'Eastman, de Ste-Étienne-de-Bolton, d'Orford. Le scénario d'un emplacement à Magog est évoqué, mais les écoles du secteur sont bien remplies. « Orford pourrait être une option », avance Mme Jolicoeur, en rappelant qu'il n'y a pas d'école. 

Quant à l'échéancier, elle avance 2017 ou 2018.

Elle en profite pour lancer un appel à tous, pour les parents et les enseignants qui souhaitent s'impliquer. Une page Facebook a également été créée.

Boom pour l'enseignement alternatif au Québec

La création d'écoles alternatives est en croissance dans la province. Au Québec, une vingtaine de projets sont en cours en ce moment, soit pour fonder une école alternative ou encore pour ajouter un volet alternatif à la formation d'une école. « Ces projets sont à différents stades », précise le responsable des communications du Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (REPAQ), Pierre Chénier.

Le réseau regroupe 32 écoles alternatives de la province, dont l'Écollectif, à Sherbrooke. Des parents de Valcourt, qui souhaitent que leurs enfants puissent bénéficier de ce type d'enseignement dans la petite municipalité, ont d'ailleurs visité l'Écollectif afin de mener leur projet.

Qu'est-ce qui caractérise les écoles alternatives?

Plutôt que de mettre l'accent sur la transmission des connaissances, elles misent principalement sur l'apprentissage et le développement des enfants. Leur programme pédagogique est centré sur « la réalisation du projet personnel de l'élève ». « Cette approche permet d'optimiser le développement global de l'enfant, tant au niveau cognitif, que moral, langagier, socioaffectif, psychomoteur et neurologique », décrit le REPAQ.

Autre caractéristique : l'engagement des parents, dont le rôle est valorisé comme « coéducateurs et cogestionnaires de l'école ». On retrouve aussi des groupes multiâges, où l'accent est mis sur le partage et la coopération.

Selon M. Chénier, si tous les projets se concrétisaient, le réseau pourrait grossir de 60 %. Il s'agit toutefois du scénario optimiste.

« Cette volonté-là se bute à la bureaucratie. Les parents veulent le travailler avec le système, il faut qu'il le comprenne, le convainque », commente M. Chénier. « Ça prend au moins trois ans avant de voir se réaliser un projet (NDLR : une école alternative ou l'ajout d'un volet alternatif) dans une école. » En outre, avec le projet de loi 86 (sur la gouvernance scolaire), les commissions scolaires ont l'impression de marcher sur des oeufs et ne veulent pas s'engager dans des voies qu'elles regretteraient par la suite, estime M. Chénier.

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