L'apport de la communauté noire en trois portraits d'exception

Pedro D'Orléans-Juste... (Photo fournie)

Agrandir

Pedro D'Orléans-Juste

Photo fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Pour clore le mois de l'histoire des Noirs, La Tribune souligne, avec la collaboration de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie, l'apport de ces derniers dans la région estrienne. Portrait de trois membres de la communauté noire qui ont contribué au développement de la société par leur implication dans les secteurs communautaire, sportif et celui de la santé.

Homme de savoir de calibre mondial

Pedro D'Orléans-Juste, fils d'un père haïtien et d'une mère sherbrookoise, est un modèle dans la communauté sherbrookoise du savoir. Et il rayonne bien au-delà des frontières de la région. Détenteur d'une maîtrise et d'un doctorat en pharmacologie de la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, Dr D'Orléans-Juste a ensuite poursuivi ses études post-doctorales sous la direction de feu Sir John Vane, prix Nobel de médecine. Il travaille au département de pharmacologie depuis plus de 26 ans et a signé des centaines de publications scientifiques. L'homme figure parmi les 100 pharmacologues les plus cités au monde dans la dernière décennie.

Il a été le président scientifique de la Fondation des maladies du coeur du Québec pendant de nombreuses années. Il a aussi été, entre 2009 et 2015, le directeur d'une initiative toute sherbrookoise, le Centre Universitaire d'Enrichissement de la Formation à la Recherche. « Discuter de rayonnement et de carrière scientifique pendant des heures avec des centaines de doctorants et post-doctorants en Médecine, Sciences et Génie a certainement été une des activités les plus gratifiantes de ma carrière » dit le professeur D'Orléans-Juste.

Les recherches du Dr D'Orléans-Juste portent sur une protéine produite par une fine couche cellulaire qu'on retrouve à l'intérieur de tous les vaisseaux sanguins. Lorsqu'elle est injectée par voie intraveineuse dans le système, elle cause une importante augmentation de la pression artérielle.

Le professeur et ancien directeur de l'axe de recherche sur les maladies cardiovasculaires au CRC Étienne-Le Bel du CHUS tente donc de développer une molécule

qui réduirait la production de cette protéine dans la circulation sanguine.

« Ce qu'on vise à moyen terme, c'est une nouvelle classe d'agents qui pourraient être efficaces contre l'artériosclérose, l'infarctus du myocarde et des maladies inflammatoires telle la sclérose en plaques; mes étudiants diplômés ont déjà mis en place des modèles au laboratoire qui sont prometteurs », explique-t-il.

Freddy Bopaka... (Photo fournie) - image 2.0

Agrandir

Freddy Bopaka

Photo fournie

Une main tendue par un homme de coeur

Originaire du Congo, Freddy Bopaka complétait sa maîtrise en théologie à l'Université de Sherbrooke lorsqu'il a constaté un vide social en ce qui concerne les ressources disponibles pour venir en aide aux personnes sortant de centres de désintoxication. C'est pourquoi, en 2006, il crée le Carrefour de l'Espoir, un organisme sans but lucratif qui offre des services de réinsertion sociale postcure. Depuis, le centre d'hébergement accueille des hommes de 18 ans et plus qui souffrent de problèmes de dépendance.

« J'ai senti le besoin d'être utile. Je souhaitais aider ces personnes à consolider les outils acquis lors de leurs traitements en désintoxication et les aider à retrouver une vie normale. Aujourd'hui, le Carrefour peut accueillir 13 usagers à la fois pour des séjours de trois mois renouvelables. En moyenne, les gens demeurent chez nous six mois », indique M. Bopaka.

Le Carrefour de l'Espoir héberge une cinquantaine d'usagers par année. « Mais 2015 a été une année record. Nous avons reçu 64 personnes », relate le directeur général qui attribue cette hausse aux changements récents affectant les prestataires d'aide sociale qui correspond au profil de la grande majorité de sa clientèle.

« Le taux de réussite pour les toxicomanes demeurent trop faible. Mais nous sommes très fiers lorsqu'un d'entre eux prend le contrôle sur sa consommation et apprend à vivre dans la sobriété. Nous avons des histoires qui finissent bien. Comme celle de cet homme qui est rendu gérant dans un restaurant bien connu de la région et cet autre homme qui travaille maintenant avec nous », souligne M. Bopaka précisant que huit employés et bénévoles travaillent au Carrefour de l'Espoir.

Armand Mbatika... (Photo Spectre Média, Maxime Picard) - image 3.0

Agrandir

Armand Mbatika

Photo Spectre Média, Maxime Picard

Sport d'équipe, homme de communauté

Le Congolais Armand Mbatika a contribué à l'instauration de la pratique du soccer dans la région. Quand il est arrivé en Estrie dans les années 1970, le soccer était un sport méconnu de la population. Après quelques années comme joueur et entraîneur adjoint à Sherbrooke, M. Mbatika déménage à Coaticook pour des raisons professionnelles et c'est en 1977 qu'il fonde le club de soccer mixte de la région de Coaticook-Compton.

« Ce sport universel fait partie de ma culture. Il permet des rapprochements et la diffusion de valeurs éducatives et de santé. J'ai voulu le partager avec les jeunes de ma ville d'adoption », note-t-il ajoutant qu'il a eu une très belle collaboration de tous les acteurs de la région.

À sa première saison, le club compte 15 garçons et deux filles.

« La première équipe a joué un rôle historique dans la promotion de ce sport en gagnant avec panache tous les titres dès leur première participation au championnat régional. Elle était composée de jeunes originaires de la région, mais on les surnommait les Brésiliens à cause de leurs performances qui servent encore de référence », raconte M. Mbatika qui est professeur en francisation au Cégep de Sherbrooke depuis une quinzaine d'années.

Aujourd'hui le club de soccer de Coaticook-Compton compte plus de 600 joueurs. C'est au sein d'une de ses équipes que la joueuse professionnelle Josée Bélanger a d'ailleurs fait ses débuts.

L'implication de M. Mbatika dans le sport l'a mené au-delà des frontières de sa région. Il a notamment été entraîneur adjoint de l'équipe de soccer aux Jeux du Québec de Montréal et entraîneur de l'équipe CISE lors d'une Coupe du Québec.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer