La rivière Coaticook ne donne pas de répit

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En bordure de la route147 entre Coaticook et Compton, la rivière Coaticook est sortie de son lit en de nombreux endroits, inondant en grande partie des terres agricoles.

La Tribune, Maryse Carbonneau

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(COATICOOK) Une fonte printanière hâtive conjuguée à des pluies abondantes ont mis sur un pied d'alerte les autorités des municipalités de Coaticook, Compton et Waterville, toutes traversées par la rivière Coaticook.

Longeant la route 147 entre Coaticook et Compton, la rivière est sortie de son lit à de nombreux endroits. « Les zones inondées sont majoritairement des terres agricoles, précise Alain Beaulieu, responsable de l'urbanisme à la Municipalité de Compton. Nous avons aussi reçu quelques appels de citoyens situés en bordure du chemin Louis-St-Laurent et dont le sous-sol de leur résidence avait été inondé. »

Les chemins de la Station et Drouin ont dû être fermés à la circulation en raison d'un embâcle qui s'était formé au pont du chemin de la Station. « Nous avons défait l'embâcle jeudi matin et le niveau de l'eau a déjà commencé à baisser, rassure M. Beaulieu. Tandis que du côté de la rivière Moe, toutes les glaces sont parties, l'eau s'écoule librement et le débit est bon. Avec le froid qui est annoncé, la situation devrait s'améliorer. »

Embâcles successifs à Coaticook

À Coaticook on avait aussi le ruisseau Pratt à l'oeil, notamment après qu'un embâcle se soit créé mercredi soir entre 19 h et 20 h à la hauteur du pont de la rue Chartier. Le ruisseau n'est toutefois pas sorti de son lit. Une équipe de la Ville de Coaticook a été dépêchée sur place afin de briser les glaces. L'opération s'est répétée sur la rivière Coaticook où un deuxième embâcle s'était formé au petit matin vers 4 h à la hauteur du pont Georges-Vaillancourt situé sur la rue Main.

Durant ces événements, une résidence de la rue Laurence et le stade Julien-Morin ont été partiellement inondés, ainsi que trois résidences sur la rue Saint-Pierre. On note également des refoulements d'égouts sur la rue Saint-Jean-Baptiste.

Un troisième embâcle situé dans le secteur surnommé l'ancienne OTJ, en amont du centre-ville, s'est libéré tôt en début d'après-midi ce jeudi, mais on continuait de surveiller de près un quatrième embâcle toujours présent au pont à la jonction du chemin Nadeau et la route147.

« Nos équipes surveillent de près la rivière afin de suivre les mouvements qui pourraient avoir lieu lorsque l'embâcle cédera, ainsi que l'effet des précipitations prévues au cours de la journée de jeudi », conclut Shirley Lavertu, responsable des Communications à la Ville de Coaticook.

Une fonte printanière hâtive conjuguée à des... (Spectre Média, René Marquis) - image 2.0

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Spectre Média, René Marquis

Un résidant de Waterville prisonnier des glaces

Si la libération des embâcles à Coaticook et Compton a permis aux résidants de pousser un soupir de soulagement, en aval à Waterville il en allait tout autrement pour la famille de Kevin Ryan, dont la maison a littéralement été isolée par les glaces en bordure de la rivière Moe.

Bien que l'eau avait tranquillement commencé à se retirer jeudi après-midi, Kevin Ryan prévoyait que lui et ses deux enfants seraient confinés à demeure pour plusieurs jours. Sa conjointe et leurs deux autres enfants devant trouver temporairement refuge chez des proches en attendant de réitérer le bercail « Le pire de la crue est passé et on souhaite qu'il n'y ait pas d'autre pluie, mais comme la tendance est au refroidissement, c'est bon signe! »

Ce dernier se montrait toutefois beaucoup moins optimiste quant à l'ampleur des dommages subis par sa propriété. « Il y a un mètre d'amoncellement de glaces, d'arbres et de débris sur mon terrain, j'ai des galeries arrachées et 300 mètres d'entrée sous un mètre de glace. Certains blocs de glace font jusqu'à 10 mètres sur 6 mètres sur 60 centimètres d'épaisseur. On est enseveli par la glace. »

Selon M.Ryan, la précarité des glaces et le courant rendent toute évacuation impossible. « La Sécurité civile, la Ville de Waterville et le Service incendie sont avisés, mais le seul moyen de nous évacuer est par hélicoptère. »

Propriétaire depuis 2008 et pleinement conscient d'acquérir une propriété en zone inondable, Kevin Ryan avait pris soin de surélever la demeure familiale d'une hauteur de près de deux mètres et demi. L'eau s'est arrêtée à peine à quelques centimètres du plancher de la maison.

« Avant de faire les travaux, nous avions évalué avec l'aide d'un expert les niveaux de récurrence de 100 ans, mais aujourd'hui c'est du jamais vu. Nous surpassons le record de plus d'un mètre! »

Fort heureusement, la famille Ryan est prête à affronter les pires catastrophes, d'autant plus que le puits artésien a été emporté et la pompe arrachée. « On est toujours bien équipé, on pourrait même survivre pendant quelques mois! lance M. Ryan en riant. Dame Nature est de plus en plus déchaînée et ça n'arrêtera pas. »

En attendant que la situation se régularise, son emploi lui permet de poursuivre son travail à la maison, tandis que ses enfants ont entamé leur relâche scolaire plus tôt que prévu. Au besoin, son ami Yves Tremblay, photographe aérien bien connu en région, leur a offert un petit tour en hélicoptère!

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