Des inégalités « inacceptables » au centre-ville

« Le risque de mourir avant 75 ans... (Spectre Média, René Marquis)

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« Le risque de mourir avant 75 ans est deux fois plus élevé pour les résidants du centre-ville. C'est une donnée particulièrement choquante. Je qualifierais ça d'une importante inégalité sociale de santé qui est à mon avis inacceptable », estime la directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux.

Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) La direction de la santé publique de l'Estrie est préoccupée par un taux de mortalité prématuré au centre-ville de Sherbrooke qui dépasse de deux fois le reste de l'Estrie.

« Le risque de mourir avant 75 ans est deux fois plus élevé pour les résidants du centre-ville. C'est une donnée particulièrement choquante. Je qualifierais ça d'une importante inégalité sociale de santé qui est à mon avis inacceptable », estime la directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux.

Elle rappelle que les besoins en santé physique et psychologique sont grandissants pour la population du centre-ville de Sherbrooke tant adulte que pour les enfant ou les aînés.

Accès à l'emploi plus difficile, faible revenu, isolement, insécurité alimentaire, taux de vaccination plus faible, incidence des ITSS plus élevée, taux de maladies respiratoires plus élevées dû au tabagisme et aux moisissures dans les logements, incapacité des aînés et risque de traumatisme plus élevé sont autant de facteurs préoccupants relatifs à la santé de la population du centre-ville.

« Il y a aussi davantage de détresse psychologique. Les visites à l'urgence psychiatriques ont doublé depuis 2009, soit de 192 à 431 par année », souligne Dre Généreux.

Les intervenants du système de santé notent une baisse en 2013 et 2014.

« Ce sont des années où il y avait le programme de travail d'un jour et qu'il y avait une équipe de toxico itinérance au centre-ville. Ça démontre que lorsque les ressources sont dans le milieu, ça fait vraiment une différence dans la vie des gens concernés », mentionne la directrice générale de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, Chantal Fortier, qui a aussi noté des données inquiétantes concernant la situation de la population du centre-ville de Sherbrooke.

«La coalition offrait un endroit de rencontre jusqu'en décembre 2015.»


La fréquentation du local d'accueil de la Coalition avait augmenté de 141 pour cent en 2014-2015.

« La coalition offrait un endroit de rencontre jusqu'en décembre 2015. Les personnes pouvaient y faire des démarches avec un intervenant en matière de recherche de logement, de rendez-vous médicaux, mais plus encore de briser l'isolement qu'ils vivent au quotidien », explique Chantal Fortier qui mentionne que près de 50 personnes s'y présentaient en deux heures.

Étant donné le manque de ressources pour répondre adéquatement à la demande, la Coalition a choisi de recentrer sur son approche de base, soit d'aller rejoindre les gens dans leur propre milieu de vie.

Les interventions auprès des personnes présentant un profil d'itinérance ont augmenté de 35 pour cent, alors que les interventions individuelles auprès de personne présentant un profil en matière de santé mentale a augmenté de 21 pour cent.

« Les travailleurs de rue accompagnent souvent des personnes démunies par rapport à leurs souffrances. La détresse peut être la source de problème de santé mentale. Cette détresse se vit à différents niveaux par l'insécurité alimentaire et monétaire, la peur, la dépendance ou la violence envers autrui, l'isolement, la délinquance ou un impact sur leur santé physique. Ils nous témoignent aussi de leur isolement social », constate Mme Fortin.

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