Austérité: le PLQ fabule selon Gérald Larose

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Invité à l'assemblée générale du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), qui fêtait sa première année d'existence samedi au Siboire Jacques-Cartier, Gérald Larose a exhorté les nationalistes à créer un projet de société rassembleur afin de contrecarrer celui « intégriste » des libéraux.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) L'austérité instaurée par le Parti libéral du Québec (PLQ) s'appuierait sur « une fabulation », « une incantation idéologique » visant ni plus ni moins « la canadianisation du Québec » selon Gérald Larose.

Invité à l'assemblée générale du Mouvement national des Québécoises et Québécois de l'Estrie (MNQE), qui fêtait sa première année d'existence samedi (voir autre texte), l'ancien président du Conseil de la souveraineté du Québec de 2003 à 2013 soutient que l'état actuel des finances de la province n'a rien à voir avec celles qui prévalaient en 1982 et 1996, « lors de véritables crises économiques ».

« Au Québec, on a fait des opérations ''déficit zéro'' à deux reprises; la première sous René Lévesque en 1982 et la seconde sous Lucien Bouchard en 1996. La société civile a été mise à contribution et on a modernisé le modèle québécois. Il y avait de vraies crises, parce que le PIB était de -5 % et qu'il y avait des taux de chômage à environ 14 %. Aujourd'hui, il n'y a pas de crise. C'est une fabulation de nous dire qu'il y en a. Le déficit est six fois moindre chez nous qu'en Ontario. La dette est sous contrôle depuis 35 ans et elle continue à diminuer. On est en meilleure position que 65 % des pays de l'OCDE. On n'est pas en difficultés, on les simule. »

En rupture

Gérald Larose estime plutôt que derrière les manoeuvres économiques du PLQ se cache un projet de plus grande envergure, celui de détruire le modèle québécois afin de favoriser son intégration dans le Canada.

« Le projet de Philippe Couillard, c'est de rompre avec la société civile. Jean Charest avait commencé en abolissant les régies régionales de la santé, en abolissant les conseils régionaux de développement, en abolissant les CLSC et en faisant un mouvement de centralisation bureaucratique à l'intérieur des ministères. Ils écartent systématiquement la société civile de tous les lieux de distribution, de discussion et d'élaboration des politiques, alors que c'est au centre du modèle québécois. »

« Quand Couillard et Coiteux se présentent en disant qu'ils veulent assainir les finances publiques, ce n'est pas vrai, poursuit-il. Ils font ça parce qu'ils ont un projet de société qui n'est pas d'assainir les finances publiques, mais de baisser les impôts. Coiteux l'a dit : quand il va y avoir des surplus, ce ne sera pas pour améliorer l'État, ça va être pour baisser les impôts, autrement dit, on va être dans une révolution conservatrice permanente! On va toujours être dans la marde! C'est ça le projet! Et un coup rendu là, il n'y aura que le fédéral pour nous sauver. »

« C'est de l'incantation idéologique. On surfe sur un certain mépris qui a toujours été entretenu à l'égard de l'État et de la fonction publique. C'est de la démagogie. »

Celui qui a également été président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) de 1983 à 1999 souligne que la population pourra voir le vrai visage du gouvernement avec la gestion des situations de Bombardier, qui a annoncé la semaine dernière devoir couper 2400 emplois au Québec, et de l'Oléoduc Énergie Est, un projet de pipeline devant faire transiter 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Alberta et la Saskatchewan vers l'Est du Canada et les Maritimes.

« La vraie bataille va se faire là, avec le projet de l'oléoduc. L'Ouest n'en veut pas même si c'était une affaire de rien avec 700 km à parcourir. Avec la situation de Bombardier, disons qu'on met 1,3 milliard de dollars pour financer la perte de 2400 emplois, en plus qu'on dit qu'Air Canada va acheter des avions - ce dont je doute - en contrepartie, il va falloir qu'on leur donne la permission sur l'oléoduc. C'est de verrouiller le Québec dans la stratégie canadienne. C'est vrai pour l'oléoduc, mais ça l'est pour l'ensemble des affaires. C'est un projet qui vise la canadianisation du Québec. »

Combattre le feu par le feu

Aux membres du MNQ rassemblés au Siboire Jacques-Cartier samedi, Gérald Larose faisait donc valoir que devant un tel projet de société, les nationalistes devaient avant tout s'attabler à en préparer un différent et rassembleur.

« Un projet qui va interpeller tous les Québécois, même ceux qui n'ont pas d'idée sur les dimensions constitutionnelles, précise-t-il. Il faut offrir un projet de société qui soit du côté de la nouvelle économie, qui va du développement durable et qui aborde le rôle de l'État. Il faut faire un débat de fond. Est-ce qu'on veut un État qui joue le rôle du 19e siècle, ou celui du 21e siècle? Est-ce qu'on veut une économie d'avenir ou du passé?

« Paul Krugman, le prix Nobel d'économie de 2008, a dit que tous les programmes d'austérité,

partout dans le monde, n'ont jamais visé la relance économique. Ça a toujours visé la réduction de l'État avec un résultat de décroissance économique et de croissance des inégalités. C'est ce qu'on nous propose. Or, selon Pierre Fortin, nous sommes les troisièmes plus grands intégristes de l'austérité au monde, alors qu'on n'a pas de crise! Il faut un projet de société qui ne s'adresse pas seulement au 1 % des gens qui font du fric », résume Gérald Larose.

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