CPE : des interruptions de service en vue

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Des centres de la petite enfance (CPE) de la région pourraient interrompre leurs services de façon totale ou partielle en guise de protestation contre les compressions budgétaires annoncées en 2016-2017.

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(SHERBROOKE) Des centres de la petite enfance (CPE) de la région pourraient interrompre leurs services de façon totale ou partielle pour contester les compressions budgétaires annoncées en 2016-2017 si une majorité d'établissements optent pour ce moyen de pression au Québec. Une tendance se dessine en ce sens en Estrie.

Si les CPE vont de l'avant, les fermetures pourraient avoir lieu au début du mois de mars, probablement après la semaine de relâche. En Estrie, celle-ci se déroule du 29 février au 7 mars (si on inclut la journée pédagogique du lundi).

Chaque conseil d'administration doit se prononcer sur les moyens de pression à adopter.

La directrice du Regroupement des centres de la petite enfance des Cantons-de-l'Est (RCPECE), Lucie Therriault, estime avoir eu une réponse d'environ la moitié des CPE en Estrie. « Sur la moitié, il y a une tendance favorable aux interruptions en lien avec un mouvement provincial », commente-t-elle. « Ils disent oui, pourvu que ce soit un mouvement provincial. »

« Ils se positionnent sur l'ensemble des actions, dont les interruptions de service totales ou partielles, les chaînes humaines, l'envoi de lettres aux députés... » On pense ici à une fermeture de quelques heures ou à une journée complète.

Le scénario d'une journée de fermeture nationale a été évoqué, selon nos informations.

Les établissements membres du RCPECE, rattachés à l'Association québécoise des CPE, veulent ainsi contester les compressions de 120 M$ annoncés par Québec pour la prochaine année financière, qui commence le 1er avril. Celles-ci touchent les CPE et les garderies privées subventionnées.

Avec ces coupes qui s'ajouteront, l'enveloppe des services directs est la plus touchée, estime la directrice du CPE Le P'tit Gadu, Judith Laflamme.

Cette enveloppe touche notamment à la masse salariale des éducatrices, à la formation et au perfectionnement, au matériel éducatif...

Une certaine flexibilité

« Clairement, c'est une enveloppe où ça n'arrive pas du tout. Ce n'est pas collé à la réalité! »

La seule bonne nouvelle, fait-elle valoir, est que Québec permet une certaine flexibilité dans l'utilisation des enveloppes.

Le conseil d'administration du P'tit Gadu s'est prononcé en faveur d'une interruption de services si une majorité d'établissements de la province emboîtent le pas. Le CPE choisirait également la durée d'interruption en fonction de ce que décidera la majorité.

« Ce qu'on veut, c'est que ça ait un impact. Si on est les seuls à le faire, on ne changera pas le monde », illustre Judith Laflamme.

« C'est une décision qui n'est pas évidente à prendre pour les conseils d'administration, il y a des coûts rattachés à ça. »

Des milliers de dollars sont en jeu, puisque les CPE s'exposent à des amendes et Québec ne leur verserait pas la subvention versée habituellement.

« On a dégraissé ce qu'il y avait à dégraisser. Ça fait 10 ans qu'on le fait. On est habitué, mais ce n'est pas parce qu'on est habitué que c'est acceptable. Ça ne l'est plus », commente le directeur du CPE Sel et poivre de Windsor, Jean Gagné.

Le conseil d'administration s'est prononcé en faveur d'une interruption de service si une majorité de CPE vont de l'avant. « Il faut que ce soit un mouvement solidaire. Il y a des enjeux de pénalités administratives. Ça n'a jamais été vécu cette situation-là. »

Une fois que le nombre de CPE qui souhaitent aller de l'avant avec ce moyen de pression sera connu, le conseil d'administration discutera de nouveau de la question.

Au P'tit Gadu, les compressions pourraient représenter 78 000 $ de moins au budget pour la prochaine année financière.

Selon Mme Therriault, ces nouvelles coupes peuvent correspondre à 1000 $ par place au permis. La situation varie d'un établissement à l'autre, puisque la subvention pour les enfants de quatre ans est moindre.

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