Une traverse symbolique contre le projet de loi 70

Pour marquer leur opposition au projet de loi... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Pour marquer leur opposition au projet de loi 70, les gens de la Coalition estrienne aide sociale ont  organisé une traverse symbolique des pauvres où l'on voit une personne accablée et qui peine à marcher sous le poids des problèmes dû à sa condition de pauvreté.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) La Coalition estrienne aide sociale exige le retrait du projet de loi 70 en cette journée marquant la fin des travaux de la consultation publique à ce sujet. Le nouveau Programme objectif emploi, principale composante du projet de loi, n'arrivera pas à atteindre l'objectif annoncé, dénonce l'organisme.

La loi vise à permettre « une meilleure adéquation entre la formation et l'emploi ainsi qu'à favoriser l'intégration en emploi » et non favoriser « une plus grande intégration sur le marché du travail des personnes assistées sociales ni, par conséquent, à réduire la pauvreté et l'exclusion sociale ».

« Qui profitera réellement du projet? Le gouvernement qui compte économiser de 40 à 50 millions et les entreprises qui auront du cheap labor », dénonce l'organisme.

Les membres de la coalition disent qu'au-delà du discours, « le gouvernement vise plutôt à réduire les dépenses du Ministère en appliquant des pénalités et des obligations, à se déresponsabiliser et à réduire la taille de l'état au détriment des personnes les plus pauvres ».

« Le workfare repose sur la conviction que chacune des personnes jugées aptes au travail peut occuper un emploi. Or, en réalité, la majorité des personnes catégorisée comme sans contraintes à l'emploi sont plutôt éloignées du marché du travail. Selon l'ancienne ministre responsable de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, Michelle Courchesne, moins de 10 pour cent de ces personnes pourraient réintégrer le marché du travail rapidement. »

« Déjà pénalisés »

Selon l'organisme, il est impossible d'en demander plus aux personnes assistées sociales. « D'une part, les personnes dites sans contraintes à l'emploi sont déjà pénalisées par des prestations nettement inférieures à celles des autres catégories de personnes assistées sociales, renforçant l'idée qu'il existe de bons et de mauvais pauvres », affirme un communiqué de presse.

« D'autre part, vivre avec 623 $ par mois, c'est vivre avec la moitié du minimum nécessaire pour couvrir ses besoins de base et demeurer en santé, selon la Mesure du panier de consommation. »

Pour marquer leur opposition, les gens de la Coalition estrienne aide sociale ont organisé une traverse symbolique des pauvres où l'on voit une personne accablée et qui peine à marcher sous le poids des problèmes dus à sa condition de pauvreté. On y voit aussi le ministre de la Solidarité sociale et de l'Emploi avec un bâton voulant la mettre au pas. « C'est ce que le gouvernement provincial prévoit pour les personnes assistées sociales avec son projet de loi 70 et de son programme Objectif Emploi », conclut-on.

« La Coalition estrienne aide sociale exige le retrait du projet de loi 70. Elle demande aussi d'améliorer le revenu des personnes assistées sociales, plutôt que de provoquer délibérément, comme le fait actuellement le gouvernement, une situation intenable sur le plan financier que ces personnes paient de leur santé. »

La Coalition est composée d'Action Plus, Solidarité Populaire Estrie, le Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté, Illusion Emploi, Association des locataires de Sherbrooke.

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