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Abolition de la démocratie scolaire: «C'est dangereux ce qui se passe »

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Le président de la Commission scolaire des Chênes, Jean-François Houle et sa directrice générale, Christiane Desbiens

La Tribune, Yanick Poisson

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(Drummondville) La Commission scolaire des chênes (CSDC) de Drummondville déposera un mémoire à l'Assemblée nationale recommandant au gouvernement Couillard de faire volte-face dans sa décision de modifier la gouvernance des commissions scolaires afin d'en abolir les élections.

Le président de la Commission, Jean-François Houle, a présenté le document de 20 pages aux médias de la région, mercredi en matinée. Selon lui, Québec fait faux pas en s'attaquant à la démocratie scolaire plutôt que de profiter des insuccès des élections pour penser une réforme

« Il y a une apathie de la population envers la chose publique et ce n'est pas uniquement dans le milieu scolaire. On a enregistré un taux de participation de 36 % aux dernières élections municipales et il y a une forte proportion d'élus qui sont nommés par acclamation. Le problème que l'on vit aurait dû être à l'origine d'un mouvement visant à changer cette démocratie », a-t-il affirmé.

Dans un sens plus large, M. Houle s'inquiète de la centralisation des décisions vers Québec tant en éducation que dans les autres sphères d'activité. L'abolition des commissaires réduira encore un peu plus le pouvoir des régions.

« C'est dangereux ce qui se passe. C'est clairement une manoeuvre afin de déplacer les pouvoirs vers Québec. La volonté du gouvernement, c'est de gérer les services comme s'il gérait un Wal-Mart. Il faut s'inscrire contre cette vision-là, surtout en éducation. Ça devrait être une priorité nationale. On a une attitude de consommateur et ce n'est pas dans ce genre de société que je veux vivre », a ajouté le président.

Pas à n'importe quel prix

En tant que représentante des parents, Stéphanie Lacoste aurait dû se réjouir que le gouvernement retire les commissaires des commissions scolaires pour enfin leur donner droit de vote, mais il n'en est rien. Le pouvoir qu'on accordera aux parents ne ressemblera à rien à celui conféré aux commissaires.

« C'est sûr qu'on aimerait avoir droit de vote, mais pas à n'importe quel prix. Ici, à Drummondville, nous avons des réunions régulièrement avec les commissaires et on sent qu'ils ont une oreille attentive. Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs des enfants dans le réseau », explique-t-elle.

Le mémoire fait état de huit recommandations, allant d'une évaluation de la gouvernance actuelle, à la redéfinition du rôle du ministère de l'Éducation, en passant par la valorisation de la participation citoyenne. On y lance également une pointe relativement aux mouvements incessants au ministère.

« Le ministère de l'Éducation a eu 28 titulaires en 52 ans. Si l'on considère que Claude Ryan a fait cinq ans et François Legault, quatre, il ne reste pas beaucoup d'années pour les autres. Les commissions scolaires garantissent une certaine stabilité », a conclu Jean-François Houle.

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