Persévérance scolaire : les syndicats veulent les moyens d'agir

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«Dans les écoles défavorisées, depuis deux années, on a enlevé le tiers des budgets pour favoriser des projets pour la persévérance scolaire», déplore le président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie, Benoit Houle.

Spectre, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Le gouvernement ne devrait pas fixer de cible en matière de lutte au décrochage scolaire s'il ne donne pas les moyens au monde scolaire d'améliorer la réussite, ont reproché au gouvernement Couillard les syndicats du milieu de l'éducation de la CSQ. Alors que s'amorcent les Journées de la persévérance scolaire, les instances syndicales ont dénoncé le désengagement de Québec en éducation et dans le milieu de la petite enfance.

« Le gouvernement, depuis quelques années, s'est donné comme objectif d'améliorer la persévérance scolaire, d'augmenter le taux de diplomation. On ne trouve pas qu'il a pris les bons moyens depuis cinq ou six ans. Ça fait environ un milliard de dollars qui a été coupé de façon récurrente depuis 2010-2011 dans notre système », a commenté le président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE), Benoit Houle.

« Les budgets d'appui à la réussite éducative sont nécessairement touchés. Les commissions scolaires doivent aller faire des ponctions dans ces budgets-là. On a laissé l'odieux à chaque commission scolaire ou des fois, on laisse le choix aux équipes-écoles de décider où on va aller couper dans l'appui à la réussite éducative. Par exemple, dans les écoles défavorisées, depuis deux années, on a enlevé le tiers des budgets pour favoriser des projets pour la persévérance scolaire. Ce sont dans les écoles défavorisées, dans les milieux socio-économiques faibles, où le taux de décrochage va être le plus élevé... » déplore Benoit Houle. Les enseignants n'ont pas les ressources adéquates afin d'aider les élèves en difficulté, a-t-il déploré également.

Aux yeux de Marlène Carbonneau, présidente de l'Alliance des intervenantes en milieu familial de l'Estrie (ADIM-Estrie), la modulation des tarifs a fait en sorte que plusieurs parents ont décidé de se tourner vers les garderies privées.

Résultat : environ 400 places en service de garde sont inoccupées dans le territoire de l'ADIM-Estrie. La défection s'observe également du côté des responsables, selon Mme Carbonneau.

« Il y a des responsables de garde qui font le transfert vers le privé, parce qu'elles n'arrivent plus à assumer les charges financières de base que la garde subventionnée leur donne », dit-elle en citant notamment l'obligation d'avoir des assurances et la formation continue.

Parallèlement, des groupes de l'Université de Sherbrooke, que ce soit des employés ou des étudiants, ont dénoncé les compressions budgétaires dans le réseau universitaire, lundi.

Ils demandent au nouveau ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MEES), Pierre Moreau, de réinvestir dans le réseau.

La communauté universitaire était conviée à une pause-café au Centre culturel de l'UdeS. Les participants étaient invités à écrire un message au ministre afin de lui faire part des conséquences des coupes.

Convention collective

Par ailleurs, l'exécutif du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) pourrait en savoir un peu plus mardi prochain sur la suite du dossier de la convention collective.

L'entente de principe sectorielle de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), dont fait partie le SEE, a été entérinée à la fin janvier. Les membres du SEE avaient toutefois voté contre.

L'entente sectorielle « prévoit entre autres la diminution de la taille des groupes au préscolaire 5 ans et la protection intégrale de la taille des groupes à tous les niveaux » et « la bonification de 50 % des sommes allouées en soutien à la composition de la classe ».

Le 23 février, les représentants du SEE pourraient connaître les résultats du vote concernant l'entente intersectorielle, qui concerne les salaires et les conditions de prise de la retraite. Celle-ci avait aussi été rejetée par les quelque 3500 membres du SEE le mois dernier.

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