Adieu Madame Bou!

Francine Lafond, mieux connue sous le nom de... (TIRÉE DE FACEBOOK)

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Francine Lafond, mieux connue sous le nom de « Madame Bou » en raison de son habitude de dire « Bou! » aux passants, a été retrouvée sans vie dans son logement de la rue Wellington Nord vendredi.

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(SHERBROOKE) CHRONIQUE / J'ai beaucoup pensé à Madame Bou tout le week-end. La rumeur de sa mort roulait sur le centre-ville vendredi soir. Après un moment, la confirmation est tombée et la vague de tristesse a déferlé sur les réseaux sociaux, dans les cafés, dans les micros du centro et tous ces endroits où la mystérieuse dame avait ses habitudes.

Là, deux options. Ou bien tu souris tristement en repensant à cette dernière fois où elle t'a surpris à une terrasse de la Well, ou bien t'es complètement larguée pis tu te demandes « C'est qui ça, coudonc, Madame Bou? »

Dimanche, je me suis dit que j'allais appeler sa famille pour en savoir un peu plus sur Francine Lafond, alias Madame Bou, que j'allais lâcher quelques coups de fil, me faire raconter son histoire, vous la partager ensuite, pour qu'on se souvienne un peu plus, un peu mieux. Je me disais que ça allait peut-être nous aider à comprendre...

Puis je me suis vite dit que non. Pas pantoute. Que si elle avait eu envie de se raconter, elle l'aurait fait de son vivant, une de ces fois où, vous comme moi, en se tournant vers elle après un « Bou! » bien placé, on lui a demandé « Hé, Madame Bou, comment ça va? Qu'est-ce qui se passe de bon?»; et qu'elle a repris sa route en riant, fière de son coup.

Je me suis dit que si elle avait eu envie de plus, elle en aurait pris plus. Pis que quand ça lui tentait, elle le faisait, au bar du Boquébière, à une table du Siboire ou ailleurs sur la Well.

Si tu fais partie des largués du deuxième paragraphe, je te résume. Madame Bou, qui habitait sur la Wellington Nord et qui colorait le centro depuis des années, aimait bien surprendre les passants et les flâneurs d'un petit « Bou! » amical avant de poursuivre sa route. De temps en temps, un lecteur vraiment trop concentré faisait le saut, mais la plupart du temps, on la voyait venir un peu, on l'attendait, on lui souriait. Parfois même, on lui rendait son « Bou!».

C'était sa façon à elle d'entrer en contact avec les autres humains. Une originale, vous me direz. Oui. Mais elle entrait en contact avec les gens. Pas de manière intime, vous me direz encore. Non. Mais pas moins intime que la plupart d'entre nous. Je veux dire, entre son « Bou! » et nombre de formules vides du small talk quotidien, il n'y a pas tant de différence.

C'est d'ailleurs beaucoup à ça que je pensais tout le week-end en me rappelant mes nombreuses rencontres avec Madame Bou, cette capacité à entrer en contact avec l'autre, avec l'inconnu, avec tout le monde, que cette dame un brin étrange traînait dans son mystérieux bagage de vie.

Je me demandais si en hommage à elle, on pourrait pas se développer ça un peu plus, l'entrée en relation avec l'autre. On verra à long terme, mais si t'en as envie lundi soir, à 21 heures, y aura une veillée aux chandelles en son honneur devant l'hôtel de ville. Ça lui ferait sûrement plaisir.

Une figure mythique du centre-ville

Avec le décès de Francine Lafond, retrouvée sans vie dans son logement de la rue Wellington Nord vendredi, le centre-ville de Sherbrooke a perdu l'une de ses figures mythiques.

Sur la page Facebook créée en l'honneur de Madame Bou il y a plusieurs années et qui compte plus de 11 000 abonnés, les messages se sont multipliés pour lui livrer un dernier témoignage et souligner l'importance qu'elle revêtait pour la communauté.

« C'est un BOU de l'histoire de Sherbrooke qui s'éteint, ça faisait un BOU qu'elle faisait partie de notre quotidien! », mentionne à juste titre Franck Woods.

« Le centre-ville ne sera plus jamais le même sans toi... » exprime Frédérique Ravary Ouellet.

La dame, qui avait soufflé 63 bougies le 18 décembre dernier, était une habituée de plusieurs commerces du centre-ville.

En plus de la veillée aux chandelles de lundi soir, la microbrasserie Le Boquébière, où une bière, La Bou, porte son nom en l'honneur de la défunte, compte organiser une soirée en son hommage au cours des prochains jours. (Avec Charles Beaudoin)

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