L'UdeS participe à une étude sur la violence sexuelle

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Une étude universitaire québécoise tracera le portrait du harcèlement sexuel et de la violence à caractère sexuel dans les campus universitaires de la province. Il s'agit de la première initiative du genre au Québec.

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(SHERBROOKE) Quel portrait peut-on dresser du harcèlement sexuel et de la violence à caractère sexuel dans les campus universitaires de la province? C'est à cette question que tentera de répondre une vaste étude menée par six universités de la province, dont l'Université de Sherbrooke. Il s'agit de la première initiative du genre au Québec.

Que sait-on de ce qui se passe sur les campus universitaires québécois? « En fait, c'est le problème, indique Geneviève Paquette, professeure agrégée au département de psychoéducation de l'Université de Sherbrooke et chercheuse de l'étude. Sur les campus universitaires québécois, on ne sait rien. Il n'y a jamais eu d'études permettant de déceler la situation. »

Les enquêtes qui se sont penchées sur le sujet sont principalement américaines et on en dénombre certaines canadiennes.

Des données de 2015 du Groupe de travail sur le respect et l'égalité de l'Université d'Ottawa sont toutefois préoccupantes. Seize pour cent des étudiantes de l'Université d'Ottawa ont vécu une expérience de violence sexuelle, (comme une activité sexuelle sans consentement, une menace ou la dissolution d'une substance dans leur verre). Cette proportion est de 8 % chez les hommes.

De plus, quelque 63 % des étudiantes et des étudiants de l'université ontarienne auraient été victimes d'au moins une forme de harcèlement en ligne (ce qui inclut le harcèlement sexuel).

« Ce sont des taux assez préoccupants. Sur les campus américains, il y a des études, et les taux sont plus élevés que ce qu'on retrouve à Ottawa », commente Mme Paquette.

Des résultats pourraient être disponibles dès ce printemps.

Mme Paquette souligne que l'anonymat des personnes sera préservé et note également qu'il s'agit d'une recherche indépendante.

« On n'est pas obligé d'avoir vécu une situation (de harcèlement sexuel ou de violence à caractère sexuel) ou d'en avoir été témoin », précise Mme Paquette en soulignant qu'il y avait un volet opinion dans l'enquête.

«Est-ce que les gens vivent des conséquences, ont-ils des services?»


La recherche s'intéresse aussi à l'ensemble de la communauté universitaire. « On ne s'intéresse pas qu'aux étudiantes et aux étudiants. On s'intéresse à tous les points de vue. Ça va permettre de documenter la situation pour les professionnels, les chargés de cours. On va avoir un point de vue beaucoup plus complet au plan québécois, mais aussi au plan local. On essaie de rejoindre les gens sur les trois campus (de l'UdeS). »

« Ça va nous permettre de faire une réflexion sur cette situation-là », note Mme Paquette en soulignant que l'enquête permettra aussi de bonifier les politiques des institutions et leurs plans d'action.

« Est-ce que les gens vivent des conséquences, ont-ils des services? » La question, à ses yeux, débordera le cadre des campus et pourrait interpeller les villes universitaires.

L'étude est menée par la professeure Manon Bergeron, de l'UQAM, chercheuse principale. On retrouve également les universités du Québec à Chicoutimi (UQAC), de Laval, de Montréal, et l'Université du Québec en Outaouais.

Rappelons que l'UdeS a produit un plan d'action en matière de violence à caractère sexuel. Celui-ci a été réalisé à la suite de nombreux scandales qui ont secoué des campus américains, et à la suite d'incidents qui se sont produits sur les campus du pays. 

Le site internet de l'étude précise que le projet de recherche a vu le jour en 2013, alors que survenait, à l'UQAM et ailleurs, « un débat autour d'initiations étudiantes à caractère sexiste, homophobe et raciste et, plus largement, sur les enjeux de la violence sexuelle dans les universités, incluant le harcèlement ».

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