« Il faut remettre le chronomètre à zéro »

Le nouveau président du conseil d'administration de l'Association... (Spectre, Marie-Lou Béland)

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Le nouveau président du conseil d'administration de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Dr Hafid Agourram, et le nouveau secrétaire du conseil, Mohamed Golli, ont rencontré La Tribune pour faire état de la situation.

Spectre, Marie-Lou Béland

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(SHERBROOKE) La Tribune a rencontré mercredi deux membres du nouveau conseil d'administration de l'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE). Le nouveau président du conseil, Dr Hafid Agourram, explique qu'à la suite de la publication en janvier 2015 des allégations de terrorisme entourant une entité affiliée au propriétaire de la mosquée A'Rahmane de Sherbrooke, la Canadian Islamic Trust Foundation (CITF), une rencontre Skype a eu lieu.

« Une rencontre à distance a été organisée entre le directeur général de la CITF et des membres du conseil d'administration de l'ACIE. Au cours de cette rencontre, à laquelle j'ai assisté, le directeur général de la CITF nous a rassurés en nous disant que si le gouvernement canadien avait des doutes suffisants concernant le lien entre la CITF et du terrorisme, il perquisitionnerait les biens de l'organisme et les affecterait à un autre organisme tout à fait légitime et en règle », explique Dr Agourram tout en ajoutant qu'il comprend que ces allégations puissent inquiéter la population.

Sinon, depuis un an, aucune autre vérification n'a été faite et aucune action n'a été prise pour que l'ACIE reprenne possession de la mosquée. Le président de l'ACIE n'a d'ailleurs connaissance d'aucune entente avec la CITF qui permettrait à l'ACIE de reprendre possession de la mosquée, contrairement à ce que l'ancien président, Mohammed Kounna, avait affirmé l'an dernier.

Par contre, le nouveau conseil d'administration s'engage à faire de nouvelles vérifications et une bonne analyse pour bien comprendre la situation.

« Je ne veux pas juger ce que nos prédécesseurs ont fait ou n'ont pas fait. Ils avaient leurs raisons personnelles ou professionnelles. Mais je ne veux pas être jugé non plus par rapport à leur travail. Je suis le nouveau gouvernement libéral fédéral, donne en exemple le nouveau secrétaire du conseil d'administration de l'ACIE, Mohamed Golli. Alors ne me reprochez pas ce que les conservateurs ont fait ou n'ont pas fait par le passé. Il faut remettre le chronomètre à zéro maintenant qu'il y a un changement de garde. »

Le nouveau conseil d'administration de l'ACIE compte inviter le directeur général de la CITF, M. Tarabain, à venir rencontrer les 500 membres de l'ACIE lors d'une assemblée extraordinaire prochainement. « On ne l'a jamais vu, mais il est très sympa. Il nous a promis de venir nous voir lors de notre rencontre Skype. J'ai laissé deux messages au cours des derniers jours. J'ai pas eu de nouvelle, mais on attend ça. Pour bien comprendre », relate Dr Agourram précisant que dans un esprit de transparence, La Tribune serait invitée aussi à rencontrer le représentant de la CITF.

Par ailleurs, le conseil d'administration est en réflexion afin d'établir un plan stratégique pour son développement financier, culturel et social. Toujours dans un esprit de paix sociale. « Il ne faut pas commettre les mêmes erreurs que l'Europe francophone et tomber dans la haine sociale. Cela ne fait le bonheur de personne. Ni de la société d'accueil ni de ceux qui y sont accueillis. La justice sociale est une valeur sur laquelle il faut veiller. On doit voir l'islam comme une richesse », résume M. Golli.

« Le terrorisme et la radicalisation, on est tous contre cela. On doit maintenant faire un effort pour connaître le vrai islam, celui de paix et de beauté », conclut Dr Agourram.

Les pouvoirs de l'Agence du revenu du Canada en cas de révocation

Lorsque l'Agence du revenu du Canada (ARC) a identifié une non-conformité grave, elle peut révoquer l'enregistrement d'un organisme de bienfaisance. Une fois son enregistrement révoqué, l'organisme est soumis à un impôt de révocation, explique le porte-parole de l'ARC Philippe Brideau.

« L'impôt se chiffre à 100 % de la valeur des actifs restants après le paiement du passif et de toutes les dettes. Par contre, un organisme de bienfaisance peut réduire le total de l'impôt qu'il doit en utilisant des éléments d'actif restants dans le cadre de ses programmes de bienfaisance ou encore en les transférant à un donataire admissible au cours d'une période précise », précise le porte-parole de l'ARC.

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