Les immigrants demandent une chance aux employeurs

La chercheuse Marie Suzanne Badji (notre photo) et... (Spectre, Jessica Garneau)

Agrandir

La chercheuse Marie Suzanne Badji (notre photo) et sa collègue Lina Sylvain ont mené une étude auprès de 58 immigrants et employeurs sherbrookois.

Spectre, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) À l'heure où Sherbrooke s'apprête à accueillir davantage d'immigrants, une étude vient démontrer que l'accès à l'emploi pour les néo-Sherbrookois constitue une véritable course à obstacles plutôt que la voie promise à leur épanouissement et à leur intégration dans leur société d'accueil.

Malgré le fait qu'ils parlent français et qu'ils possèdent toutes les qualifications requises pour l'emploi qu'ils convoitent, bon nombre d'immigrants ne réussissent toujours pas à franchir l'étape d'obtenir une première entrevue, ont pu constater les chercheuses Lina Sylvain et Marie Suzanne Badji dans leur étude menée auprès de 58 immigrants et employeurs sherbrookois.

Intitulée « Regard sur l'employabilité des immigrants des arrondissements de Jacques-Cartier et du Mont-Bellevue », l'étude a été effectuée à l'initiative du Comité d'accueil et d'intégration des immigrants (CAII) et du Comité vie du quartier nord (CVQN).

Les deux chercheuses ont voulu savoir si la catégorie à laquelle appartiennent les immigrants interrogés (économique, réfugié ou regroupement familial) avait un impact sur l'accès ou le maintien à l'emploi.

Ce qu'il en ressort, dit Marie Suzanne Badji, c'est que tous les immigrants interrogés, peu importe leur catégorie, ont des besoins communs : celui de pouvoir parler français, de voir leurs compétences être reconnues et enfin d'obtenir une expérience de travail afin de pouvoir prouver qu'ils représentent un atout pour leur employeur.

Or, indique Lina Sylvain, plusieurs immigrants se voient refuser l'accès à l'emploi du simple fait que la façon dont leur curriculum vitae est rédigé ne correspond pas à celle que les employeurs ont l'habitude de recevoir.

« Dès qu'ils voient un c.v. différent, certains employeurs se disent : ''s'il ne sait pas comment on rédige un c.v., il aura de la difficulté à s'adapter''. Ce qui fait qu'il est automatiquement disqualifié », constate-telle. « Même chose pour l'accent. Le simple fait de parler un français différent ou légèrement différent suffit bien souvent à les disqualifier. »

Pourtant, disent les deux chercheuses, la présence d'immigrants dans une entreprise peut, au contraire favoriser l'essor de celle-ci du fait que ceux-ci ont habituellement un immense respect envers l'autorité, qu'ils sont loyaux et qu'ils disposent en outre d'un réseau de contacts à l'international.

« Ce que les immigrants disent par-dessus tout, c'est : ''Donnez-nous une chance! Donnez-nous la chance de nous faire valoir. C'est tout ce qu'on demande...'' ».

Une des façons d'amoindrir les obstacles entre employeurs et immigrants et d'atténuer les préjugés liés à l'embauche consiste, selon les chercheuses, à créer des partenariats entre les organismes oeuvrant dans le domaine de l'employabilité et les organismes communautaires.

Car le secret, disent les deux chercheuses, est de faire en sorte que, dès leur arrivée au pays, les immigrants puissent se dénicher un travail. « Plus un immigrant arrive à se trouver du travail rapidement, plus vite il réussira à s'intégrer à la société d'accueil. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer