Distorsion entre universités francophones et anglophones?

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Les étudiants internationaux paient annuellement environ entre 15 000 $ et 17 000 $ en droits de scolarité à l'UdeS, selon le programme.

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(SHERBROOKE) En dépit d'une possible augmentation des droits de scolarité des étudiants internationaux, l'application de nouvelles coupes par Québec pourrait se traduire par la perte d'environ deux millions $ à l'Université de Sherbrooke.

C'est l'hypothèse qu'avance Alain Webster, vice-recteur au développement durable et aux relations gouvernementales à l'UdeS, tout en rappelant qu'il s'agit d'une estimation. L'UdeS, à l'instar des autres universités, en saura davantage lors du dépôt du prochain budget provincial.

La Presse révélait que les universités de la province devront faire face à de nouvelles compressions au cours de l'année financière 2016-2017. Le gouvernement entend cependant leur donner le feu vert afin d'augmenter les droits de scolarité des étudiants étrangers. Les universités pourraient augmenter jusqu'à 25 % la facture d'un étudiant international.

Or, selon M. Webster, compenser une coupe budgétaire par la hausse de ces droits de scolarité entraînerait une distorsion entre les universités francophones et anglophones, ces dernières ayant une plus grande capacité de recrutement auprès des étudiants étrangers. « Un étudiant étranger, très majoritairement, est anglophone », note M. Webster.

L'enveloppe liée aux étudiants internationaux de l'UdeS ne représente qu'un poids de 2,6 % dans l'ensemble du réseau universitaire.

La part de l'UdeS pour la subvention générale (fonctionnement) dans l'ensemble du réseau est quant à elle de 9 %. « Il ne faut pas associer les deux, car on va accentuer les distorsions entre les universités francophones et anglophones. »

Les étudiants internationaux (excluant les étudiants français) paient annuellement environ entre 15 000 $ et 17 000 $ en droits de scolarité selon le programme à l'UdeS.

Alain Webster rappelle que l'institution sherbrookoise a répété sur tous les tons, au cours des derniers mois, qu'un réinvestissement doit être fait dans le monde de l'éducation.

«Efforts faramineux»

« On doit mieux financer les universités si on veut contribuer au développement de la société québécoise. On a fait des efforts faramineux à l'UdeS pour tenter de contribuer à l'atteinte de l'équilibre budgétaire (de la province), comme l'ensemble du secteur public et parapublic », lance-t-il en rappelant que Québec prévoit atteindre l'équilibre budgétaire. Il note également que le premier ministre Philippe Couillard voulait faire de l'éducation une priorité.

« On continue à souhaiter et espérer un réinvestissement (...) On aura la réponse avec le budget. »

Quel impact aurait une telle augmentation des droits de scolarité sur la capacité de recrutement des étudiants à l'étranger? « C'est un enjeu de compétitivité. Sur le marché international, est-ce que le Québec reste compétitif? » lance-t-il d'entrée de jeu. Alain Webster estime qu'il y a encore une marge de manoeuvre possible en termes de hausse, mais celle-ci ne pourra pas être uniforme, avance-t-il en soulignant qu'il faudra analyser les différentes disciplines.

La hausse ne touchera cependant pas les étudiants français. Les étudiants de premier cycle provenant de l'Hexagone ont déjà vu leur facture augmenter à la session d'automne.

Rappelons qu'en raison des compressions budgétaires, l'UdeS tente toujours de trouver quelque 5,5 M$ afin d'atteindre l'équilibre budgétaire pour l'année financière en cours.

À l'Université Bishop's, la vice-principale aux finances et administration, France Gervais, ne s'est pas avancée à chiffrer les impacts. Elle croit toutefois qu'une augmentation des droits de scolarité des étudiants étrangers ne réussirait pas à compenser une coupe de subventions. À Bishop's, les étudiants internationaux représentent 11 % de la clientèle. Cette donnée inclut cependant les étudiants en échange et les étudiants français.

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