Un Suzor-Côté sherbrookois à vendre

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Peinte en 1913 lors du passage à Sherbrooke du célèbre Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, La vieille église de Sherbrooke-Est par temps de neige a été offerte en cadeau à la paroisse Saint-Jean-Baptiste qu'elle représentait. La Fabrique a décidé de la vendre afin de financer une partie de ses travaux de rénovation.

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(SHERBROOKE) Malgré les démarches des 18 derniers mois, une toile signée Suzor-Côté et appartenant à la fabrique de la paroisse Saint-Jean-Baptiste a quitté la voûte du Musée des beaux-arts de Sherbrooke et sera vendue aux enchères par la Maison Heffel de Montréal. Sa valeur nominale afin de lancer ces enchères a été fixée à 150 000 $ par les évaluateurs.

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Président de la Commission des arts visuels de Sherbrooke, le conseiller municipal Pierre Tardif confirme que la Ville a refusé d'acquérir l'oeuvre malgré sa valeur historique. 

Archives, La Tribune

La toile titrée La vieille église de Sherbrooke-Est par temps de neige avait été peinte par le Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté lors d'un séjour du peintre à Sherbooke en 1913. Elle avait été offerte à la paroisse de Saint-Jean-Baptiste en 1937 par une amie du peintre. Jusqu'à l'année dernière, elle avait occupé un mur du presbytère sans que personne n'y prête vraiment attention.

« On a fait plein de démarches pour trouver des acheteurs à Sherbrooke, mais personne n'en voulait, explique le président de la Fabrique, Daniel Audy. Le Musée des beaux-arts a cherché de son côté, Daniel Quirion a cherché pour la Fabrique auprès de la Ville et d'acheteurs potentiels, rien n'a fonctionné. Là, la Maison Heffel est partie avec ce matin (lundi), sa vente à l'encan est certifiée, enregistrée avec un prix de base. Elle va se promener partout au Canada, à Toronto, Vancouver, Halifax, et en mai, elle sera vendue. L'archevêché a donné son accord. C'est notre propriété, on a le droit de la vendre. »

«Ce n'était pas un mandat officiel, mais j'y ai mis beaucoup de temps depuis un an et demi.»


Paroissien de Saint-Jean-Baptiste, Daniel Quirion a été approché par la fabrique afin d'effectuer des démarches auprès de la Ville et de la communauté. « Ce n'était pas un mandat officiel, mais j'y ai mis beaucoup de temps depuis un an et demi. Le premier réflexe, c'était de garder l'oeuvre dans la communauté, mais les démarches n'ont pas donné de résultats. »

Dès ces démarches entreprises, la toile a été mise en sûreté dans la voûte du MBAS afin d'assurer sa sécurité.

La Commission des arts visuels de la Ville de Sherbrooke a étudié en août 2015 la demande de la fabrique pour l'achat de l'oeuvre par la Ville, mais elle a refusé parce que l'offre ne répondait pas à aux critères d'acquisition qui « se présentent sous forme de concours, de commande ou de don ».

La Commission recommandait toutefois que la Ville soit collaboratrice dans les démarches veillant à faire en sorte que l'oeuvre demeure sur le territoire sherbrookois.

« On ne pouvait pas acheter, ça ne fait pas partie de notre mandat, mais on suggérait de vendre par le biais d'une galerie d'art afin que l'acquéreur puisse éventuellement en faire don à Sherbrooke via le Musée des beaux-arts », précise le conseiller municipal Pierre Tardif, président de la Commission.

La fabrique de la paroisse Saint-Jean-Baptiste compte utiliser l'argent de cette vente dans le cadre de la campagne de financement en cours pour la restauration de l'église.

« Notre église s'en va en dépérissant, la Régie des incendies nous impose des mises à niveau de 600 000 $, et une subvention pour la deuxième phase de nos travaux est disponible, mais à condition d'amasser 30 pour cent de la somme, explique Daniel Audy. On n'a amassé que 30 000 $ auprès de nos paroissiens, il faut trouver l'argent quelque part, l'argent entre moins. »

Originaire d'Arthabaska, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté est considéré comme l'un des peintres canadiens les plus importants du début du XXe siècle.

On évalue autour de 1500 le nombre de ses oeuvres.

La vieille église de Sherbrooke-Est par temps de neige est un tableau de 64 cm (25'') par 45 (18'') représentant quelques personnes devant l'église de la rue du Conseil convertie en salle paroissiale en 1921 avant d'être occupée par Sercovie.

Au cours de la dernière décennie, la Maison Heffel a vendu une dizaine d'oeuvres de Suzor-Côté aux enchères. Toutes se sont vendues au-delà de leur prix d'entrée. En 2011, Winter Sunglow : Arthabaska avait trouvé preneur pour 269 000 $ après avoir été estimé entre 100 000 $ et 150 000 $ par le commissaire.

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