Un pas vers une meilleure gestion des surverses

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(SHERBROOKE) La Ville de Sherbrooke finira de se conformer aux exigences gouvernementales en matière de surverse au courant de la prochaine année. Un appel d'offres a été lancé pour installer les derniers équipements de contrôle nécessaires pour documenter ces débordements qui surviennent en temps de pluie.

Les surverses ont fait la manchette en 2015 quand des citoyens ont découvert que des excréments étaient rejetés directement au confluent de la rivière Magog et de la rivière Saint-François. Ces débordements, autorisés lorsque la quantité d'eau acheminée à l'usine d'épuration est trop importante, ne seront pas éliminés avec les nouveaux équipements, mais ils permettront néanmoins d'identifier des causes de déversement qui pourraient être davantage contrôlées.

« Parce que les réseaux d'égout et pluviaux sont souvent combinés, quand il pleut, l'eau des stationnements, des toitures, des gouttières surchargent l'usine d'épuration. Nous avons fait le choix, comme les grandes villes que sont Paris, Toronto, Londres et Montréal, d'autoriser les débordements, qui sont forcément dilués parce que la quantité d'eau est plus importante. Aujourd'hui, nous ne construisons plus de réseaux combinés dans les nouveaux quartiers », explique Michel Cyr, chef de la division de la gestion des eaux à la Ville de Sherbrooke.

« Quand nous avons construit l'usine d'épuration, nous avons été obligés d'effectuer un suivi hebdomadaire pour savoir s'il y avait eu des débordements. Nous utilisions une boule de plastique liée à une corde et emprisonnée dans un anneau. Si l'eau montait plus haut que le seuil de débordement, la boule sortait de l'anneau et nous savions qu'il y avait eu un débordement », mentionne M. Cyr.

Un règlement adopté en 2014 force les Villes à prendre des mesures électroniques qui leur permettront de connaître le moment précis du début et de la fin du débordement, donc de sa durée. « Comme c'est obligatoire, toutes les villes sont en appel d'offres à ce sujet. »

Seulement, toutes devaient s'être conformées pour le 31 décembre 2015. Aucune des grandes villes, si on en croit M. Cyr, n'y serait parvenue. Aucun représentant du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n'a rappelé La Tribune pour confirmer cette information.

À Sherbrooke, 123 points de débordement sont autorisés. « Ce qui est intéressant, c'est que nous n'avons pas été paresseux. L'équipement de contrôle est installé dans 64 de ces points et l'appel d'offres concerne les 59 autres. Ceux qui restent sont ceux où il y a le moins de débordements. »

Quel sera l'avantage de ce système? « Nous aurons une information de fréquence et de récurrence, ce qui nous permettra de comprendre ce qui explique la surverse. Nous pourrons peut-être cibler les interventions. Quand il y a un débordement par temps sec, c'est forcément parce que la conduite est bouchée ou qu'il y a un problème. Nous avons hâte d'analyser les données. C'est quand même un investissement de plusieurs centaines de milliers de dollars. »

M. Cyr confirme que la Ville présentera un plan de gestion des déversements pour la réparation et la séparation des conduites, et potentiellement la construction de bassins de débordement. Le plan global, valide pour une dizaine d'années, devrait arriver en juin 2017. D'ici là, avant la fin de février, un plan préliminaire pour les années 2016 et 2017 sera présenté au conseil municipal.

jonathan.custeau@latribune.qc.ca

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