Naomi Klein : « Ne laissons pas de chance à Trudeau »

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Naomi Klein est connue pour ses analyses et critiques politiques sur la mondialisation du commerce et le capitalisme d'entreprise.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) La journaliste canadienne et militante Naomi Klein espère que les Canadiens ne « donneront pas une chance au gouvernement Trudeau en matière d'environnement. Parce que lorsqu'on leur laisse une chance, les dirigeants ne font rien! »

De passage à Sherbrooke mercredi soir dans le cadre des conférences Donald de l'Université Bishop's, Mme Klein est venue « briser un peu les illusions des gens face au nouveau gouvernement » et sensibiliser les gens à la guerre que le modèle économique livre à la vie sur Terre.

« Ce n'est pas parce que Stephen Harper n'est plus au pouvoir que l'on peut relaxer et se dire que tout va bien au niveau environnemental. Contrairement à Harper, Trudeau est susceptible aux pressions et il faut en profiter puisqu'il sera également soumis à d'intenses pressions de la part des grandes compagnies », prévient Mme Klein.

La Montréalaise d'origine compare l'arrivée au pouvoir de Trudeau à celle d'Obama.

« Tout le monde a poussé un soupir de soulagement à l'arrivée d'Obama et les gens disaient : ''laissons-lui du temps, laissons-lui une chance''. Qu'a-t-il fait dans son premier mandat? Rien. S'il agit dorénavant, c'est sous la pression de groupes qui s'opposent à des projets », soutient Mme Klein.

Le projet d'oléoduc Énergie Est, qui défraie présentement les manchettes à cause de l'opposition des maires de la région métropolitaine de Montréal, est l'exemple parfait du type de projet que le gouvernement doit écarter d'emblée.

« On devrait construire les infrastructures du futur et les pipelines sont des infrastructures du passé. D'aucune façon il est possible de concilier la construction d'Énergie Est et ce que le gouvernement Trudeau a dit lors de la Conférence de Paris sur le climat », affirme Mme Klein qui était d'ailleurs à Paris tout au long du sommet.

Les leaders d'un mouvement

Témoin privilégié de la tragédie de Lac-Mégantic, les Estriens et les Québécois devraient être les leaders d'un mouvement exigeant des politiques environnementales tournées vers l'avenir aux différents paliers de gouvernement.

« La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic est probablement la pire catastrophe liée à l'exploitation du pétrole qu'a connue le Canada. Ce que je trouve insidieux, c'est lorsque l'on qualifie les pipelines d'alternative la plus sécuritaire alors que l'on devrait prôner une transition vers des énergies vertes », souligne-t-elle.

Selon la journaliste canadienne, c'est grâce à des mouvements nés d'initiatives citoyennes que de véritables changements arriveront en matière d'environnement.

« C'est seulement lorsqu'il y a des mouvements de contestation que les gouvernements établissent de bonnes politiques, alors oui, les changements surviennent souvent grâce aux citoyens », croit-elle.

Naomi Klein est connue pour ses analyses et critiques politiques sur la mondialisation du commerce et le capitalisme d'entreprise. Elle a publié les succès No Logo, La statégie du choc et Tout peut changer : capitalisme et changement climatique. Ce dernier essai a figuré sur la liste des meilleures ventes du New York Times. Le quotidien américain l'a même qualifié de livre sur l'environnement le plus important et le plus controversé depuis Printemps silencieux.

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