Autre grève de la faim pour Raif Badawi

Raif Badawi a entrepris une nouvelle grève de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Raif Badawi a entrepris une nouvelle grève de la faim dimanche. « Sa santé est très mauvaise, il est très amaigri, j'ai peur pour lui », a raconté sa conjointe Ensaf Haidar au cours d'un bref entretien téléphonique avec La Tribune mardi midi.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Le blogueur Raif Badawi, emprisonné en Arabie saoudite depuis plus de trois ans et demi, a entrepris une nouvelle grève de la faim dimanche et sa conjointe Ensaf Haidar est très inquiète pour sa santé.

« Sa santé est très mauvaise, il est très amaigri, j'ai peur pour lui », a raconté Mme Haidar au cours d'un bref entretien téléphonique avec La Tribune mardi midi.

En décembre dernier, Raif Badawi avait cessé de s'alimenter pour protester contre son transfert vers une prison plus isolée en Arabie saoudite.

Les gardiens l'ont forcé à se nourrir après quelques semaines, selon les informations que Mme Haidar a pu obtenir.

Cette fois, il refuse toute nourriture et eau et a été transféré dans une cellule isolée de la prison centrale de Dhahran. Les autorités de la prison ne lui fourniraient pas les soins de santé requis, selon Mme Haidar.

« Nous prions la Croix rouge ou Médecins sans frontières, ou tout autre organisme humanitaire international, de tenter d'intervenir afin de lui promulguer des soins de toute urgence. Il est au plus mal », peut-on lire sur le site de la Fondation Raif Badawi.

Mme Haidar a eu ces informations via un contact en Arabie saoudite puisque depuis que son mari est à la prison de Dhahran, les permissions de lui parler sont restreintes à un appel par mois.

« Ça va bientôt faire quatre ans qu'il est emprisonné, ce n'est pas normal, lance-t-elle. Le dernier jugement date de deux ans et ça ne bouge pas en Arabie saoudite. C'est pour ça qu'il fait la grève. Il est découragé. »

Raif Badawi, dont la femme et les trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke, a été condamné en 2012 à 10 ans d'incarcération et à 1000 coups de fouet, pour avoir exprimé ses opinions, notamment sur la place de la religion dans la société saoudienne, les droits des femmes et la démocratie.

Appel au gouvernement

Terriblement inquiète, Ensaf Haidar en appelait à nouveau au gouvernement canadien, mardi, et le presser d'intervenir.

« J'ai raconté son histoire partout. Quand j'ai rencontré Justin Trudeau (en janvier 2015 à Ottawa), j'ai eu beaucoup d'espoir. Là il est devenu premier ministre depuis trois mois, mais il ne fait rien. Il ne dit rien. Ce n'est pas normal », répète-t-elle.

La semaine dernière, Ensaf Haidar encaissait une autre déception en apprenant que le gouvernement Trudeau n'accorderait pas la citoyenneté canadienne à son mari, jugeant que cette citoyenneté « ne serait pas utile aux efforts diplomatiques en cours » pour obtenir la clémence des autorités saoudiennes.

« Je ne sais pas ce qu'on va faire, continue Mme Haidar. J'espère que le gouvernement canadien va faire quelque chose. Le gouvernement québécois aussi. C'est comme si les gens avaient oublié Raif. Les gouvernements ne disent rien. C'est très difficile pour moi. »

Malgré tout Mme Haidar ne baisse pas les bras. Elle était à Los Angeles mardi avec l'organisme Muslims for Progressive Value et elle a notamment discuté avec le maire de Los Angeles dans le but de sensibiliser les Américains à l'histoire de Raif Badawi.

« Et j'espère, conclut-elle. Écrivez-le. »

Du côté d'Amnistie internationale mardi, pas plus que le mois dernier d'ailleurs, on n'était pas en mesure de confirmer la grève de la faim de Raif Badawi.

« Nous sommes au courant, mais Amnistie ne confirme pas ces informations, ni le fait que les autorités auraient refusé de le transférer dans un hôpital », a expliqué Anne Sainte-Marie, responsable des communications d'AI pour le Canada francophone. « Par contre, le temps passe et la situation de Raif et des autres prisonniers d'opinion ne s'améliore pas. »

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