Les partis n'ont pas d'avantages en termes de votes

Isabelle Lacroix : « Ce qui est mal... (Archives, La Tribune)

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Isabelle Lacroix : « Ce qui est mal vu avec les partis politiques ou les regroupements, c'est cette idée qu'il y aura une orientation des idées et de la réflexion dans un sens ou dans l'autre.

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(SHERBROOKE) Que les élus indépendants ne se soient pas tournés vers l'Union des municipalités du Québec (UMQ) pour faire entendre leur voix n'étonne pas particulièrement la politologue Isabelle Lacroix, de l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke. Elle se surprend davantage que la démarche s'inscrive en quelque sorte « contre » les partis politiques.

« Ce qui me surprend, c'est que le positionnement semble se faire à l'encontre des partis politiques. Si on me dit que les partis ont plus de ressources et sont mieux organisés, ça me semble évident. Un parti politique sert à organiser et à centraliser la campagne électorale, la réflexion aussi, sous la gouverne de ses membres. Un individu indépendant fait ses propres choix parce qu'il ne souhaite pas faire partie de ces organisations », lance-t-elle.

Isabelle Lacroix estime que les indépendants pourraient se donner une structure semblable à celle d'un parti, de façon très utilitariste, sans nécessairement se donner une ligne de partie ou sans partager les mêmes idéologies. Mais le pari serait risqué. « Ce qui est mal vu avec les partis politiques ou les regroupements, c'est cette idée qu'il y aura une orientation des idées et de la réflexion dans un sens ou dans l'autre. C'est souvent ce qui dérange, même s'il n'y a pas de ligne de parti. Le problème, dès qu'on s'associe, c'est cette crainte à l'égard du contrôle des idées. »

« Ambiguïté du message »

« Surtout, il n'est pas si clair qu'il est payant, du moins en nombre de votes, de fonder un parti politique. Ça aide pour l'organisation de la campagne, oui, mais les citoyens ont tendance à ne pas apprécier les regroupements, et ça peut même nuire à un candidat. En termes de notoriété, l'intérêt d'un parti est indéniable, mais la préférence politique est moins claire. À Sherbrooke, le parti a réussi à faire élire plus de candidats lors de la dernière élection, mais ce n'est pas nécessairement une tendance lourde au Québec. Là où une structure composée d'indépendants pourrait avoir un problème, c'est dans l'ambiguïté du message envoyé à la population. »

Et si on accordait les mêmes privilèges aux indépendants et aux membres d'un parti, il n'est pas nécessairement clair à qui ça profiterait, croit Isabelle Lacroix. « Les partis politiques sont des outils importants en démocratie représentative. Ils n'ont pas bonne presse, c'est vrai. Mais d'établir des mesures contre les partis politiques, je ne suis pas sûre qu'on y gagne en termes d'organisation. L'alternative de favoriser la création de partis est peut-être plus positive en termes d'organisation.

« Un parti, ce n'est pas seulement une question d'efficacité et d'économies pour les pancartes et les téléphones. C'est aussi l'idée d'un programme qui perdure, d'une vision qui perdure au-delà de la campagne électorale. C'est ce qu'on perd un peu de vue avec les partis qui portent le nom de leur chef, comme l'Équipe Labeaume à Québec. Dans ce cas, c'est un indicateur que l'organisation sert principalement à l'élection d'un individu. »

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